Spiderman 3

Spiderman 3

Et voilà, après une (très) longue attente, j’ai enfin vu Spiderman 3. Et je suis très content de ce que j’ai vu, même si contrairement à ce que j’ai lu ici et là ce n’est pas le meilleur volet de la trilogie. Mais je le répète, c’est quand même un très bon film.

Par contre, au risque de passer pour un vieux pépère, je tiens à préciser qu’au contraire de son étiquette « familiale » ce film n’est absolument pas fait pour les enfants (je dirais qu’en dessous d’une dizaine d’années c’est le cauchemar assuré). Je le précise parce que j’ai vu pas mal d’enfant assez jeunes pendant la scéance, et honnêtement je ne montrerais pas ce film à mon fils de 4 ans !

Tout semble aller pour le mieux pour Spiderman. En effet sa petite amie est folle de lui, il poursuit de brillantes études et la population de New York en a fait une idole. Il ne se doute pas que tout ceci va basculer, alors qu’il devra affronter son meilleur ami, deux redoutables adversaires et combattre son côté sombre.

Spiderman 3

Dangers spoilers LA SUITE DE L’ARTICLE CONTIENT DES REVELATIONS SUR L’INTRIGUE (SPOILERS)

Depuis longtemps, tout le monde attendait cette nouvelle aventure de l’homme araignée. Après les scoops dévoilés au compte-goutte (dont certains grâce aux bourdes de Kirsten Dunst) et les multiples bandes-annonces toutes plus alléchantes les unes que les autres, tout fan de Spiderman avait forcément la rate au cours-bouillon en faisant la queue au cinéma 😉

Dans ce troisième opus des aventures de notre tisseur préféré, il y a du bon et du moins bon. Oui, l’immersion dans l’univers de Spiderman est toujours totale, la grande qualité des effets spéciaux la facilitant grandement (on se croirait transporté dans un comics). Par contre le film souffre de certaines longueurs, notamment vers son milieu, qui contrastent avec le rythme plus soutenu des deux premiers.

Ce volet s’attarde plus sur Peter Parker que Spiderman, que l’on voit finalement assez peu. Il y a des scènes très drôles (Jameson et ses médicaments notamment, ou alors le drollissime cameo de Bruce « Evil Dead » Campbell), mais le ton général du film est assez sombre. La plongée de Peter dans les ténèbres est très réussie (quoique le changement de coiffure est une idée un peu idiote), et la fin est assez cryptique.

Encore une fois Tobey Maguire nous montre qu’il est Spiderman à 4958%. Tour à tour « Peter le poissard » et « Peter le bad boy », il est aussi à l’aise dans chacun de ces personnages. Une évolution un peu surprenante de son personnage est la disparition apparente de son sens d’araignée, ce qui est un peu dommage. Le fait que Spiderman soit aussi populaire est aussi un peu déroutant quand on connaît le comics, mais il est vrai que cela contribue grandement à l’évolution négative du héros puisqu’il prend la grosse tête. C’est aussi dans l’exploration de sa descente aux enfers que le film s’enlise, car cela traine vraiment en longueur.

Kirsten Dunst quant à elle est tout simplement lumineuse. Même si physiquement elle se détache assez de son modèle, elle incarne une Mary Jane qui enchante à chacune de ses apparitions. Faire évoluer son personnage vers une chanteuse est une idée originale et réussie, preuve s’il en est qu’on peut tout à fait ne pas suivre à 100% le comics du moment que son esprit est respecté.

La grande surprise dans les personnages concerne Harry Osborn. Tête à claques dans le premier film, il avait un peu plus d’épaisseur dans le second. Ici il est littéralement bluffant. Sa transformation en « New Goblin » (cf le générique de fin) était prévisible mais elle est parfaitement bien traitée. James Franco montre en tout cas qu’il joue parfaitement, car il suffit de voir son air pour comprendre tout de suite s’il est le « gentil Harry » (après son coup sur la tête) ou le « méchant Harry qui se souvient de tout ».

En tout cas son personnage a subi des greffes multiples d’autres personnages du comics. Tout d’abord son costume évoque davantage celui de Jack’O’Lantern. Et surtout l’épisode de l’amnésie est en fait une péripétie qui est arrivée à son père. Mais en tout cas le rendu est très bon. Et l’idée d’en faire ensuite un allié de Spiderman (ce qui évoque le Golden Goblin) est excellente ! Dommage qu’il doive connaître un destin tragique, je trouve qu’ils faisaient une très bonne équipe (bien que la réconcilliation gâce à un majordome dévouée est un peu limite).

Voyons un peu maintenant les nouveaux personnages. Tout d’abord il y a Gwen Stacy. Et oui, malgré le fait que son personnage soit plus ou moins fusionné avec celui de Mary Jane dans le premier film, les scénaristes ont réussi à la faire apparaître. Son personnage est peu intéressant, son passage des cases à la pellicule l’ayant transformé en « vraie blonde » un peu niaise à l’air constamment ahuri (et on n’y croit pas une seconde en la voyant en étudiante en sciences). Bref, à part reconstituer le triangle amoureux des sixties, son ajout dans le film n’a pas grand intérêt, à part peut être relancer la mode du serre-tête. Idem pour son père qui fait plutôt tapisserie…

Passons maintenant à l’homme sable. En voilà un personnage intéressant ! Un des pires ennemis de Spiderman à ses débuts, il est parfaitement transposé à l’écran (jusqu’à ses origines qui sont très fidèlement adaptées et très spectaculaires). Le fait d’en faire un criminel « avec une bonne excuse » (soigner sa fille) et surtout d’en faire le véritable meurtrier d’Oncle Ben est un choix qui déroutera sûrement plus d’un fan mais la mayonnaise prend plutôt bien (et la séquence du pardon de Peter est un grand moment). Les effets spéciaux qui donnent vie à ses pouvoirs sont tout simplement bluffants.

Le symbiote est également une réussite. Je me demandais comment Sam Raimi allait faire pour introduire cette créature dans le monde « plus réaliste » de Spiderman. En effet, difficile de nous faire une scène disant que Spiderman revenait d’une guerre cosmique en compagnie des plus grands héros de la Terre et qu’il avait ramené un costume « magique » en souvenir. Il y aurait eu la possibilité de lorgner du côté d’Ultimate Spiderman avec son symbiote « chimique » (substance inventée par le père de Peter), mais je pense que ça aurait moins bien rendu (et surtout les puristes auraient hurlé). L’explication trouvée, un parasite extra terrestre échappé d’une météorite, est éblouissante de simplicité et évite de se poser trop de questions. Le rendu graphique de cette bestiole est ahurissant, si ce film n’a pas l’oscar des effets spéciaux…Et surtout le costume noir de Spiderman est franchement superbe !

Enfin le petit dernier, dont je ne pouvais parler qu’après avoir présenté le symbiote, est bien entendu Venom (qui n’est jamais appelé comme ça dans le film). Pour son hôte humain, le scénario joue encore la carte de la fusion de personnages de comics : c’est un mélange entre Eddie Brock et Lance Bannon (si vous ne savez pas qui est Lance Bannon, honte à vous !). La personalité de ce personnage est différente de celle de son modèle : je dirais qu’il tient davantage de Carnage avec son côté tueur psychotique que du vrai Venom. C’est dommage car il y avait de quoi faire des choses sympahiques avec le vrai Venom. Mais cependant j’aime bien le rendu qui en a été fait. Et graphiquement les artistes des SFX (sisisi à ce niveau ce sont des artistes) ont fait des merveilles avec un Venom terrifiant.

Donc on l’aura compris, j’ai beaucoup aimé ce film. C’est vraiment dommage qu’il y ait quelques longueurs qui gâchent un peu le plaisir, mais la deuxième moitié du film est tellement époustouflante qu’on ne peut que pardonner à Sam Raimi d’avoir un peu trop fait durer son film. L’idée de l’association de vilains (très rare dans les adaptations alors que c’est monnaie courante dans les comics) est excellente, tout comme l’alliance entre Peter et Harry. Bref, du bonheur.

Ah oui, j’allais oublier le cameo de Stan Lee, tout simplement génial. 🙂