The Amazing Spiderman

Amazing Spiderman

The Amazing Spiderman, qui reboote le Tisseur au cinéma après les trois films de Sam Raimi, était attendu par pas mal de monde. En effet, les spectateurs ayant apprécié le travail de Sam Raimi étaient curieux de voir ce que donnerait un nouveau traitement du personnage (en fait rarement un film aura été autant décrié avant sa sortie…).

Après avoir vu le film la semaine dernière, je peux enfin vous livrer mon avis : The Amazing Spiderman est un bon film de Spiderman. Les interprètes (Andrew Garfield et Emma Stone en tête) sont bons, les effets spéciaux sont très réussis et l’histoire, qui prend des libertés avec le Spiderman « historique », tient plutôt bien la route.

Tout n’est cependant pas parfait : il y a en effet de grosses ficelles bien apparentes dans le scénario de temps en temps, et de grosses facilités qui certes ont facilité la vie aux personnages mais ont surtout fait sourire (ou grogner) le spectateur. Mais globalement cela ne gâche pas la vision du film, qui reste un bon divertissement agréable à regarder.

Un bon film, qui est au travail de Sam Raimi ce qu’Ultimate Spiderman est au Spiderman « classique » : une autre vision du personnage.

Elevé par son oncle et sa tante après la disparition de ses parents, Peter Parker est un adolescent timide et solitaire. Mais sa vie va changer à la suite d’une piqûre d’araignée, faisant de lui le jeune héros Spiderman. 

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Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il n’est pas aisé de passer derrière Sam Raimi. Le talentueux réalisateur a en effet donné vie à un Spiderman très convaincant sur le grand écran (même si le troisième film est bancal), et il est inévitable que toute nouvelle adaptation des aventures du Tisseur soit comparée à ce qui avait été accompli avant. Mais finalement Marc Webb s’en sort plutôt bien. Reboot oblige, nous repassons par la case origines, ce que nous aurait évité un semi-reboot (comme L’Incroyable Hulk ou Ghost rider 2), mais vu que l’univers choisi est totalement différent cela passe plutôt bien. En effet, alors que Sam Raimi avait adapté le Spiderman « classique » et s’intéressait à un personnage adulte, Marc Webb lorgne plutôt du côté de sa version Ultimate : Peter Parker est en effet lycéen, ce qui permet de surfer sur la vague Twilight…

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Dans le rôle de Peter Parker, Andrew Garfield est très convainquant. Que ce soit dans sa période pré-morsure ou dans son apprentissage de la vie de héros, le comédien est à l’aise dans son rôle et il campe un bon Spiderman. La caractérisation de Peter Parker a par contre pris une partie du public à rebrousse-poil : au lieu du gentil Peter tout lisse des années 60 (ou même des années 2000), on a ici un Peter arrogant et insolent qui se la pète avec son skate. Personnellement cela ne m’a pas choqué, car les adolescents d’hier ne sont pas ceux d’aujourd’hui et je pense que cela s’inscrit dans une volonté de montrer un personnage collant à son époque. L’évolution du personnage est également différente mais pas incohérente : alors que dans les comics Spiderman perd son arrogance suite à la mort de son oncle, c’est ici plus progressif au fur et à mesure de son apprentissage du rôle de super héros.

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Gwen Stacy, qui n’avait pas franchement été gâtée dans Spiderman 3 (où Bryce Dallas Howard faisait très bien la courge), est ici fort justement interprétée par Emma Stone. La jeune comédienne a beaucoup de charme et incarne parfaitement le premier amour de Peter Parker. Contrairement à pas mal de petites amies de héros, Gwen n’a rien d’une potiche et s’avère même être un atout précieux pour le jeune super héros (un peu trop même, mais j’y reviendrai). Il y a une forte alchimie entre Gwen et Peter, qui vont très bien ensemble.

Amazing Spiderman

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Le rôle du méchant du film revient cette fois-ci à Rhys Ifans, qui prête ses traits au Dr Curt Connors. Là aussi, il n’y a rien à redire, le comédien est très convaincant dans son rôle et est tout à fait flippant quand il le faut. Les effets spéciaux de sa transformation en Lézard sont très réussis, le personnage étant suffisamment inquiétant pour être une menace crédible.

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Le capitaine Stacy (joué par Denis Leary) de son côté est surprenant : en effet, de par sa position radicalement anti-Spiderman il intègre des caractéristiques de J Jonah Jameson (absent de ce film), et son brusque revirement à la fin du film tombe un peu comme un cheveu sur la soupe. Quant à May et Ben Parker, ils sont plutôt bien joués par Sally Field et Martin Sheen mais dans un registre assez différent des personnages d’origine.

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Dans les films de Sam Raimi, le point qui avait le plus ulcéré les fans était la décision de doter le héros de lance-toiles organiques. Dans The Amazing Spiderman, Marc Webb revient aux lance-toiles mécaniques, qui font intégralement partie du héros (combien de fois Spiderman a-t-il eu des soucis parce que ses lance-toiles étaient vides ou endommagé ? Trop pour qu’il ne soit pas fastidieux de les citer…). Par contre pour garder un semblant de réalisme, Peter n’est que l’inventeur des lance-toiles, pas de la toile (l’invraisemblance de la création du fluide arachnéen par un lycéen était l’argument principal de Sam Raimi pour justifier la version organique). Le nouveau costume passe quant à lui plutôt bien à l’écran, et les effets spéciaux sont très réussis : à aucun moment on cesse de croire que l’on assiste aux acrobaties de Spiderman.

Amazing Spiderman

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Maintenant, voyons un peu ce qui pêche : les facilités dans le récit. Il est fort pratique pour Peter que sa petite amie ait un accès permanent à Oscorp, mais c’est totalement irréaliste : pensez-vous vraiment qu’une lycéenne, même stagiaire, ait une telle facilité d’accès aux locaux d’une entreprise aussi sécurisée ? Même constat pour l’usurpation d’identité de Peter Parker au début du film (ils n’ont jamais entendu parler d’une pièce d’identité chez Oscorp ?). Le passage avec les grues est également bien peu crédible (les grutiers sont bien dociles…) et le revirement de George Stacy est totalement improbable. L’autre point qui coince concerne la mort d’Oncle Ben, qui manque d’émotion.

En dehors de ces défauts, le film est plaisant et l’histoire de fond est intéressante. Norman Osborn est en effet le fil rouge de la trilogie (il a été annoncé en effet que deux autres films suivraient celui-ci) et on peut supposer qu’on ne nous a pas tout dit sur Richard Parker. A noter également le caméo de Stan Lee, absolument hilarant.

A mon avis Spiderman 2 reste à ce jour le meilleur film sur Spiderman, mais The Amazing Spiderman s’en tire très bien et est un bon film sur le Tisseur.

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