Alias : Jessica à tout prix

Tout le monde connaît maintenant Jessica Jones, ancienne héroïne reconvertie en détective privée (Alias) puis en journaliste (Pulse). Ce personnage sorti tout droit du cerveau de Brian Michel Bendis a cependant failli ne jamais exister.

A l’origine, Bendis voulait écrire une histoire sur une ancienne héroïne devenue détective. Cette héroïne se comporterait de façon « adulte » (jurer à toutes les bulles, avoir une vie privée plutôt dissolue…), l’histoire étant destinée au label Max (regroupant les histoires Marvel plus matures que les autres).

Bendis avait porté son choix sur Jessica Drew, la première Spider Woman. N’ayant plus de pouvoirs, plus ou moins oubliée par la « super communauté » et déjà détective privée, elle était le choix le plus cohérent pour son histoire.

Seulement, vu ce qu’il comptait faire de Jessica, Marvel lui refusa le droit de l’utiliser. Finalement, Bendis a créé de toutes pièces une alternative : Jessica « Jewel » Jones, avec ses origines rétroactives (retcon quand tu nous tiens). Ce qui est comique, c’est que finalement Jessica Drew fera une apparition dans le 4e tome d’Alias, et qu’elle figurera bien plus tard dans l’équipe des Nouveaux Vengeurs dont le scénariste est…Brian Michel Bendis ! 🙂

Finalement, même si j’aimais bien Spider Woman (ah, les vieux épisodes dans Nova, toute ma jeunesse), je ne regrette pas la tournure des évènements, car Jessica Jones est un personnage bien plus intéressant.

Le retcon, ou quand les auteurs trichent…

Une chose particuièrement importante dans l’univers des comics, et particulièrement chez Marvel, est la notion de continuité. Cette continuité est la garantie que le développement des personnages est cohérent, mais peut parfois poser quelques soucis si un auteur se trompe ou décide que ce qui est établi n’est pas terrible
L’arme ultime pour modifier la continuité se nomme le retcon (retroactive continuity). Le retcon consiste à modifier le passé d’un ou plusieurs personnage(s) de façon rétroactive (par exemple les origines d’un héros peuvent être modifiées pour mieux coller à un récit). Certains scénaristes en usent allègrement, comme Bendis ou Byrne.

Voyons maintenant quelques exemples de retcon chez Marvel (attention, révélations)…

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Des gloutons et des hommes…

Qui ne connait pas Wolverine (Serval chez Lug/Semic) ? Personnage omniprésent dans les productions Marvel (un peu trop d’ailleurs…) et vedette des films X Men, il est en passe de devenir aussi connu que Spiderman.

Pourtant au début de sa carrière, Wolverine était très différent. D’ailleurs il n’était même pas humain ! En effet, il avait été décidé qu’au lieu d’être un humain mutant, Wolverine serait en fait un glouton (Wolverine en VO) transformé en humanoïde par le Maître de l’Evolution). D’ailleurs, dans un des premiers épisodes des Nouveaux X Men, il est catalogué comme « non humain ».

Seulement, il y eut un hic : la première Spider Woman avait des origines similaires (araignée mutée en femme), et Stan Lee fut tellement écoeuré par cette histoire que ses origines ont été changées. Du coup, les auteurs n’ont pas osé recommencer et Wolverine fut discrètement rangé dans le sac des humains mutants.

Quant à son statut de « star » des X Men, il le doit à John Byrne. Apprenant que ce personnage, seul super héros Canadien des X Men, devait disparaître, il fit tout pour inverser la tendance. Vu l’overdose de Wolverine qu’on subit actuellement (à quand « Wolverine fait du ski » ?), on peut dire que John a bien réussi son coup 🙂