Le lundi c’est librairie ! #315

Le lundi c'est librairie !

Le lundi c’est librairie ! vous propose aujourd’hui la chronique de trois albums, édités par Glénat Comics et Delcourt Comics.

Au programme : Crimson Omnibus, Hellboy t16 et Bad ass – Jack goes to Hell.

Crimson Omnibus
Crimson Omnibus - Décembre 2017

Glénat Comics
Collection Comics

720 pages – 49€
Décembre 2017 – Cartonné

Brian Augustyn / Humberto Ramos
Humberto Ramos

Alex Elder a le sang qui bouillonne : ses amis se sont fait massacrer par une bande de motards vampires ! Mordu, l’adolescent ne doit son salut qu’à Ekimus, le dernier des Gregori, qui le transforme à son tour en vampire. Complètement déboussolé et ivre de vengeance, Alex apprend de la bouche de son sauveur qu’il n’a pas hérité que de nouvelles canines. Il serait également l’Élu d’une antique prophétie…

Dans ce pavé gigantesque se trouve l’intégralité de la série Crimson, co-création de Brian Augustyn et Humberto Ramos à la fin des années 90 où on retrouve des thématiques très en vogue à cette époque.

Il est en effet assez facile de discerner des influences de Buffy ou encore Charmed dans cette histoire de fantasy urbaine mettant en scène un adolescent transformé en vampire. Tout au long de la série, une mythologie se met en place autour du rôle d’Elu d’Alex Elder et des différents personnages de son univers. L’histoire est plutôt intéressante, même si comme dans toute série il y a parfois quelques baisses de régime.  Mais globalement cela reste d’un bon niveau du début à la fin, et cette dernière s’avère tout à fait satisfaisante donc pas de crainte à avoir d’un album qui aurait proposé une série inachevée vu que ce n’est pas le cas ici.

Tout en accusant son âge (les vampires ont depuis été dépoussiérés avec l’efficacité qu’on connait par American Vampire par exemple), Crimson a cependant plutôt bien vieilli. On retrouve certes certains passages obligés des titres comics de cette période, et les dialogues ne sont pas forcément non plus tout le temps au top niveau, mais l’édition sous forme d’intégrale de la série permet en fait de diluer ses points faibles grâce à la grande quantité d’épisodes de cet imposant volume. Il y a de très bonnes idées, et cette lecture ne s’adresse pas qu’au fan de la première heure car je ne connaissais pas du tout Crimson et cela ne m’a pas gêné au cours de ma lecture. L’univers mis en place dans Crimson est de plus très cohérent et plutôt riche, exploitant avec efficacité son pitch de départ et tout un pan de mythologie qui en découle.

Le graphisme est quant à lui assuré par Humberto Ramos, dont on reconnait au premier coup d’œil le style de cette première partie de sa carrière. C’est très dynamique, avec des découpages de planches bien pensés. On peut discerner une certaine influence du graphisme des manga dans son style, un peu trop marquée par moments au niveau des visages des personnages. Même si on reconnait d’emblée la période à laquelle ces dessins ont été faits (le style de cette période est tout de même très caractéristique), ça a plutôt bien vieilli même si sur un plan personnel je préfère nettement des travaux plus récents de Humberto Ramos dont le style a évolué depuis.

Côté bonus, c’est assez spartiate avec un court cahier d’illustrations et c’est dommage vu le caractère un peu exceptionnel de cette édition. A noter que cet omnibus est à tirage unique : il ne sera donc pas réimprimé donc s’il vous intéresse il vaut mieux ne pas trop traîner sous peine de vous retrouver ensuite victime de la méchante fée spéculation !

Un très bon album, qui ravira les amateurs de fantasy urbaine et les lecteurs de la première heure de la série.




Hellboy tome 16
Hellboy t16 - Janvier 2018

Delcourt Comics
Collection Contrebande

128 pages – 15.50€
Janvier 2018 – Cartonné

Mike Mignola
Duncan Fegredo / Gary Gianni

Deux récits distincts sont proposés dans cet album. Un très jeune Hellboy s’enfuie loin du B.P.R.D et échoue entre les griffes de démons de l’Enfer, regroupés dans un bien mystérieux cirque… Dessin de Duncan Fegredo. Hellboy reprend la mer, après un naufrage sur une île, et croise la route d’un vaisseau fantôme. Il est fait prisonnier par l’équipage qui veut le vendre à un cirque. Dessin de Gary Gianni.

Mike Mignola a beau avoir mis en scène la fin de son personnage, ce n’est pas pour autant qu’il n’a plus rien à raconter sur lui ! Cet album permet de se pencher sur deux épisodes du passé de Hellboy, en se situant à deux périodes différentes de sa vie.

Dans la première, Mike Mignola met en scène un jeune Hellboy qui s’enfuit et finit par se retrouver dans un cirque. C’est l’occasion pour l’auteur de non seulement exprimer une nouvelle fois le mal-être de la jeune créature face à ses différences envers les personnes qu’il côtoie mais également d’utiliser le cadre du cirque pour mettre en scène des êtres étranges dont les motivations ne sont guère recommandables.

L’auteur prend cependant garde à ne pas limiter son récit à un défilé de créatures, en l’ancrant dans la mythologie de l’univers de Hellboy au lieu de se contenter d’un one-shot totalement déconnecté. Cette première histoire est en tout cas captivante, notamment grâce à un rythme savamment étudié qui entraîne le lecteur dans un crescendo de tension jusqu’à son dénouement.

Pour la seconde histoire, c’est un Hellboy adulte qui est cette fois mis en scène par Mike Mignola dans un récit au rythme plus posé. L’ambiance est résolument horrifique, avec là aussi une certaine tension tout au long du récit mais qui reste cette fois plus constante. La thématique est bien trouvée, avec des passages qu’il vaut mieux éviter de lire seul le soir. J’ai préféré la première histoire, mais celle-ci est tout de même très intéressante et se lit vraiment bien.

Passons maintenant à la partie graphique, chaque récit ayant un illustrateur différent. Qu’il s’agisse de Duncan Fegredo ou de Gary Gianni, dont les styles sont tout de même très différents, la qualité est au rendez-vous avec des atmosphères parfaitement restituées dans ces deux récits.

Un excellent album, qui propose des aventures intéressantes de Hellboy.




Bad ass – Jack goes to Hell
Bad ass - Jack goes to Hell - Janvier 2018

Delcourt Comics
Collection Contrebande

96 pages – 15.50€
Janvier 2018 – Cartonné

Herik Hanna
Redec

Jack Parks est mort, abattu dans une ruelle de San Francisco. En guise de lumière au bout du tunnel, ce sont des mains décharnées qui viennent le chercher et l’entraînent jusqu’aux tréfonds de l’enfer. Là, dans la salle d’attente des services administratifs infernaux, il attend son châtiment. Mais après avoir été informé des festivités à venir, Jack décide de ne pas traîner dans le coin et s’échappe dans l’immensité du désert infernal…

Après plusieurs tomes de la série Bad ass, il est temps de retrouver son très peu recommandable protagoniste principal lorsqu’il se retrouve en Enfer suite à son décès. Mais tout comme de son vivant, Jack ne fait rien comme tout le monde.

La série Bad Ass, premier titre du label Comics Fabric de Delcourt Comics, avait été une très bonne surprise, avec un ton irrévérencieux et une très bonne exploitation des codes des comics. Dans ce volume, Herik Hanna décide de placer son personnage dans une situation qui est certes loin d’être inédite dans ce genre d’histoire (un voyage dans l’après-vie) mais en conservant le ton de sa série. Nous avons droit à une histoire menée à cent à l’heure, où Dead end en fait voir de toutes les couleurs à tous ceux qui ont le malheur de croiser son chemin peuplé de personnages improbables.

Dans cet album, le ton est acide et les situations étranges se succèdent, car en effet il y a vraiment des choses très très bizarres ! Les rebondissements sont nombreux dans cette BD survoltée et on ne s’ennuie pas une seule seconde pendant sa lecture. L’après-vie est dépeint d’une façon plutôt bien pensée, avec également pas mal de surprises à la fois pour le personnage et le lecteur. Le personnage de Dead End est toujours aussi efficace, et le moins qu’on puisse dire c’est que même mort il sème autant la pagaille que de son vivant (ce qui n’est pas peu dire). Cet album est très agréable à lire, notamment grâce à son humour bien dosé, et on ne voit vraiment pas passer le temps à sa lecture.

Côté dessin, c’est Redec qui tient les crayons, et le niveau est vraiment très bon. Son style colle parfaitement à l’ambiance de l’histoire, et les dessins sont joliment réalisés.

Un excellent album, qui remplit haut la main son office de divertissement.





C’est tout pour aujourd’hui !

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A propos mdata

Administrateur et rédacteur principal de Watchtower Comics.

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