Spider-Man : Homecoming

Spider-Man : Homecoming

Peter Parker est un jeune lycéen New Yorkais comme les autres, du moins en apparence : il est aussi le super-héros masqué Spider-Man, qui doit affronter la menace du Vautour et faire ses preuves face à Tony Stark alias Iron Man. Difficile de trouver un équilibre entre la vie de super-héros débutant et celle d’un lycéen !

Pour ce nouveau film consacré à Spider-Man, Homecoming est un titre à double lecture : il symbolise non seulement la tradition Américaine d’accueillir d’anciens élèves dans les établissement scolaires, mais aussi le fait que le personnage « retourne à la maison » avec son premier film solo dans le Marvel Cinematic Universe. Certes, la licence Spider-Man est encore détenue par Sony (Spider-Man Homecoming est une collaboration entre Sony et Marvel Studios), mais après son apparition remarquée dans Captain America Civil War le fait que le Tisseur ait son propre film au sein du MCU est loin d’être anodin. Le film était d’autant plus attendu au tournant qu’il s’agit de la troisième déclinaison cinématographique de Spider-Man, après la trilogie de Sam Raimi et les deux films de Marc Webb. Quand on en est à son second reboot, il est clair qu’on a pas trop de marge de manœuvre…

Avec toujours Tom Holland dans le rôle de Peter Parker/Spider-Man, le film de Jon Watts se situe alors que son personnage est au lycée. On retrouve donc une ambiance très proche de celle du comic book Ultimate Spider-Man, même si ici et là on retrouve des petits détails évoquant la version classique de Spider-Man (quoiqu’un lycéen des années 1960 est quand même éloigné d’un lycéen contemporain). Le tout dans une intégration forte au MCU, comme on pouvait déjà le supposer avec la présence marquée de Tony Stark (Robert Downey Jr) dans les bande-annonces dévoilées jusque là.

En tout cas, cette nouvelle relecture de Spider-Man est vraiment très réussie. Même si le personnage n’est pas adapté à la lettre (suivant la même recette que le reste du MCU : les mêmes mais différents), on retrouve toutes ses caractéristiques et surtout l’esprit de Spider-Man. Tom Holland campe à la fois un très bon Peter Parker, plus proche de la version Bendis que de la version Ditko, et un très bon Spider-Man à la fois rempli de doutes et animé par un courage et une volonté indomptables. Le reste du casting est impeccable, avec notamment Michael Keaton qui campe un Vautour franchement réussi. L’histoire tient la route, et on se retrouve dans un film faisant fortement penser aux histoires adolescentes de John Hughes, influence évidente et assumée de Spider-Man Homecoming.

Contrairement à ce qui avait été redouté par certains, le film n’est pas entièrement dévoilé dans les bande-annonces : on y retrouve en effet des pans importants de l’histoire mais Spider-Man Homecoming réserve encore son lot de surprises (dont une qui parait logique après coup mais qui a de quoi surprendre le spectateur). Et Robert Downey Jr n’est pas aussi omniprésent qu’on ne pouvait le supposer, ça reste le film de Spider-Man et non pas un festival Iron Man.

Les effets spéciaux sont plutôt bons, même si par moments le double numérique de Spider-Man – de rigueur vu les acrobaties insensées qu’il accomplit – se voit nettement. Le film nous réserve des moments très spectaculaires, même si l’un d’entre eux montre une conception de la physique un peu étrange chez les scénaristes.

Spider-Man Homecoming est également plein de références et clins d’œil en tout genre, qui ont de quoi amuser les connaisseurs sans pour autant perdre en route les néophytes. Par contre le caméo de Stan Lee est amusant, mais un bon cran en-dessous des précédents (sans tenir compte de celui dans Les Gardiens de la galaxie 2 qui est hors catégorie). Quant aux scènes post-générique, il y a en deux donc il vous faudra vous armer de patience et rester jusqu’au bout du générique… 😉

Spider-Man Homecoming est donc une déclinaison cinématographique tout à fait réussie du Tisseur de toile, et figure parmi ses meilleures aventures sur le grand écran.

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Spider-Man : Homecoming

L’histoire

Spider-Man Homecoming se déroule juste après Captain America – Civil War, après un prologue se situant plusieurs années plus tôt dans les décombres de la bataille de New York (d’ailleurs la chronologie du MCU est un rien malmenée à ce niveau, et les déclarations à ce sujet sont peu convaincantes). Après un petit reportage de Peter Parker sur sa vision de son implication dans la bataille contre les troupes de Captain America, il est temps de s’intéresser à la vie de Peter Parker et son ambition de devenir un vrai membre des Avengers.

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On pourra apprécier au passage de ne pas avoir droit à une troisième exposition du personnage à travers ses origines : certes Peter Parker était déjà présenté dans Captain America Civil War, mais il aurait été envisageable de faire des flashbacks dans le film (après tout le prologue est un flashback datant d’Avengers). Il n’en est rien, et c’est tout aussi bien car on va droit à l’essentiel. Au mieux nous avons droit à une courte allusion à l’araignée responsable de la transformation de Peter Parker en Spider-Man.

L’histoire du film est plutôt bien ficelée, regroupant plusieurs thématiques (la quête de reconnaissance de Peter, sa vie de lycéen, l’intrigue avec le Vautour) sans que le film ne devienne indigeste ou ne donne l’impression de ne pas aller au fond de son sujet. Après ça reste du film de super-héros très classique, mais efficace et surtout très fun. Il y a un côté assez léger à tout ceci, avec pas mal d’humour sans que cela ne devienne jamais lourd. Le choix de s’intéresser à un Peter Parker lycéen était assez risqué, car souvent les ados au cinéma ne sont pas des vrais ados (surtout quand ils sont joués par des trentenaires) et ne se comportent pas comme tels. L’histoire de Spider-Man Homecoming ne néglige pas les préoccupations de vrais adolescents, ce qui lui donne un aspect nettement moins factice que d’autres films à ce sujet.

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On appréciera au passage la grosse surprise du film, qui n’a absolument pas fuité malgré la communication conséquente autour de Spider-Man Homecoming : le Vautour est le père de Liz. C’est d’autant bien trouvé que totalement inattendu, le spectateur ayant toutes les chances d’être aussi surpris que Peter Parker en le découvrant ! Et l’autre point appréciable est le dosage des apparitions d’Iron Man : il est certes un mentor (plus ou moins), mais il ne vole pas la vedette à Spider-Man et au final il n’est pas si présent que ça en 2h13 de film.

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Les personnages

Il est des acteurs dont on se dit une fois les avoir vus en action que leur rôle est une évidence : Tony Stark est Robert Downey Jr (ou l’inverse), tout autant que Tom Holland est un excellent Peter Parker. Un jeune homme timide, presque gauche, qui cependant devient un super-héros courageux et intrépide, voilà tout ce qu’on attendait et nous sommes largement servis. Le personnage est attachant avec son besoin de faire ses preuves, et est surtout très bien interprété.

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Question interprétation, Michael Keaton n’est pas en reste. Il est certes assez amusant de retrouver dans le rôle du vautour un ancien Batman, mais il serait très réducteur de cantonner le comédien à ses deux films chez Tim Burton. Adrian Toomes version MCU est tout simplement terrifiant quand il menace Peter, et dans ses autres apparitions s’avère parfaitement convainquant.

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L’entourage de Peter au lycée remplit de son côté son office. Les jeunes comédiens qui incarnent Liz, Ned, Flash et Michele sont très à l’aise dans leurs rôles respectifs et à l’image de Tom Holland sont très convaincants. Concernant Michele (incarnée par Zendaya), pour le moment il a été statué officiellement qu’il ne s’agit pas de la Mary Jane Watson du MCU malgré le clin d’œil manifeste avec ses initiales. Mais rien n’est immuable du côté de chez Marvel Studios, souvenons-nous de la spectaculaire volte face suite au tollé suscité par la version MCU du Mandarin.

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La fine équipe d’Iron Man est également présente, qu’il s’agisse de Robert Downey Jr (Tony Stark) et Jon Favreau (Happy Hogan) ou encore de Gwyneth Paltrow (Pepper Potts) qui fait un très rapide passage en fin de film. Les comédiens n’ont plus rien à prouver dans leurs rôles, qu’ils incarnent depuis bientôt dix ans, et le démontrent une fois encore. On pourra apprécier que malgré l’importance qu’ont Tony Stark et Happy Hogan dans la vie de Peter Parker leur présence n’est pas du tout écrasante et ils ne « volent » pas le film à sa vedette. Les interactions entre Peter et le duo Tony/Happy sont très réussies, sans en faire de trop.

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Enfin on ne peut pas parler de Spider-Man Homecoming sans évoquer Tante May, toujours incarnée par Marisa Tomei. Le choix d’une comédienne plus jeune que les deux qui l’ont précédée a fait beaucoup parler, alors que non seulement son interprétation est impeccable mais en plus le choix de rajeunir le personnage est vraiment judicieux. Tante May est présente sans être envahissante, se comportant comme on l’attend de la mère de substitution d’un adolescent.

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Le film en général

Représenter Spider-Man dans un film « live », c’est un véritable défi. Le super-héros arachnéen est en effet un acrobate fabuleux, qui parcourt la ville au bout d’un fil de toile en virevoltant, ou qui saute partout dans les espaces confinés. Il est clair qu’il est absolument impossible de recourir à un cascadeur pour faire ça, donc une doublure numérique s’impose. Globalement, ça se passe plutôt bien dans Spider-Man Homecoming : il y a des moments ou ce double de synthèse se voit, semblant peser aussi peu qu’une plume lors de ses bonds. Mais à part ça c’est quand même convainquant, et c’est toujours un ravissement de voir notre Tisseur préféré sauter partout. Les toiles sont tout aussi bien gérées, et ce quel que soit leur mode de fonctionnement.

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En dehors de Spider-Man lui même, les effets spéciaux sont efficaces : qu’il s’agisse du Vautour en plein vol, de son combat contre Spider-Man sur un avion ou encore de la très spectaculaire scène du ferry, tout est vraiment très bien rendu sans fausse note qui nous fasse sortir de l’action.

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L’adaptation

Spider-Man Homecoming est à l’image des autres productions Marvel Studios : il ne faut pas rechercher la fidélité à tout prix, car de nombreuses libertés sont prises avec le personnage et son univers. Ne serait-ce que pour assurer un minimum de cohérence avec le reste du MCU, il est clair qu’on ne peut pas adapter les aventures de l’homme araignée à la virgule près.

Spider-Man Homecoming puise un peu partout dans les différentes versions de Spider-Man et mélange le tout pour donner une version de Spider-Man qui respecte cependant l’esprit du personnage : le héros de proximité qui doute de lui et est un peu loser dans sa vie de tous les jours. L’Ultimate Spider-Man de Brian Michael Bendis est une inspiration manifeste du film, même si le Spider-Man classique transparaît un peu en filigrane. Le Peter Parker lycéen campé par Tom Holland est un personnage positif, éloigné du Peter Parker quasi névrosé qui ressemblait beaucoup à son co-créateur Steve Ditko.

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Concernant les autres personnages du film (en dehors de Tony Stark et son entourage, dont on s’occupera dans son propre film) là aussi la fidélité la plus absolue n’est pas de mise. Le Vautour est en effet très différent de sa version de papier, ainsi que ses complices. On appréciera au passage que le costume vert des années 60 ait été avantageusement remplacé par des ailes high tech qui sont largement plus crédibles, ainsi que l’idée astucieuse de rappeler le look du personnage d’origine avec le blouson de pilote d’Adrien Toomes doté d’un col de fourrure.

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L’entourage de Peter Parker est aussi passé à la moulinette : on a soit des personnages qui en combinent plusieurs (Ned), soit des personnages largement revus pour cette adaptation (Flash et Liz notamment). Après on retrouve pour chacun les fondamentaux de leurs personnages : que Flash soit un sportif doublé d’une brute épaisse ou un petit intello fils à papa, il est tout de même celui qui passe son temps à pourrir la vie de Peter Parker même si on passe de la violence physique à la violence verbale. Concernant les changements liés aux origines ethniques des personnages, il n’y a pas non plus de quoi se mettre la rate au court-bouillon, car au final elle n’a pas vraiment d’importance.

Concernant la vie sentimentale de notre héros, Spider-Man Homecoming prend le contre pied total des adaptations précédentes en évacuant d’emblée Mary Jane (même si le personnage de Michelle est un sacré clin d’œil) et Gwen. Ce qui est d’ailleurs plutôt cohérent, vu que ces deux personnages sont arrivés plus tardivement dans la vie de Peter Parker. Faire de Liz la fille de ses rêves est plutôt bien vu, d’autant que dans la version classique du personnage Liz intéressait aussi Peter Parker mais ce n’était vraiment pas réciproque (et du moment où ça a fini par le devenir, Peter était passé à autre chose). On retrouve par ailleurs le fait que Liz soit liée à un ennemi de Spider-Man, sauf qu’on passe du demi-frère au père.

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Tante May, qu’on avait déjà vue dans Captain America Civil War, est aussi radicalement différente de son modèle. Et dans un sens c’est une bonne chose : de nos jours, il est beaucoup plus vraisemblable que la personne qui élève son neveu adolescent soit une cinquantenaire plutôt qu’une personne âgée comme dans les comics (même si la version Ultimate avait déjà fait un pas dans cette direction). On retrouve là aussi les fondamentaux du personnage, à savoir une femme qui fait son possible pour élever un enfant qu’elle considère comme le sien et qui naturellement se fait du souci quand il se passe des choses insolites. On reste en tout cas à un niveau de stress largement plus crédible que « Si Tante May apprend mon secret, elle en mourra ! » (est-il besoin de rappeler que l’indestructible tantine est toujours présente sur le papier ?).

Quant à Peter… et bien là aussi l’essence du personnage est bel et bien là. Un Peter Parker timide et se lâche avec son costume, qui doute tout le temps de lui mais qui ne renonce jamais, c’est clairement le Spider-Man dont on a l’habitude. Cela se voit particulièrement avec la fin du film, où il prend des risques pour aller sauver son adversaire d’une mort certaine, mais aussi avec son petit côté « araignée sympa du quartier » où il se démène pour aider les gens. Il est clair que sa tenue high tech n’a pas fini de faire couler de l’encre (ou des pixels), mais elle est un écho au costume Iron Spider des comics et donc n’est pas aberrante.

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Donc oui, l’adaptation n’est pas des plus fidèle, mais n’est pas honteuse non plus et on retrouve les fondamentaux du personnage modulo les ajustements nécessaires pour un changement de media.

En conclusion…

Spider-Man Homecoming était attendu au tournant et ne déçoit pas car nous retrouvons exactement ce à quoi on pouvait s’attendre : un Spider-Man à la sauce Marvel Studios dans un film fun et agréable à regarder.

 

 

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