Le lundi c’est librairie ! #327

Le lundi c'est librairie !

Le lundi c’est librairie ! vous propose la chronique de quatre albums édités par Delcourt Comics, Panini Comics et Glénat Comics.

Au programme : James Bond t3, Criminal t7, Daredevil t4 et Archangel.

James Bond tome 3
James Bond t3 - Mars 2018

Delcourt Comics
Collection Contrebande

152 pages – 16.50€
Mars 2018 – Cartonné

Andy Diggle
Luca Casalanguida

La mission du célèbre espion au service de sa majesté est d’éliminer Kraken, un terroriste anti-capitaliste, qui vise l’arsenal nucléaire britannique. Mais les choses sont loin d’être ce qu’elles semblent. Son enquête l’entraîne à Dubai où se tient un marché aux armes. Il y est aidé par la sulfureuse Victoria Hunt. Bond dispose du permis de tuer, et cette fois-ci, il a bien l’intention d’en faire usage…

Après deux volumes signés Warren Ellis, c’est au tour d’Andy Diggle de signer les nouvelles aventures du célèbre agent au service secret de sa Majesté.

Ce troisième tome contient donc une nouvelle aventure de James Bond, le célèbre agent 007 qui se retrouve dans une situation qui peut vite dégénérer vers une situation mondialement critique…le quotidien pour James Bond on a envie de dire ! Une fois encore on se retrouve avec un personnage qui ressemble vraiment à son modèle en ce qui concerne le comportement, quoiqu’il me semble un peu plus proche du James Bond version cinéma que sous la plume de Warren Ellis.

Cet album, qui contient un récit complet, remplit amplement son contrat de divertissement estampillé double zéro : une menace d’envergure, un agent secret efficace (et pas qu’en tant qu’agent secret d’ailleurs…), des gadgets… on retrouve tous les ingrédients du cocktail dont la recette éprouvée depuis des décennies fait toujours mouche. On a beau savoir que la réalité des services secrets est on ne peut plus éloignée des aventures de James Bond, cela n’empêche pas d’apprécier ses exploits !

Ce troisième tome est vraiment intéressant, même s’il faut quand même reconnaitre qu’il est un tout petit peu en dessous des précédents. Je ne saurais pas dire quoi exactement, mais il manque un petit quelque chose qui rendait la lecture des deux autres tomes encore plus agréables. Mais cela reste en tout cas un excellent album, avec une histoire qui tient vraiment bien la route. Il y a un bon nombre de surprises qui ont de quoi faire sursauter le lecteur, avec une excellente utilisation d’un personnage qui est beaucoup moins secondaire qu’au cinéma. Mais par contre en ce qui concerne les surprises, en ce qui me concerne il y en a une qui est tombée un peu à plat car je l’ai vue venir… (sans faire de spoiler, ça fait justement penser à un film de James Bond).

Du côté du dessin, signé Luca Casalanguida, la qualité est au rendez-vous également. Les planches sont très joliment réalisées, avec un rendu très efficace des nombreux moments spectaculaires qui sont présents dans le récit. Une fois encore on appréciera que le James Bond de papier ne ressemble pas vraiment à ses différents interprètes et même que l’on retrouve quelques petits détails issus des romans.

Côté bonus, nous avons droit à une galerie d’illustrations et un carnet de croquis, ce dernier permettant de voir l’évolution des planches au fur et à mesure de leur élaboration.

Un excellent album, qui apporte une dose d’évasion bienvenue !




Criminal tome 7
Criminal t7 - Mars 2018

Delcourt Comics
Collection Contrebande

112 pages – 14.95€
Mars 2018 – Cartonné

Ed Brubaker
Sean Phillips

La famille Lawless est au coeur des intrigues de la série Criminal depuis le début. Nous sommes ici dans les années 1970. Teeg Lawless est derrière les barreaux et fait tout ce qu’il peut pour survivre, tandis que Tracy Lawless fête son 12e anniversaire, un fusil de chasse à la main… Deux récits imbriqués qui nous en apprennent plus sur cette famille et l’univers poisseux dans lequel ils évoluent.

Cela faisait longtemps que nous n’avions pas eu droit à un album de la série Criminal. Trop longtemps même.

Ed Brubaker nous propose donc deux nouveaux récits se passant dans son univers, mettant en scène la famille Lawless dont sont issus les personnages centraux de Criminal. Comme dans les autres tomes, l’ambiance est résolument sombre et désespérée : que les choses soient claires, Criminal n’est pas une série à  lire pour se remonter le moral ! (ou alors pour se dire qu’il y a pire que soi ailleurs).

Le premier récit se passe en prison, tandis que le second commence comme un road trip. Une fois encore la narration implacable de Ed Brubaker va broyer ses personnages, en les confrontant à des situations très dures. A chaque fois qu’on peut espérer entrapercevoir une petite lueur d’espoir, l’auteur l’étouffe immédiatement pour recentrer son histoire dans un registre très sombre. Les petits intermèdes relatifs aux magazines lus par les personnages sont également très bien pensés, apportant un peu d’air frais entre deux passages sombres.

Depuis le premier tome, Criminal est une série qui prend aux tripes et ce volume ne fait pas exception. La narration bien huilée de l’auteur, grand spécialiste du genre (il suffit de lire ses autres séries pour s’en convaincre), fait une nouvelle fois des merveilles tandis que le lecteur assiste impuissant à un déferlement de violence et de noirceur. Ce septième tome est très bien écrit, et il est très difficile (voire quasi impossible) d’en décrocher une fois happé par la magie des mots de Ed Brubaker.

Du côté du dessin, on retrouve une nouvelle fois Sean Phillips dont la symbiose avec Ed Brubaker n’est plus à démontrer. Les planches sont superbement réalisées, avec une parfaite restitution de l’ambiance glauque et sombre de l’histoire.

Un excellent tome, tout aussi passionnant que les précédents.




Daredevil tome 4
Daredevil t4 - Avril 2018

Panini Comics
Collection 100% Marvel

136 pages – 15€
Avril 2018 – Cartonné

Charles Soule
Ron Garney / Goran Sudzuka / Marc Laming

Un contrat sur la tête de Daredevil attire tous les criminels du pays. Qui en est le commanditaire ? Matt sortira-t-il indemne de sa rencontre avec Bullseye ? Nous découvrirons aussi la réponse à la question que nous nous posons depuis le tome 1 : pourquoi tout le monde a oublié que Daredevil et Murdock sont une seule et même personne ?
(Contient les épisodes US Daredevil (2016) 15-20, inédits)

Depuis que Charles Soule a repris les rênes de la série Daredevil, une question restait entière : comment l’Homme sans peur a-t-il réussi à cacher à nouveau le secret de son identité ? L’auteur a décidé de nous livrer enfin la réponse !

Mais pour ce faire, il ne s’agit pas d’une simple révélation en 2 phrases : il y a tout un processus narratif au cours de cet album pour que l’on sache ce qu’il s’est passé mais également pourquoi cela s’est passé comme cela et quelles sont les implications et ramifications de ce qu’il s’est passé.

Avec ce tome, en plus de livrer des révélations sur le secret de Daredevil, l’auteur rend un bel hommage au personnage et à son univers en reprenant des moments clés de sa carrière. On sent différentes influences sur cet album, qu’il s’agisse de Frank Miller ou même d’Ann Nocenti, et cela montre le respect de Charles Soule envers la mythologie du personnage dont il écrit les aventures.

Ce quatrième tome est en tout cas le plus réussi, les pièces du puzzle disséminées depuis le premier s’assemblant pour former un tout très bien pensé. On retrouve un personnage certes moins positif que sous  la plume de Mark Waid, mais ce côté sombre lui sied sommes toutes vraiment très bien. Les explications sur le retour au secret sont très bien ficelées (et rendent également hommage à un épisode du passé d’un des protagoniste) et on appréciera au passage une pique en direction d’un autre personnage qui a remis le génie dans la bouteille lui aussi.

Du côté du dessin, les différentes artistes à l’oeuvre livrent des planches très réussies. C’est très joliment dessiné, avec une grande efficacité qui là aussi fait écho aux grandes heures de l’Homme sans peur.

Un excellent album, passionnant de bout en bout.




Archangel
Archangel - Avril 2018

Glénat Comics
Collection Comics

160 pages – 19.95€
Avril 2018 – Cartonné

William Gibson / Michael St John Smith
Butch Guice

Le futur de l’humanité se joue dans son passé
2016. Suite aux mauvaises décisions de ses dirigeants, la planète entière est devenue un enfer radioactif. Le dernier espoir de l’humanité a un nom : le Splitter, une colossale machine à remonter le temps conçue pour changer le cours de l’histoire. À moins que les paradoxes temporels qu’elle risque de produire n’aboutissent à un désastre plus terrible encore… Alors qu’une lutte de pouvoir s’immisce pour le contrôle du Splitter dans le présent, en 1945, l’agent du renseignement de la Royal Air Force Naomi Givens enquête sur des faits troublants et leurs répercussions sur sa réalité…

Pour son premier comic book, William Gibson ne traite pas du sujet auquel on pouvait s’attendre (le cyberpunk) mais d’un thème récurrent de la science-fiction : le voyage dans le temps.

En compagnie de Michal St John Smith, William Gibson nous montre donc le combat de deux factions à travers le temps. Après avoir saccagé sa propre planète, l’être humain est prêt a faire encore pire en dévastant sa ligne temporelle ! A travers une histoire menée tambour battant, les auteurs nous racontent un combat implacable entre ceux qui veulent modifier le passé à leur avantage et ceux qui veulent s’y opposer, avec comme témoins les personnes vivant à l’époque visée.

La thématique n’est pas forcément très novatrice (des combats à travers le temps, il y en a eu pas mal et il y en aura sûrement encore d’autres), mais il y a beaucoup de très bonnes idées dans cet album et en tout cas suffisamment pour que cela ne sente pas la redite. Les auteurs maîtrisent leur sujet et jonglent avec aisance avec les concepts à l’oeuvre dans ce tome, ce qui est appréciable car le concept du voyage dans le temps peut être source d’incohérences suivant les auteurs.

Cet album est une très bonne surprise, permettant de retrouver William Gibson dans un registre où il semble vraiment très à l’aise. L’album est passionnant du début à la fin, et on ne s’ennuie pas une seule fois en liant cette aventure au-delà du temps.

Du côté du dessin, c’est un autre nom bien connu des lecteurs de comics que l’on retrouve : Butch Guice. Ce dernier nous propose des planches très réussies, qui mettent habilement en images les mots des auteurs. L’artiste est vraiment très inspiré, et livre des dessins qui restituent à merveille l’ambiance de l’histoire.

Côté bonus, outre une postface très complète de William Gibson nous avons droit à un cahier graphique de toute beauté. On y trouve notamment les études sur les différents personnages, annotés par Butch Guice.

Un excellent album, qui exploite à merveille son concept.


C’est tout pour aujourd’hui !

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A propos mdata

Administrateur et rédacteur principal de Watchtower Comics.

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