Doom patrol saison 1 (sans spoilers)

Doom Patrol

Critique garantie sans spoilers de la saison 1 de Doom patrol, diffusée en 2019.

Avec Diane Guerrero, April Bowlby, Joivan Wade, Matt Bomer, Brendan Fraser, Timothy Dalton et Alan Tudyk

Une équipe improbable de personnes avec des super-pouvoirs enquête sur la disparition de celui qui les a aidées à vivre avec leurs capacités. Mais il va d’abord falloir qu’elles apprennent à s’accepter et à travailler ensemble.

Dool Patrol

Une famille dysfonctionnelle

Quand on pense à un groupe de super-héros, on pense à un groupe organisé d’individus à super-pouvoirs qui luttent de concert contre l’ennemi du moment. Ce n’est clairement pas le cas avec cette équipe : ses membres n’ont aucune envie d’être des héros, et ont tout autant de mal à se supporter entre eux qu’à accepter ce qu’ils sont. Comme dans Umbrella academy, nous sommes clairement dans le cadre d’une famille dysfonctionnelle dont les membres vont devoir apprendre à travailler ensemble pour avancer.

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En fait, cette première saison est particulièrement trompeuse : alors qu’on pourrait croire que son sujet est la recherche de Niles Caulder (Timothy Dalton), la vraie thématique est tout autre. La psychologie de chaque personnage est en effet mise en avant, afin de comprendre comment chacun vit sa situation et au début la réponse est la même pour chacun d’entre eux : pas bien dut tout. La quête de Niles devient en fait une sorte de prétexte, tandis que les vrais enjeux sont particulièrement flagrants lorsque certains passages sont rejoués plusieurs fois suivant le point de vue de chaque personnage ou lorsque chacun d’entre eux a droit à un coup de projecteur sur sa propre situation.

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Une saison barrée mais maîtrisée

Dès le premier épisode, le ton est donné : Doom patrol est une série complètement barrée. Qu’il s’agisse du narrateur en roue libre (Alan Tudyk), du quatrième mur allègrement fracassé ou encore de choses totalement improbables comme un âne aux propriétés insolites ou un orgasme collectif accidentel, l’ambiance de cette saison est résolument bizarre. Le spectateur se retrouve donc particulièrement malmené, avec une narration parfois chaotique et l’utilisation de concepts auxquels il n’est pas forcément habitués avec d’autres séries télévisées.

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Mais cependant la série ne revendique pas un côté parodique comme Legends of tomorrow, mais plutôt un côté loufoque et farfelu qui colle bien au côté « freaks » de ses personnages sans perdre de vue le côté sommes toutes tragique de l’histoire de ses anti-héros brisés. La série traite en outre de thématiques très sérieuses autour de l’acceptation de soi, qu’il s’agisse d’apparence, d’actes à assumer ou d’orientation sexuelle. Cette saison est en tout cas captivante, on se sent très vite happé par cette atmosphère bizarroïde et il est difficile de ne pas s’attacher aux personnages.

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Morrison patrol

Les origines de Doom patrol version papier remontent aux années 60, l’équipe ayant vraisemblablement inspiré les X-Men chez la concurrence. Il y a eu plusieurs version de cette équipe, dont celle de Grant Morrison à la fin des années 80, et c’est celle-ci qui sert de matériau de base à cette adaptation en série télévisée même si l’équipe n’est pas exactement la même.

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Qu’il s’agisse de personnages créés par Grant Morrison comme Jane, Danny ou Flex Mentallo, ou de cette ambiance surréaliste que l’on reconnait au premier coup d’oeil, il est incontestable que la vision de l’auteur Ecossais est le cœur de cette adaptation. Je ne connais pas encore assez bien cette partie de son travail pour juger de la qualité de l’adaptation, mais en se basant sur des informations glanées ici et là il semblerait qu’elle soit plutôt réussie.

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Ce qui marche…

Le casting de la série est vraiment bien choisi, avec une mention spéciale pour April Bowlby qui est impeccable dans le rôle de Rita Farr. Les comédiens sont vraiment à l’aise avec leurs personnages, et dans le cas de Matt Bomer et Brendan Fraser c’était d’autant moins facile que les deux acteurs ne font que les voix de Negative man et Robotman la plupart du temps, à savoir lorsqu’on ne voit pas leurs visages.

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Le côté farfelu de la série, avec des décors et des couleurs qui ont un petit goût de Caro & Jeunet, fonctionne également très bien et permet d’encaisser des choses qui passeraient nettement moins bien avec un ton plus sérieux. Le surréalisme de la saison permet en effet de prendre un certain recul par rapport à des situations qui seraient très dures à supporter dans une adaptation plus terre à terre, car la thématique principale de la série tourne autour de la souffrance de ses protagonistes.

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Côté effets spéciaux, il y a également beaucoup de soin apporté à la mise en images de cette saison. Certes, il y a des astuces pour réduire un peu la note (j’en parle plus bas), mais globalement il y a un très bon rendu des capacités des personnages et des situations improbables où ils se retrouvent.

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… et ce qui marche moins bien

Parmi les faiblesses de cette saison, nous pouvons retenir le personnage de Jane. Diane Guerrero fait de son mieux pour interpréter les nombreuses personnalités de Jane, mais la comédienne se retrouve régulièrement à la peine pour interpréter les différents personnages, dont certains font d’ailleurs office de deus ex machina fort commodes. Le maquillage est aussi régulièrement à la peine, ne serait-ce que pour transformer Jane en blonde avec un résultat lui donnant un visage plutôt bizarre. Dans la peau de Mr Nobody, Alan Tudyk a aussi tendance à cabotiner plus que nécessaire, au point qu’on pourrait se demander s’il n’est pas coincé en mode Joker.

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Certains subterfuges pour faire des économies sont également assez discutables. Voir Cyborg (Joivan Wade) en tenue de sport pendant l’essentiel de ses apparitions pour économiser sur les effets nécessaires à son apparence, c’est plutôt décevant. Même constat pour la tenue de Robotman, qui certes est raccord avec l’apparence du personnage dans les comics de Grant Morrison mais qui sert certainement à réduire les coûts liés à son corps de robot. Quelques décors semblent aussi avoir été choisis pour faire baisser la facture de cette saison.

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En conclusion

En dépit de quelques petites imperfections, cette première saison de Doom patrol est très réussie, emmenant le spectateur dans une atmosphère de délire totalement maîtrisé.

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A propos mdata

Fondateur et rédacteur principal de Watchtower Comics.

17 réponses à Doom patrol saison 1 (sans spoilers)

  1. Hervel dit :

    Bonjour,
    Cette série passe en France ?
    Merci

    • mdata dit :

      SyFy va la diffuser prochainement

      • Hervel dit :

        Syfy c’est SFR, pas pour moi.
        Vous parlez de la saison 1 alors qu’elle n’est pas encore passée en France.
        Donc vous l’avez vu en Vost .

        • mdata dit :

          Oui effectivement SyFy France, j’aurais dû préciser.

          Je l’ai effectivement vue en VOST.

          • Hervel dit :

            J’attendrai la version française.
            Merci

            • mdata dit :

              Je pense qu’elle ne devrait plus tarder. Personnellement je suis plus attiré par la VO, mais chacun ses goûts 🙂

              • Hervel dit :

                Moi, j’apprécie le travail des comédiens doubleurs français.
                Je regarde des Vost, on rate des actions à lire les sous-titres.

              • mdata dit :

                Les doubleurs français font en effet souvent un excellent travail, et je suis plusieurs séries en VF (je suis en train de terminer la saison 5 de I Zombie par exemple), mais j’ai été déçu sur certaines séries…

              • Hervel dit :

                Je ne dis pas le contraire, le doublage n’est pas toujours au top, il y a des erreurs de casting parfois.

              • mdata dit :

                J’avoue que la voix française de Felicity Smoak ne m’attire pas des masses en effet, et dans les textes je trouve curieux d’avoir appelé les « speedsters » « supersoniques »

              • Hervel dit :

                Vu que je n’apprécie pas le personnage de Felicity Smoak, je ne prêtes pas attention à sa voix.
                Traduire Speedster par Bolide, faisait trop banal, non ?

              • mdata dit :

                Après c’est une question de goût, mais je préférais le terme de bolide. Supersonique était employé à une époque ou Flash n’avait pas encore passé le mur du son, ça faisait bizarre 🙂

  2. Hervel dit :

    J’étais plus Marvel que DC Comics, donc je n’ai pas cette référence.
    Bolide me parait moins rapide que Supersonique, qui veut dire normalement « Dont la vitesse est supérieure à celle du son »

    • mdata dit :

      Justement, le terme a été employé à un moment ou ce n’était pas vrai pour Flash 🙂 Après c’est comme tout, c’est une question de préférence (ça ne choque pas du tout mon fils qui suit la série par exemple)

  3. Hervel dit :

    Je n’ai pas prêté attention a ce détail, désolé.

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