Le lundi c’est librairie ! #320

Le lundi c'est librairie !

Le lundi c’est librairie ! vous propose aujourd’hui la chronique de trois titres, édités par Glénat Comics, Delcourt Comics et Mana Books.

Au programme : Ballistic, Alex + Ada t3 et Mass Effect – Nouveau monde.

Ballistic
Ballistic - Février 2018

Glénat Comics
Collection Comics

160 pages – 15.95€
Février 2018 – Cartonné

Adam Egypt Mortimer
Darrick Robertson

Bienvenue dans la ville où tout peut arriver. Surtout le pire.
Bienvenue dans un futur pas si éloigné que ça du nôtre, bienvenue à Repo-city, la ville où tout le monde est un salopard, y compris les réparateurs d’air conditionné. Dans cet enfer cyberpunk, on rencontre Butch, un gros bourrin, et son pote Gun, une arme à feu génétiquement modifiée, grande gueule et dopée aux drogues les plus dures. Cette paire de brutes aussi improbable que violente va essayer de propulser Butch lui-même sur le devant de la scène criminelle de Repo City. Finies les heures passées à réparer les stations de refroidissement, Butch va enfin pouvoir se laisser aller à ses instincts les plus vils. Sauf qu’évidemment, ça ne va pas se passer comme aimeraient nos deux acolytes…

Il y a parfois des histoires très bizarres dans le monde des comics : Ballistic en fait partie.

Adam Egypt Mortimer signe ici un récit se passant dans le futur, mais un futur qui ne fait pas franchement envie : c’est un futur glauque et crado, à l’image de la BD de SF scandant des « no future » façon punk à la fin des années 1970 et au début des années 1980. Tout semble prétexte à caser ici et là des détails glauques à souhait et des personnages totalement barrés.

Barré est d’ailleurs le terme qui correspond bien à l’histoire : elle tient debout, ça c’est indéniable, mais tout est vraiment bizarre. Les personnages semblent tous avoir un sérieux pet au casque, les situations sont improbables et pour tout dire il y a des passages vraiment malsains. En fait c’est à se poser des questions sur la santé mentale de l’auteur et les substances ingérées pour écrire cette histoire, ainsi que sur celles qu’il faudrait prendre pour le suivre dans son délire.

Cet album est en tout cas riche en action et en rebondissements, et il surnage dans cet océan de glauque des très bonnes idées. Mais en ce qui me concerne je ne suis vraiment pas entré dans le délire de l’auteur et j’ai eu du mal à terminer la lecture de Ballistic. Je pense que cet album ne conviendra pas forcément à tout le monde (déjà un public averti est de rigueur), et qu’un feuilletage s’impose pour voir s’il est susceptible de vous intéresser.

La partie graphique est quant à elle assurée par Darrick Robertson, et là aussi c’est disons…étrange. On connait le talent de l’artiste pour illustrer des ambiances bizarres, et une fois encore il met le paquet pour mettre en images cette drôle d’histoire. Le dessin est donc tout aussi glauque que le scénario, avec des moments très gore, mais même si c’est bizarre cela reste dessiné avec talent.

Les bonus de l’album sont de leur côté plutôt complets : des notes détaillées pour expliquer les points obscurs de cet univers (et il y en a un paquet), une galerie de couvertures et un sketchbook commenté.

Un album étrange, avec des passages malsains, à réserver à un public averti.




Alex + Ada tome 3
Alex + Ada t3 - Février 2018

Delcourt Comics
Collection Contrebande

128 pages – 15.50€
Février 2018 – Cartonné

Jonathan Luna / Sara Vaughn
Jonathan Luna

Après avoir accueilli Ada chez lui, Alex prend un énorme risque en la déverrouillant, permettant à l’androïde de penser par elle-même. Ils développent une relation qui semble contre nature. Tous deux doivent faire face aux restrictions qui entourent les êtres dotés d’intelligence artificielle et à l’hostilité croissante envers les humains. Sont-ils suffisamment « armés » pour survivre à ce qui les attend ?

Avec ce troisième tome, il est temps de clôturer l’histoire d’Alex et Ada, dont la relation a grandi au fil des épisodes.

Jonathan Luna et Sara Vaughn nous emmènent une dernière fois dans leur univers futuriste, où la technologie est telle que des êtres artificiels ont pu voir le jour et même développer une conscience. Les auteurs explorent une nouvelle fois la notion même d’humanité en nous racontant l’histoire de Alex, qui est tombé amoureux d’Ada en dépit de sa nature d’être artificiel. Suite aux évènements précédents, cette relation en devient même dangereuse car la société chasse les androïdes ayant développé une conscience.

C’est donc dans une ambiance particulièrement tendue que se déroule la plupart de cet album, Alex et Ada devant faire face aux conséquences de leur relation que la société condamne. Les auteurs ont toujours le ton juste pour raconter cette histoire, qui s’avère être une jolie romance sur fond d’hymne à la tolérance. Hymne qui est d’ailleurs assez visible, car en lisant entre les lignes on peut tout à fait comprendre qu’il ne s’agit pas que de relations entre humains et êtres artificiels dont il est question, mais bel et bien de relations entre individus « différents » et dans notre société actuelle cela peut tout aussi bien s’appliquer aux relations entre personnes de couleurs et/ou religions différentes, voire même du même sexe ou encore avec une différence d’âge marquée (ce dernier point étant d’ailleurs plus ou moins évoqué avec la grand-mère d’Alex).

Il en ressort donc un discours universel sur la tolérance, légèrement caché derrière ce récit futuriste, mais très bien ficelé. Il n’en demeure pas moins que l’aspect futuriste du récit est toujours très bien géré, avec une ambiance de science-fiction maîtrisée qui ne part pas dans le grand n’importe quoi mais au contraire s’appuie sur ce qui existe déjà pour en extrapoler l’évolution future.  Ce troisième tome, dont la dernière partie est très émouvante, termine en beauté cette histoire qui aura été passionnante du début à la fin. Les auteurs ont très bien dosé les différents ingrédients de leur univers, et nous offrent ainsi un joli moment de lecture.

Du côté du dessin, on retrouve Jonathan Luna à la table à dessin pour ce dernier tour de piste.  Son style, que l’on reconnait au premier coup d’oeil, contribue à l’ambiance de l’histoire grâce à son trait épuré et ses couleurs très bien choisies.

Un excellent album, qui termine en beauté une histoire touchante.




Mass Effect – Nouveau monde
Mass Effect - Nouveau monde - Février 2018

Mana Books
Collection Comics

96 pages – 14€
Février 2018 – Cartonné

John Dombrow / Jeremy Barlow
Gabriel Guzman

L’Initiative Andromeda : une organisation tentaculaire dont le but officiel est d’explorer la galaxie Andromède. Mais sous le couvert de la conquête spatiale, cette entreprise semble préparer quelque chose de plus sinistre. Envoyé comme agent double, le lieutenant Tiran Kandros devra l’infiltrer et retrouver l’homme le plus important de l’univers : le scientifique qui a percé les secrets d’un nouveau monde…
Au travers de ce thriller de science-fiction en quatre actes, découvrez les prémices du nouveau titre phare de BioWare : Mass Effect Andromeda dans cette préquelle officielle et inédite.

Les univers de jeux vidéo devenant de plus en plus étoffés, il n’est pas rare que leurs histoires soient également prolongées sur d’autres supports. Voici donc un prequel du nouvel opus de Mass Effect.

En ce qui me concerne, j’aborde cet album avec un esprit totalement vierge, étant totalement ignare en matière de Mass Effect (en fait j’ai déjà lu une BD Mass Effect il y a plusieurs années mais j’avoue ne pas m’en souvenir du tout, donc la virginité en question est relative). Cela permet donc de juger de l’accessibilité du récit de John Dombrow et Jeremy Barlow, et le fait est que c’est pas vraiment ça. En fait ça reste compréhensible, il n’y a aucun doute là-dessus, mais la plupart du temps j’ai eu l’impression de passer à coté de la moitié de l’histoire du fait de ma méconnaissance de cet univers.

L’histoire n’est cependant pas inintéressante, loin de là : l’intrigue est soignée, les interactions entre personnages sont réussies et on ne s’ennuie pas à la lecture de cet album. L’action est d’ailleurs très présente, et suffisamment bien dosée pour ne pas être trop ou trop peu présente. Je pense qu’un lecteur adepte de Mass Effect a largement de quoi s’éclater à la lecture de cet album, en ce qui me concerne j’ai apprécié ma lecture mais je ne me suis pas vraiment senti transporté.

Le dessin est de son côté signé Gabriel Guzman, qui signe là des planches joliment réalisées. Je ne saurai pas juger de la qualité de la représentation de l’univers des jeux, mais sinon les dessins sont efficaces et le style de l’artiste colle parfaitement à l’ambiance de l’histoire.

Le sommaire de l’album est complété par une galerie d’illustrations, composée de couvertures et de crayonnés.

Un bon album, qui parlera sûrement davantage aux joueurs de Mass Effect.


C’est tout pour aujourd’hui !

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A propos mdata

Administrateur et rédacteur principal de Watchtower Comics.

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