X-Men : Le commencement

X-Men Le commencement

Lorsque j’ai entendu parler pour la première fois du projet de faire un prequel des films sur les X-Men, j’avoue que j’ai eu très peur. Après un X-Men 3 loin d’être génial et un Wolverine carrément mauvais, j’avais le sentiment que la Fox grattait le fond de la cuvette et allait nous gratifier d’un opus sans saveur pour garder les droits. Et puis au fil des bandes-annonces, je me suis dit que c’était peut être un bon film finalement. Et j’ai tort, car X-Men Le Commencement n’est est pas un bon film, mais un très bon film !

Ignorant charitablement X-Men  3 et Wolverine (tout comme en son temps le troisième Highlander avait ignoré le second), ce prequel pose les bases de l’univers des X-Men avec intelligence et efficacité. L’histoire est vraiment très bonne, alternant l’humour et un ton plus sérieux et saupoudrant le tout d’action mais juste ce qu’il faut pour avoir un bon rythme sans tomber dans le blockbuster bourrin. Le casting est très bien choisi également, et contribue à la qualité du film. Un très bon cru qui relance la franchise avec efficacité.

Dans les années 60, Charles Xavier et Erik Lehnsherr étaient amis. Dans un monde au bord de l’apocalypse nucléaire, ils ont rassemblé ensemble la première équipe de héros mutants, qui seront connus bien plus tard sous le nom de X-Men. Mais leur amitié survivra t-elle à leurs idéaux différents ? Et le monde est-il prêt à accueillir des mutants en son sein ?

X-Men Le commencement

Dangers spoilers LA SUITE DE L’ARTICLE CONTIENT DES REVELATIONS SUR L’INTRIGUE (SPOILERS)

N’ayons pas peur des mots, la franchise X-Men post Wolverine allait très mal. Pas aussi mal que Batman après Batman & Robin ou Superman après Superman IV, mais ce n’était guère reluisant. X-Men 3 avait déjà sérieusement plombé la crédibilité des mutants au cinéma, mais les origines du mutant griffu avaient fait plonger les X-Men dans un abîme de médiocrité qui faisait peine à voir. Du coup la mise en chantier du prequel de X-Men avait laissé présager le pire, mais fort heureusement le désastre a été évité. Il faut dire aussi que deux noms au générique de X-Men Le commencement laissaient espérer des jours meilleurs : Bryan Singer dans le siège de producteur (pour mémoire, c’est lui qui a signé les deux premiers opus) et Matthew Vaughn dans celui de réalisateur (il a signé Kick-Ass l’an dernier, qui est un des meilleurs films sur l’univers des super-héros).

Le film commence par un rappel de l’enfance tragique de Magneto (la séquence rappellera des souvenirs aux gens qui ont vu le premier X-Men), puis sa chasse de ses tortionnaires tandis que Charles Xavier et son amie Raven (la future Mystique) finissent par travailler avec le gouvernement Américain. Dès le début, certaines libertés sont prises avec la sacro-sainte histoire des mutants de Marvel, comme le passé commun de Xavier et Mystique ou le tortionnaire de Magneto qui non seulement a un petit goût de Sinistre mais deviendra ensuite Sebastian Shaw (ce qui est une façon plutôt culottée de revisiter le personnage mais c’est bien pensé). En fait pendant tout le film, on oscille entre fidélité au matériel original, adaptations diverses et clins d’œil en tout genre. Cependant la mayonnaise prend très bien, car ces libertés respectent parfaitement l’esprit des titres X-Men, tout comme le premier film sur Iron Man avait réussi à conserver l’esprit du personnage de papier en prenant des libertés avec.Donc de ce point de vue, aucun problème ici, l’histoire du film aurait très bien pu être écrite chez Marvel (j’espère juste que les séries ne vont pas être calquées dessus par la suite, ce qui est une détestable manie de Marvel ces dernières années).

X-Men Le commencement

Passons maintenant aux personnages. Entraînes par le duo Xavier/Magneto (parfaitement incarnés par James Mc Avoy et Michael Fassbender), ils sont tous parfaitement exploités. Chacun d’entre eux a son importance, grande ou non, et chacun a son petit moment. Les mutants présents ratissent un peu dans toutes les époques des X-Men (gardant curieusement une miette de concordance avec X-Men 3 en ce qui concerne Hank Mc Coy), ce qui donne au final un ensemble cohérent et efficace. On notera également quelques petits clins d’œil, comme la future calvitie de Xavier, la brève apparition de Tornade enfant ou le savoureux cameo de Wolverine ! La représentation des pouvoirs des X-Men et de leurs adversaires est parfaitement rendue (les effets spéciaux sont très réussis), et les fameux costumes jaunes (objets d’un gag dans le premier X-Men) sont vraiment pas mal du tout. Le casting est très réussi, tous les comédiens collent parfaitement à leur rôle et assurent une certaine ressemblance avec leur modèle de papier. Dans le rôle d’Emma Frost, January Jones arrive à nous faire retrouver son personnage tel qu’il était lors de ses premières apparitions (même si là on a ajouté ses pouvoirs ultérieurs), c’est à dire particulièrement flippant.

X-Men Le commencement

Un point qui m’a particulièrement frappé concernant Magneto et Sebastian Shaw, qui se retrouve coiffé du fameux casque dont il est le premier propriétaire, c’est que ces deux personnages représentent finalement deux versions de Magneto sur papier (modulo le fait qu’ils n’ont pas les mêmes pouvoirs bien entendu). En effet, Shaw avec son casque (incarné par un Kevin Bacon terrifiant) fait largement penser au Magneto façon Lee/Kirby (il est méchant, point) tandis que Magneto lui même puise son essence dans la vision de Chris Claremont (il est méchant mais on sait pourquoi). Le meurtre de l’un par l’autre fait un peu comme un passage de relai entre deux visions du personnage dans les comics Marvel, et c’est plutôt bien fichu.

Concernant le cadre de l’histoire, situer le récit en pleine crise des missiles de Cuba est non seulement cohérent d’un point de vue chronologique (à la fois par rapport aux films et aux comics) mais en plus c’est assez bien vu. A cette époque, le monde est passé à un cheveu de l’apocalypse nucléaire, y mêler l’affrontement des deux factions mutantes est une très bonne idée. D’autant que la première rencontre entre les X-Men et Magneto (en tant qu’équipes opposées, bien avant que l’idée de faire de Magneto et de Xavier d’anciens amis ne soit trouvée) se faisait dans cette période et en plus dans une base de missiles. Là encore on retrouve un hommage à la série d’origine. Enfin le contexte de l’époque est particulièrement bien rendu, ne serait-ce qu’avec la surabondance de remarques sexistes envers Moira (parfaitement jouée par Rose Byrne d’ailleurs). Le film alterne d’ailleurs avec brio les passages humoristiques (le premier envol du Hurleur…) et les scènes au ton plus grave, avec en toile de fond non seulement le discours classique des X-Men sur l’acceptation des différences par les autres mais également par soi-même (comment les mutants peuvent-ils espérer être acceptés s’ils ne s’acceptent pas eux-mêmes ?).

X-Men Le commencement

Vous l’aurez compris, X-Men Le commencement m’a beaucoup plu. Il se hisse sans aucune difficulté au-dessus des autres films de la franchise X-Men, aux côtés de X-Men 2, jusque-là tenant du titre de meilleur film sur les X-Men. Mais là j’avoue que je suis un peu embêté pour les départager. Enthousiasme de la vision toute fraîche du film oblige, j’ai tendance à penser que X-Men Le commencement est meilleur, ne serait-ce que par sa meilleure gestion des personnages. Mais je pense quand même revoir X-Men 2 pour comparer efficacement les deux. Quoiqu’il en soit les deux films sont au moins aussi bons l’un que l’autre, s’ils sont départagés ce ne sera pas de beaucoup. Ce film aura été une très bonne surprise et franchement je ne peux que vous le recommander, vous passerez un très bon moment en compagnie des X-Men.