Strange 204

Comme quand j'étais môme

Comme quand j’étais môme… vous propose aujourd’hui la chronique d’un numéro de Strange.

Strange 204 a été édité par Lug en décembre 1986 et contient des récits signés John Byrne, Tom De Falco & Ron Frenz et Dennis O’Neil, Jim Shooter & David Mazzuchelli.

Strange 204

 

Décembre 1986… Les fêtes de fin d’années se profilent à l’horizon (et la varicelle aussi un peu plus tard, aie aie aie !) et un nouveau numéro de Strange est disponible ! Je me rappelle l’avoir dévoré pendant les courses de la semaine, et être resté pétrifié par les révélations de la Division Alpha en plein rayon ! Il est fort ce John Byrne ! 😉 Le reste de la revue m’a tout autant plu, et j’ai été particulièrement marqué par l’épisode de Daredevil que j’avais trouvé vraiment poignant. Encore un bon numéro qui m’a apporté bien des heures d’évasion au cours de ses relectures successives !

La Division Alpha – Le secret de Sasquatch (Byrne)

Après une pause des intrigues en cours pour cause de rencontre avec les X-Men, nous voici repartis sous la plume de John Byrne pour la suite des aventures de la Division Alpha. Et l’auteur Canadien ne fait pas les choses à moitié : nouveau point de départ pour un personnage jusque là secondaire, mystère sur un ancien personnage de premier plan et surtout l’explication des crises de rage de Sasquatch ! L’explication tient la route, ce qui est une bonne chose car c’est arrivé que les mystères expliqués par John Byrne soient un peu tirés par les cheveux, et c’est même une très bonne idée. L’épisode est un peu décousu ceci dit, mais c’est un peu normal car en fait il s’agit d’un remontage de deux épisodes lourdement censurés (la moitié des pages de chaque épisode a sauté, et dans ce qu’il reste on peut soupçonner qu’il manque quelques cases). Du coup je serais vraiment curieux de savoir ce que donnaient ces deux épisodes en temps normal… En tout cas la Division Alpha est toujours aussi passionnante à suivre, et la suite n’en sera que plus surprenante !

Du côté du graphisme, John Byrne assure toujours une prestation impeccable. Les planches sont très soignées, et les personnages impeccablement dessinés.

L’Homme Araignée – Cet or est à moi (De Falco / Frenz)

Guerres Secrètes II s’incrustant dans pas mal de titres à cette époque, il n’est guère surprenant de retrouver ici un tie-in de cette mini-série. Tom De Falco nous montre donc les conséquences des bêtises du Beyonder (il a changé un immeuble en or pour remercier Power Man et Iron Fist d’un conseil !), dans une ambiance très paranoïaque et pleine de faux semblants. Le récit est efficace, pas forcément parmi les meilleures histoires du Tisseur mais agréable à lire et la morale de la conclusion est adéquate.

Du côté du dessin, Ron Frenz tient les crayons pour nous offrir des planches très joliment réalisées.

L’Homme Araignée – Seul contre Firelord (De Falco / Frenz)

Il arrive de temps en temps que l’Araignée se retrouve propulsé hors de la zone de confort que constitue son bestiaire habituel de super vilains (encore que le terme soit un peu exagéré quand on parle du Super Bouffon…). Il est cette fois-ci confronté à un adversaire de dimension cosmique, au sens littéral du terme : Firelord, ex-héraut de Galactus. Forcément, quand Tom De Falco met un personnage avec un CV pareil dans les pattes du Tisseur, on se doute bien que ce dernier ne va pas l’expédier au poste avec un petit mot « De la part de votre copain l’Araignée ». Du coup, le combat prend des dimensions épiques, avec un super héros nettement surclassé et qui ne peut compter sur l’aide de personne (à noter d’ailleurs que Lug a tenté maladroitement de cacher le décalage entre l’Araignée et les Fantastiques avec une note totalement à côté de la plaque). L’épisode, qui est la première partie de l’histoire, est classique mais efficace et le recours à la vieille ficelle « J’ai laissé mourir mon Oncle Ben, plus jamais ça » marche toujours aussi bien.

Du côté du dessin, encore une fois Ron Frenz nous offre des planches très bien exécutées. Firelord est bien mis en valeur, ainsi que le côté déséquilibré et désespéré du combat.

L’intrépide Daredevil – La dette (O’Neil, Shooter / Mazzuchelli)

C’est à nouveau un tie-in de Guerres Secrètes II qui nous est proposé dans ce numéro, ce qui explique que Jim Shooter co-signe cette histoire avec Dennis O’Neil. Il y a pas mal d’histoires de Daredevil qui sont à mon avis sous-estimées, et je pense que celle-ci en fait partie. Au-delà de l’aspect « les frasques du Beyonder » (quoique ce dernier soit bien plus sérieux que dans d’autres séries, ce qui est sûrement dû à Dennis O’Neil qui n’est pas forcément le roi de la déconne), c’est surtout l’occasion de constater la puissance de l’éthique de Matt Murdock. Incorruptible est un terme qui peut sembler un peu galvaudé, mais il prend toute sa dimension dans ces pages à propos de l’avocat aveugle. Cet épisode est très bien écrit, touchant et poignant sans en faire de trop et tandis que Matt Murdock dégageait une certaine antipathie dans les épisodes précédents (ne serait-ce que parce qu’il laisse son associé – qui a déjà des soucis personnels énormes – gérer tout seul leur étude) on ne peut que ressentir une forte empathie pour le personnage dans cette histoire. C’est joliment écrit, ça a un petit côté conte de fées mais c’est surtout tragiquement beau et on retrouve l’essence du personnage.

La partie graphique, signée David Mazzuchelli, est toujours aussi réussie. L’artiste reste assez sage dans sa mise en page, mais les planches sont très joliment réalisées.

 



Les informations pour écrire les chroniques de Comme quand j’étais môme proviennent du site Comics VF, merci à son équipe pour son travail de qualité.

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