Strange 203

Comme quand j'étais môme

Comme quand j’étais môme… vous propose aujourd’hui la chronique d’un numéro de Strange.

Strange 203 a été édité par Lug en novembre 1986 et contient des récits signés Chris Claremont & Paul Smith, Tom De Falco & Ron Frenz et Dennis O’Neil & David Mazzuchelli.

Strange 203

 

Novembre 1986… Après une entrée en matière passionnante le mois précédent, j’étais très impatient d’en lire la suite donc dire que je me suis jeté sur ce numéro de Strange serait très en dessous de la vérité (et on va dire que ça apportait une diversion bienvenue par rapport au quotidien). Je n’ai pas été déçu par cette seconde partie, dont le propos m’a laissé une impression durable, ni par le reste de la revue qui était très intéressant.

Les X-Men et la Division Alpha – Un paradis de rêve, 2ème partie (Claremont / Smith)

 

Après une première partie où Chris Claremont a posé les briques d’une histoire pleine de mystères, il est temps de retrouver les X-Men et la Division Alpha pour la suite et fin de cette rencontre. Le cliffhanger de l’épisode précédent étant particulièrement efficace, il est clair que le lecteur ne pouvait que se précipiter pour en lire la suite… et pour le coup le début de l’épisode est un peu frustrant vu qu’on part sur autre chose (et même curieusement le destin du personnage à l’article de la mort ne semble guère intéresser Chris Claremont, vu la façon dont c’est traité). Mais ça reste tout de même très intéressant, avec des pistes qui sont données progressivement sur les véritables tenants et aboutissants de l’histoire. Bien évidemment, vu la véritable origine de cette fameuse fontaine, on ne pouvait s’attendre à autre chose que de la duperie. Mais l’histoire va au-delà de ça : l’auteur en profite pour rendre hommage au pouvoir de l’imaginaire, ce qui ne peut que parler aux lecteurs de comics et particulièrement à cette époque où il n’était pas encore « tendance » de s’y intéresser (et ça finira bien par ne plus l’être, au moment où les films cesseront de rapporter autant d’argent). Il en profite également pour revenir sur la notion de différence et sur l’exclusion qui va avec, ce qui est au coeur de la thématique des X-Men depuis toujours. On pourra en tout cas s’amuser rétrospectivement de voir un mini Civil War quelques décennies avant l’event, et se désoler que Claremont reste prisonnier de ses travers narratifs avec des personnages qui ont des pensées bien bavardes en pleine action. En tout cas, cette mini-série aura vraiment été passionnante du début à la fin, avec une conclusion touchante. Et du coup, j’en ai longtemps voulu à Bill Mantlo d’avoir plus ou moins donné une suite à cette rencontre, qui aurait dû rester de côté.

La partie graphique, toujours signée Paul Smith, est dans la lignée directe de ce qui avait été présenté dans le numéro précédent. En ce qui concerne les décors et les scènes de combat, l’artiste nous offre vraiment de bien jolies choses à regarder.

L’Homme Araignée – Le retour de Black Fox (De Falco / Frenz)

 

Après un intermède « bouche-trou » le mois précédent, on retrouve Tom De Falco pour la suite « normale » des aventures de l’Araignée. C’est dans ce numéro que l’auteur nous permet de faire connaissance avec Silver Sable, que l’on retrouvera à maintes reprises dans les années à venir. Le personnage n’est qu’esquissé, Tom De Falco mettant juste en place les bases de son univers pour justifier ses actions. D’ailleurs elle est assez peu sympathique avec son côté aristocratique dans cet épisode. L’histoire est en tout cas intéressante, avec un Black Fox utilisé plus sérieusement qu’il ne le sera à l’avenir (même si la fin de l’épisode est amusante). De l’action et des réflexions sur la vie privée des personnages, le cocktail de l’Araignée est toujours efficace même si on espère à l’époque qu’il va enfin finir par se réconcilier avec sa tantine boudeuse parce que ça commence à être lassant cette histoire !

Au dessin, nous retrouvons Ron Frenz et donc un graphisme plus sérieux que le mois précédent. Les planches sont très réussies, avec des scènes d’action bien rendues et des personnages impeccablement dessinés.

L’intrépide Daredevil – Mort à Venise (O’Neil / Mazzuchelli)

 

Avec cet épisode, Dennis O’Neil surprend le lecteur de prime abord. En effet, alors que la fin de l’épisode précédent laissait entendre que Matt Murdock était conscient d’être la cause de la mort de Heather Glenn et qu’il l’acceptait, le voilà qui décide d’aller casser la figure des personnes qui l’ont cambriolée. Du coup, nous avons droit à un énième voyage de l’avocat alors que son cabinet prend l’eau (ce qui contribue à le rendre de plus an plus antipathique) et nous le voyons faire face à des ennemis improbables en Italie. Jusqu’à la fin, l’épisode est assez faible, avec force clichés et invraisemblances (oui même dans une histoire de super héros on ne peut pas TOUT faire). Mais la conclusion est par contre poignante, quand on comprend les véritables motivations de Matt Murdock pour ce périple Européen. L’épisode précédent et celui-ci forment donc un diptyque indissociable, dont le discours change si on les prend séparément. On ne peut que penser qu’on tient là un des éléments qui vont amener Daredevil vers la route de l’Enfer sous la plume de Frank Miller quelques épisodes plus tard, d’autant plus lorsqu’on sait que le personnage est catholique et donc a la culpabilité ancrée dans sa psyché. Certes, la majorité de l’épisode n’est pas palpitante mais il convient de ne pas le mettre de côté pour autant.

Du côté du dessin, David Mazzuchelli signe des planches très réussies une fois de plus. L’artiste a un style qui ne cesse de s’améliorer d’épisode en épisode, et ce style convient fort bien pour raconter les aventures de l’Homme sans peur.



Les informations pour écrire les chroniques de Comme quand j’étais môme proviennent du site Comics VF, merci à son équipe pour son travail de qualité.

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