Le lundi c’est librairie ! #297

Le lundi c'est librairie !

Le lundi c’est librairie ! vous propose aujourd’hui la chronique d’un album édité par Panini Comics.

Au programme : Punisher t5.

Punisher tome 5
Punisher t5 - Juin 2017

Panini Comics
Collection Marvel Deluxe

288 pages – 29€
Juin 2017 – Cartonné

Garth Ennis
Lan Medina / Goran Parlov

Le Punisher a l’habitude de se débarrasser de ses adversaires de façon définitive, mais cette fois, la situation est particulièrement délicate : les veuves de cinq de ses victimes s’unissent pour lui faire la peau. Quant au truand Barracuda, il a de plus gros ennuis que Franck Castle…
(Contient les épisodes US Punisher Presents Barracuda 1-5 et Punisher (MAX) 43-49, publiés précédemment dans les albums MAX : PUNISHER 10-11)

Deux histoires sont au sommaire de ce cinquième tome des aventures du Punisher, dans sa déclinaison Marvel Max écrite par Garth Ennis.

Dans la première histoire, nous retrouvons un personnage qui avait fait forte impression lors d’une aventure antérieure de Frank Castle : Barracuda. L’inénarrable colosse est en effet de retour, certes un rien abîmé suite à sa dernière rencontre avec le justicier urbain à l’emblème de tête de mort, mais toujours aussi peu recommandable. Garth Ennis a consacré tout une histoire au personnage, dans laquelle le Punisher n’est qu’évoqué, et le moins qu’on puisse dire c’est que l’auteur ne fait une nouvelle fois pas les choses à moitié.

Donnant initialement l’impression de nous livrer sa version de Dernières heures à Denver (avec même un personnage qui est le portrait craché de Christopher Walken mais plus présentable que dans le film), l’auteur nous livre en fait un récit bien barré où il en profite pour glisser au passage ses thématiques de prédilection autour de la guerre et des ingérences de grosses sociétés Américaines sur la géopolitique mondiale avec la complicité du gouvernement Américain. Comme à son habitude le turbulent auteur Irlandais ne fait pas dans la dentelle et multiplie les situations outrancières et les gags en-dessous de la ceinture. Mais une fois encore son humour noir et son sens de l’outrance font des merveilles, et tout ceci sied fort bien au personnage de Barracuda qui est un concentré d’excès sur pattes. Même si le fond de l’histoire est tout ce qu’il y a de sérieux, le second degré omniprésent et les personnages caricaturaux  font en fait passer un bon moment de détente pour peu qu’on soit réceptif à l’humour très trash de Garth Ennis. Une chose est sûre : on ne s’ennuie pas avec Barracuda !

Graphiquement, cette première histoire est également très réussie. Goran Parlov signe en effet des planches très réussies qui servent très bien le récit. L’ambiance un peu folle de l’histoire est en effet très bien restituée, sans toutefois aller trop loin dans la caricature.

La seconde histoire de ce cinquième tome, toujours signée Garth Ennis, est quant à elle beaucoup plus sérieuse. On retrouve en effet le Punisher – absent du premier récit – aux prises avec les veuves de quelques unes de ses anciennes victimes. Mais une femme mystérieuse vient compliquer une situation qui n’était déjà pas forcément simple à gérer par le Punisher.

Avec cette histoire, Garth Ennis brouille les cartes et joue avec le lecteur. De prime abord, on pourrait penser que pour une fois l’auteur se positionne de l’autre côté de la ligne séparant l’implacable justicier urbain de ses victimes, en montrant des personnages qui ont souffert de sa vendetta sans fin. Mais en fait pas du tout, car au fil des pages on se rend compte qu’une fois encore les personnages qu’on pourrait être tenté de plaindre ne sont vraiment pas recommandables et sans aller jusqu’à dire que les veuves n’ont que ce qu’elles méritent (même si c’est tentant, car Garth Ennis a bien chargé la mule dans leur caractérisation) il est difficile d’avoir de l’empathie pour elles une fois passé le premier élan qui peut donner envie d’en éprouver.

Cette histoire est particulièrement sombre, avec une fois encore Frank Castle qui affronte la face la plus sombre de l’âme humaine en éliminant des individus qui représentent le Mal à l’état le plus primaire. C’est aussi l’occasion pour l’auteur de montrer une facette assez inattendue du personnage, à savoir sa propension à péter les plombs encore plus que d’habitude dans certaines circonstances, ce qui lui finit d’ailleurs par lui jouer des tours.

Le côté sombre, et même sordide de l’histoire est également dû au personnage de la mystérieuse femme qui y tient un rôle très important sur lequel je ne peux pas trop insister pour ne pas faire de spoiler. Là aussi, l’auteur ne fait pas les choses à moitié en présentant un personnage particulièrement abîmé par la vie, mais sans non plus que cela soit gratuit car au contraire de ce qu’on tendance à faire d’autres auteurs le glauque et le trash ne sont pas pour Garth Ennis une fin en soi. Le ton de cette seconde histoire tranche donc radicalement après le délire des aventures de Barracuda, mais elle s’avère être la plus intéressante de l’album : c’est un récit poignant, implacable et sans concession sur le thème de la vengeance, qui est au cœur du concept du Punisher.

Du côté du graphisme, c’est Lan Medina qui officie pour cette seconde histoire et le résultat est vraiment très bon. L’artiste restitue en effet à merveille le côté très sombre de l’histoire, ainsi que sa violence.

Un excellent album, qui permet d’apprécier la variété du style de Garth Ennis entre rire et larmes.




C’est tout pour aujourd’hui !

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Administrateur et rédacteur principal de Watchtower Comics.
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