Umbrella Academy Saison 1 (sans spoilers)

Umbrella Academy

Critique garantie sans spoilers de la saison 1 de Umbrella Academy, diffusée en 2019.

Avec Ellen Page, Tom Hopper, David Castañeda, Emmy Raver-Lampman, Robert Sheehan, Aidan Gallagher, Mary J. Blige, Cameron Britton, John Magaro, Adam Godley, Colm Feore et Justin H. Min.

1er octobre 1989 : 43 femmes accouchent simultanément partout dans le monde, sans avoir été enceintes auparavant. Sept de ces enfants sont adoptés par le millionnaire excentrique Sir Reginald Hargreeves, qui en fait une équipe de jeune super-héros : L’Umbrella Academy.

De nos jours, à la mort de Sir Hargreeves, les anciens membres de l’Académie se retrouvent pour un dernier hommage à leur père adoptif. Mais très vite ils apprennent que la Terre est en danger et que eux seuls peuvent la sauver… s’ils parviennent à mettre leurs différents de côté.

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Et voici les X-Men… ou pas

Quand on regarde Umbrella Academy, la ressemblance avec les X-Men est assez frappante : une super-équipe avec des jeunes à pouvoirs dont le quartier général est situé dans un manoir, et un mentor d’un certain âge pour les encadrer. Cette description collerait en effet parfaitement aux X-Men mais la ressemblance s’arrête là car en plus d’avoir un mentor bien plus sévère que le chauve à roulettes de Marvel cette équipe est particulièrement dysfonctionnelle.

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Umbrella Academy montre en effet un groupe d’enfants à super-pouvoirs qui ont grandi et chaque personnage est esquinté à sa manière, physiquement et psychologiquement. Les différents personnages ont même le plus souvent du mal à faire équipe, chacun n’en faisant qu’à sa tête et personne ne se faisant confiance. La famille – tous les membres de l’équipe sont frères et soeurs d’adoption – est au coeur de l’histoire, et il faut donc avant tout que tout le monde arrive à accepter les autres pour avancer. Et comme toute famille qui se respecte, celle-ci dissimule pas mal de secrets.

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Intrigues à tiroirs

A la base, Umbrella Academy raconte les retrouvailles des cinq survivants de l’Académie à la mort de leur père adoptif. On part donc de l’enquête sur les circonstances de ce décès, mais en fait c’est plus compliqué que cela car un des membres de l’Académie apporte des éléments orientant la saison dans une autre direction. Ou plutôt d’autres directions en fait, car les épisodes ont tendance à beaucoup se ramifier.

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Cette multiplicité des intrigues est une force de cette saison : il est souvent reproché aux séries de trainer en longueur en étirant artificiellement une intrigue (travers très visible dans la plupart des séries Marvel de Netflix ou dans certains saisons des séries DC de CW), alors que là on ne s’ennuie pas car chaque sujet traité est une porte ouverte sur un autre. Mais une fois la saison terminée, tous les fils sont bel et bien reliés entre eux et forme un tout cohérent.

Une famille pas comme les autres

Les personnages formant l’équipe de l’Académie ne sont pas vraiment dans les normes : Numéro 1 (Tom Hopper) a des particularités physiques insolites, Numéro 2 (David Castañeda ) joue au justicier masqué, Numéro 3 (Emmy Raver-Lampman) est une célébrité à la vie privée dévastée, Numéro 4 (Robert Sheehan) est un drogué, Numéro 5 (Aidan Gallagher) a disparu et Numéro 6 (Justin H. Min) est dans une situation vraiment pas banale. Enfin Numéro 7 (Ellen Page) est en retrait de ses frères et soeurs car elle n’a pas de pouvoirs.

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Outre Sir Hargreeves, la famille compte aussi deux membres assez insolites : Pogo (Adam Godley), qui est un chimpanzé évolué, et Grace (Jordan Claire Robbins) qui est la mère adoptive des membres de l’Académie mais qui a une nature plutôt surprenante. Même si Sir Hargreeves semble moins bizarre que dans les comics, le trio ne fait que renforcer le côté étrange de la série.

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Les comédiennes et comédiens – ainsi que leurs homologues pour les flashbacks – sont très à l’aise pour incarner leurs personnages, chose qui n’est pas aisée car ils sont tous très étranges et vivent des aventures qui ne le sont pas moins. Si on voulait chipoter, on pourrait dire que Robert Sheehan a tendance à cabotiner plus que nécessaire dans certaines scènes – tout en étant impeccable le reste du temps – et que Ellen Page a parfois l’air d’être à côté de ses pompes, mais en dehors de ça cela fonctionne vraiment très bien.

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Passionnant et bien fichu

Dès le premier épisode, le spectateur est happé par cette première saison. On se prend vite au jeu en suivant les intrigues en cours, même s’il arrive parfois qu’il soit un peu compliqué de comprendre où la série veut en venir car les fausses pistes sont nombreuses. On se rend vite compte que rien n’est gratuit, et même si certains passages de transition donnent un peu l’impression de casser le rythme c’est pour mieux introduire tel ou tel aspect des personnages afin de mieux les appréhender par la suite. Cette première saison relève en tout cas haut la main le défi d’adapter un comic book qui n’était pas forcément évident à transposer sur le petit écran, et on ne voit pas le temps passer en regardant les épisodes qui la constituent.

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Côté effets spéciaux, la série utilise intelligemment son budget pour offrir un spectacle à la hauteur des attentes des spectateurs. Alors certes on ne vas pas avoir droit à des choses aussi extravagantes que dans les comics, mais les pouvoirs sont plutôt bien rendus et les effets visuels sont bien faits. On appréciera aussi les petites astuces simples mais efficaces pour faire des économies – notamment avec Numéro 1 – qui sont plus subtiles que les subterfuges d’autres séries qui n’hésitent pas à utiliser d’artifices plus grossiers quand le porte-monnaie est vide.

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L’Apocalypse à Dallas

La première saison de Umbrella Academy mélange allègrement les éléments des deux arcs – constituant chacun un album – du comic book parus avant sa diffusion. L’intrigue principale de la série est en effet inspirée par La suite apocalyptique, mais elle est saupoudrée d’éléments de Dallas, qui permettent donc d’en apprendre davantage sur le mystérieux Numéro 5 plus rapidement que si les deux histoires avaient été proposées à la suite l’une de l’autre.

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L’adaptation est plutôt réussie, même s’il ne s’agit pas d’une transposition très stricte : il y a en effet beaucoup de libertés prises dans la série télévisée – notamment Hazel et Cha-Cha qui sont complètement différents – et l’atmosphère baroque du comic book est remplacée par une ambiance faisant penser par moment à la série télévisée Legion, notamment avec la boutique Griddy’s Doughnuts. Mais même si il y a beaucoup de différences – certaines s’expliquant tout simplement par le budget de la série – on retrouve bel et bien l’esprit du comic book et des caractérisations de personnages fidèles à celles de leurs modèles de papier, tout en conservant suffisamment de surprises pour que les lecteurs ne s’ennuient pas.

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En conclusion

Cette première saison de Umbrella Academy se hisse sans difficulté dans le peloton de tête des adaptations télévisées de comics, avec une excellente restitution de l’atmosphère étrange de la BD d’origine, et demeure un très bon spectacle même si vous ne l’avez pas lue.

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A propos mdata

Fondateur et rédacteur principal de Watchtower Comics.

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