Strange 210

Comme quand j'étais môme

Comme quand j’étais môme… vous propose aujourd’hui la chronique d’un numéro de Strange.

Strange 210 a été édité par Lug en juin 1987 et contient des récits signés Bill Mantlo & Jon Bogdanove, Tom De Falco & Ron Frenz, Charles Vess, J.M. De Matteis & Ron Perlin et Frank Miller & David Mazzuchelli.

Strange 210

 

Juin 1987… soit trente ans tout rond ! L’année scolaire est quasiment terminée (et je prends un an de plus au passage), et il est temps de retrouver Strange… Mais ?!?!? C’est quoi ce cirque ?!?!? Une histoire de la Division Alpha abracadabrante, un seul épisode de l’Araignée (le bouche trou ça ne compte pas) et les Défenseurs qui arrivent comme ça sans crier gare alors que jusque là les rares fois où j’ai pu croiser le groupe c’était chez Arédit et ma libraire n’en vendait quasiment pas. Heureusement qu’il y a Daredevil parce que pour le reste, bof ! Je ne garde donc pas un souvenir impérissable de ce numéro, à part pour Daredevil, dont la conclusion m’avait déjà scotché à l’époque (même si j’étais encore loin de soupçonner que bien des années plus tard…bref !) . Avec le temps j’ai appris à être un peu plus indulgent avec la Division Alpha, mais sans non plus aller jusqu’à une réhabilitation complète.

La Division Alpha – Histoire courte (Mantlo / Bogdanove)

Dans cet épisode, Bill Mantlo décide de révéler bien des choses sur le personnage de Puck et surtout la raison de sa fameuse douleur dont il parle régulièrement. Bien entendu, cette explication particulièrement capillotractée est l’invention de ce scénariste et non de son prédécesseur, qui ne s’est d’ailleurs pas privé de la critiquer avec sa subtilité habituelle depuis. L’épisode se lit, ce n’est pas non plus spécialement honteux car Bill Mantlo connait bien son job de scénariste, mais c’est très (trop) bavard et on se passerait bien de certains rebondissements comme le nouveau rôle de Heather amené avec des gros sabots.

Du côté du dessin, c’est Jon Bogdanove qui tient les crayons et le résultat n’est pas vilain. L’artiste n’a pas ici utilisé son style caricatural qui a fait le bonheur des lecteurs de Puissance 4 (ah l’interminable menton du Super Bouffon…) mais dans un style plus sobre c’est tout aussi efficace.

L’Homme Araignée – Les règles du jeu (De Falco / Frenz)

Après le récit cataclysmique où Flash Thompson s’est révélé être le Super Bouffon (enfin plus ou moins…), il est temps pour Tom De Falco de montrer les conséquences de cette révélation. Mais c’est aussi l’occasion pour l’auteur pour rebondir sur ce qui se passe du côté de chez Frank Miller en faisant le pont avec les évènements de Born again (et avec un léger décalage induisant un spoiler…). Le résultat est plutôt intéressant, même si l’épisode fait davantage office de transition. Le traitement de la situation de Daredevil est forcément plus grand public chez De Falco que chez son collègue, mais en tout cas les pièces du puzzle tiennent plutôt bien ensemble et cela permet au Tisseur d’être une nouvelle fois confronté à son idéalisme et – n’ayons pas peur des mots – sa naïveté.

Du côté du dessin, je suis un peu plus réservé. Ron Frenz est en effet toujours aux crayons, mais l’encrage de Bob Layton ne lui sied pas vraiment (vous pouvez vous douter que ça me coûte d’écrire ça, mais c’est la vérité objective). Les deux premières planches donnent même un air étrange aux visages des personnages, et le trait de Ron Frenz en devient quasi méconnaissable.

L’Homme Araignée – Le cri du Wendigo (Vess)

Il arrive de temps en temps que de petits récits plus ou moins déconnectés des intrigues en court soient proposés aux lecteurs, ce qui peut par exemple permettre à un éditeur ayant la main un peu lourde sur les ciseaux de la censure de retomber sur ses pieds. Charles Vess nous raconte donc une histoire assez insolite où l’Araignée se retrouve embarqué dans une situation oscillant entre réalité et mysticisme, et accomplit une nouvelle fois son devoir de héros. Ca se lit, mais il n’y a pas non plus de quoi sauter au plafond et finalement la principale qualité de ce récit est sa courte longueur !

Du côté du dessin, signé lui aussi Charles Vess, c’est pas mal mais sans plus.

Les Défenseurs – Renouveau (De Matteis / Perlin)

Dans cet épisode, J.M. De Matteis nous propose un nouveau départ pour les Défenseurs. Ce qui est amusant, c’est que le groupe ayant été jusque là joyeusement ignoré par Lug on commence en ayant le sentiment assez peu agréable de prendre le train en marche malgré les efforts du scénariste pour permettre au lecteur de raccrocher les wagons (les récits n’étaient pas encore pensés pour une publication en TPB, donc il était de coutume de rappeler au lecteur d’un mois sur l’autre ce qui s’était passé). L’histoire se lit, mais sans plus. Les personnages ne génèrent que peu d’empathie ou de sympathie (l’Exorciste est même assez pénible, et on se contrefiche du Dr Strange en mode amoureux transi), et les pages s’enchaînent sans véritablement laisser de souvenir durable. Il y aura heureusement des choses plus intéressantes plus tard, mais en tout cas cet épisode est vraiment passable.

Du côté du dessin, Ron Perlin livre une prestation tout à fait honnête. C’est très classique sans être daté, et ça fait le job comme on dit !

Daredevil – Paria (Miller / Mazzuchelli)

Nouvel acte de Born again, dans une version décidément très censurée par un Lug visiblement terrorisé par l’implacable récit de Frank Miller. Ce dernier continue d’orchestrer la descente aux enfers de Daredevil dans un nouvel épisode où rien ne lui sera épargné. C’est d’ailleurs l’occasion pour Frank Miller de revenir sur les origines du personnage en introduisant un personnage dont il n’avait été que peu question jusque là et – sauf erreur de ma part – l’héritage Catholique de Matt Murdock prend ses racines dans cet épisode. Le récit est toujours très prenant (et arrive à tenir debout malgré le charcutage de Lug), et donne envie d’en lire toujours plus. Pas par fascination morbide pour le sort tragique de l’Homme sans peur, mais bel et bien pour voir s’il va réussir à revenir de cette zone de déchéance dont on ne revient généralement pas. C’est brillamment écrit, Frank Miller étant décidément au sommet de son art lors de sa prestation sur Daredevil. Et n’oublions pas cette conclusion, lourde de sens et tellement bien trouvée

Mais il vaut mieux que ça, depuis toujours et surtout maintenant que je lui ai appris
qu’un homme sans espoir est un homme sans peur !

La partie graphique, signée David Mazzuchelli, est quant à elle toujours aussi réussie. L’artiste est véritablement en symbiose avec le scénariste pour illustrer avec talent cette magnifique histoire.



Les informations pour écrire les chroniques de Comme quand j’étais môme proviennent du site Comics VF, merci à son équipe pour son travail de qualité.

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