Strange 212

Comme quand j'étais môme

Comme quand j’étais môme… vous propose aujourd’hui la chronique d’un numéro de Strange.

Strange 212 a été édité par Lug en août 1987 et contient des récits signés Bill Mantlo & Sal Buscema, Tom De Falco & Rick Leonardi, J.M. De Matteis & Ron Perlin et Roger Stern & Al Milgrom.

Strange 212

 

Août 1987… L’été se déroule tranquillement, et tout en étant en vacances il est temps de se pencher sur cette nouvelle fournée de revues de super-héros ! Je me rappelle avoir été pour le moins hérissé par le flamboyant « Les Vengeurs » en jaune criard sur la couverture, me disant que ça gâchait le rendu de cette dernière (je le pense toujours ceci dit, au moins j’étais déjà aussi pinailleur à l’adolescence :p). Et puis franchement, puisqu’on parle des Vengeurs (oui on disait encore Vengeurs à l’époque, il n’avait pas été décrété que c’était ringard de traduire le nom de l’équipe :p) : j’étais déjà en train de digérer la disparition de Daredevil des pages de la revue (je n’avais pas encore vu la version intégrale qui m’avait permis de comprendre pourquoi), me voilà avec des Vengeurs dont je me fichais éperdument et en plus en débarquant à la suite des intrigues lancées dans Ombrax Saga (que je ne suivais pas), même si pour le coup c’est un début d’arc qui nous était proposé dans ce numéro. De quoi me hérisser, avec en plus les Défenseurs dont je n’étais pas un grand fan (loin de là) et une Division Alpha dans sa période post-Byrne dont je ne raffolais pas. Bref, trois raisons sur quatre de ne pas apprécier ce numéro…ah non en fait quatre sur quatre, j’avais été rebuté aussi par le graphisme de l’Araignée… Vous l’aurez compris, je ne garde pas un super souvenir de ma lecture de ce numéro de Strange, même si comme les autres je l’ai pas mal relu au fil des ans.

La Division Alpha – Affaire d’honneur (Mantlo / Buscema)

Dans ce numéro, Bill Mantlo nous raconte la suite de la quête d’entraînement de Heather Hudson, qui lui vaut de combattre la fille de Vent noir (appelée la Geisha de la mort) aux côtés de Serval. A noter que cette fameuse Geisha de la mort (le nom m’amuse par son côté grandiloquent) n’est autre que la future Lady Deathstrike, qui sera une ennemie récurrente du X-Man griffu. L’épisode est dans la lignée du précédent : c’est très (trop) bavard, mais ça se lit plutôt bien. En plus de revenir sur les origines de Vent noir (déjà lues dans les pages de Daredevil), l’auteur en profite pour continuer de jouer avec celles de Serval en semant le doute non seulement dans l’esprit de Heather mais aussi du lecteur qui peut enfin espérer avoir quelques miettes à se mettre sous la dent (spoiler : en fait non). La résolution de l’intrigue principale est en tout cas plutôt bancale, et en fait on se demande pourquoi Heather serine tout le monde pour lui apprendre le combat alors qu’elle se débrouille très bien toute seule…

Du côté du dessin, c’est plutôt réussi. Le constat est cependant le même que pour l’épisode précédent : l’encrage de Gerry Talaoc rend le trait de Sal Buscema totalement méconnaissable.

L’Homme Araignée – Où est l’Araignée (De Falco / Leonardi)

Où est l’Araignée ? Vaste question dont la réponse se trouve dans un numéro de Spécial Strange, devant paraître un peu plus tard si ma mémoire ne me joue pas de tours. Du coup, Tom De Falco doit composer avec l’absence du super-héros dans sa propre série, en se centrant sur Silver Sable. Nous avons droit à un épisode correct, où l’intrépide Symkarienne se lance aux trousses de Jack O’Lantern. Ce n’est pas forcément très palpitant (et forcément on a droit à un passage très bref qui fait comprendre pourquoi Silver Sable fait ce qu’elle fait), mais ça se lit plutôt bien et on a déjà vu largement pire pour compenser l’absence du titulaire de la série.

Du côté du dessin, par contre c’est loin d’être la fête. J’avoue ne jamais avoir raffolé du style de Rick Leonardi et ce n’est pas cet épisode qui me réconcilie avec l’artiste, vu que j’y retrouve tout ce que je n’aime pas dans son travail.

Les Défenseurs – Jeux d’esprit (De Matteis / Perlin)

Après un épisode plutôt réussi dans le numéro précédent, où il était question de Kyle Richmond, JM De Matteis se concentre cette fois-ci sur la Gargouille. On sent comme une volonté de faire peur au lecteur avec un contexte horrifique, mais vu le public visé c’est de l’horrifique très édulcoré et au final c’est plutôt ennuyeux qu’autre chose. L’épisode est en fait assez poussif, l’histoire étant assez peu intéressante et surtout l’auteur ne parvient pas à donner au lecteur la capacité de s’intéresser au désespoir de la Gargouille. La présence des autres membres de l’équipe ne permet pas de relever le niveau, et au final le seul passage intéressant concerne justement… Kyle Richmond, qui pourtant vaque à ses propres occupations.

Du côté du dessin, Don Perlin signe une nouvelle fois des planches efficaces. Il n’y a pas de quoi crier au génie, mais c’est du travail très correct et l’histoire est très bien mise en images.

Les Vengeurs – Réceptions (Stern / Milgrom)

Les Vengeurs débarquent dans Strange, fraichement rescapés des pages d’Ombrax Saga pour combler le vide laissé par le départ de Dardevil. Sous la plume de Roger Stern, nous avons donc un épisode très classique, où l’auteur place ses pions pour ce qui va suivre concernant le personnage de Vision. L’épisode est vraiment très tranquille, permettant au passage de réviser les origines de Captain Marvel version Monica Rambeau, et son final est plutôt intriguant. Ce n’est pas ce qu’on a pu lire de plus palpitant sur les Vengeurs, l’épisode donne même l’impression d’être plan-plan, mais ce n’est pas honteux non plus.

Du côté du dessin, là aussi on est dans le classique. Les planches d’Al Milgrom sont très réussies, malgré quelques poses un peu bizarres sur un dessin ou deux, mais heureusement on est très au-dessus de son travail sur Guerres Secrètes II.



Les informations pour écrire les chroniques de Comme quand j’étais môme proviennent du site Comics VF, merci à son équipe pour son travail de qualité.