Strange 199

Comme quand j'étais môme

Comme quand j’étais môme… vous propose aujourd’hui la chronique d’un numéro de Strange.

Strange 199 a été édité par Lug en juillet 1986 et contient des récits signés John Byrne, Tom DeFalco & Ron Frenz et Dennis O’Neil & David Mazzuchelli.

Strange 199

Juillet 1986… Voilà, l’été est là ! 🙂 Ce numéro de Strange m’a marqué, comme je pense qu’il a marqué pas mal de lecteurs de ma génération qui l’ont lu à l’époque avec non seulement la suite de la révélation de l’identité secrète de l’Araignée (à l’époque le secret des super héros était bien plus important) qui indiquait qu’il n’y aurait pas de pirouette pour remettre le génie dans sa lampe mais surtout la découverte de la vraie nature de son costume ! De quoi retourner la tête des lecteurs, parce que ce n’était pas quelque chose qu’on pouvait voir tous les jours ! Et si on avait su à l’époque tout ce qui allait en découler… Mais le reste de la revue était tout aussi intéressant avec un épisode bien chouette de la Division Alpha qui m’avait plu par son côté mystique et le voyage dans le temps, avec toutefois un épisode de Daredevil qui m’avait un peu déçu (voir Matt Murdock dragouiller Glorianna commençait à me lacer). Un bon numéro, et un bon souvenir de lecture en prime ! 🙂

La Division Alpha – O temps, suspends ton vol (Byrne)

Après une entrée en matière mystérieuse dans l’épisode précédent, John Byrne va au fond de son histoire de danger mystique venu du passé. Nous avons droit à un voyage dans le temps pour l’intrépide équipe Canadienne (du moins une partie, les jumeaux et Sasquatch sont aux abonnés absents), et l’explication de tout ce qui s’est passé auparavant. L’épisode est très intéressant et bien ficelé, même s’il faut avouer que la partie liée à Talisman (et la fameuse prophétie) est un peu légère et même décevante de la part de quelqu’un comme John Byrne qui sombre dans la facilité pour nous sortir une héroïne d’un chapeau (ou d’un sac en l’occurrence).

Du côté du dessin, rien à redire une fois de plus : John Byrne connait son affaire et soigne des planches de toute beauté. Par contre le costume de Talisman pique les yeux !

L’Homme Araignée – Le sinistre secret du nouveau costume de l’Araignée (De Falco / Frenz)

Ca faisait quelques épisodes que Tom De Falco sous-entendait qu’il se passait des choses pas nettes avec le costume extra terrestre de l’Araignée, et lui faisait répéter comme un mantra « Il faut que je passe le montrer à Red Richards »… et c’est maintenant chose faite. Le moins qu’on puisse dire, c’est que l’auteur n’a pas fait les choses à moitié avec ses révélations : faire du costume un symbiote qui veut fusionner avec son hôte, c’est assez fort et c’est même assez sinistre en ce qui concerne les implications (pour certaines soulignées par Parker lui même). En tout cas c’est plutôt bien amené et on sent une volonté d’expédier au plus vite une contrainte éditoriale héritée des Guerres secrètes en se débarrassant du costume (Dennis O’Neil a fait la même chose de façon bien plus expéditive dans les pages d’Iron Man). Quand on pense à tout ce que ce symbiote allait entrainer… l’univers Marvel ne serait pas tout à fait le même sans lui ! L’épisode ne néglige pas pour autant les intrigues secondaires, notamment autour du Super Bouffon et de son alliance avec la Rose mais surtout du fait que Mary Jane connait maintenant la double identité du Tisseur, et tout ceci est fort intéressant.

La partie graphique, signée Ron Frenz, est quant à elle très réussie. Le design du costume de secours est toujours aussi amusant… 🙂

L’Homme Araignée – Souvenance du passé (De Falco / Frenz)

C’est un épisode un peu particulier que nous propose Tom De Falco : en dehors des parties « classiques » relatives aux intrigues liées au Super Bouffon, c’est surtout une plongée dans le passé de Mary Jane Watson. C’est à partir de cet épisode que sa relation avec Peter Parker devient plus profonde (même si à l’époque, comme stipulé au détour d’un dialogue, il n’est pas question d’amour entre les deux), une amitié sincère scellée par la révélation réciproque de leurs secrets. Le personnage de Mary Jane gagne en maturité avec l’histoire de son passé, particulièrement triste et qui peut expliquer le côté exubérant de la demoiselle pour compenser ça. C’est en tout cas touchant, triste mais joliment raconté sans en faire de trop dans le mélo.

Du côté du dessin, c’est toujours Ron Frenz qui officie et ses planches sont toujours aussi jolies. J’aime bien sa façon de dessiner Mary Jane, qui est jolie dans un registre « Girl next door », moins superficiel que sa période top model sous le crayon d’autres artistes.

L’intrépide Daredevil – Le deuxième secret (O’Neil / Mazzuchelli)

Dans cet épisode, Dennis O’Neil parle à nouveau de l’implacable tueur Irlandais qui avait fait son apparition quelques épisodes auparavant : Le Gael. L’épisode se lit plutôt bien, mais est plutôt insipide. En fait, la romance Matt / Glorianna est un peu téléphonée et fait même un peu forcée, renforçant l’impression que notre fringant avocat saute sur tout ce qui bouge. Et la partie consacrée au Gael est un peu longuette, avec même quelques incohérences (une épaule cassée, ça ne permet pas de se battre). Bref un épisode assez quelconque, qui vaut surtout pour son graphisme.

La partie graphique, signée David Mazzuchelli, est quant à elle très réussie. Les ambiances sont très bien rendues, et Glorianna est particulièrement joliment dessinée.



Les informations pour écrire les chroniques de Comme quand j’étais môme proviennent du site Comics VF, merci à son équipe pour son travail de qualité.