Le lundi c’est librairie ! #268

Le lundi c'est librairie !

Le lundi c’est librairie ! vous propose aujourd’hui la chronique de deux albums édités par Delcourt Comics.

Au programme : Hellwspawn intégrale et Birthright t4.

Hellspawn intégrale
Hellspawn intégrale - Janvier 2017

Delcourt Comics
Collection Contrebande

432 pages – 34.95€
Janvier 2017 – Cartonné

Brian Michael Bendis / Todd McFarlane / Steve Niles
Ben Templesmith / Ashley Wood

 

Réunie en un seul volume de plus de 400 pages, Hellspawn repousse les limites du fantastique horrifique grâce aux talents conjugués des plus grands créateurs de ces vingt dernières années, au service du rejeton de l’Enfer créé par Todd McFarlane !
Spawn est une série créée par Todd McFarlane en 1992. Dans Hellspawn, le personnage et les ambiances évoluent sous la plume de géants de la BD US (Bendis, Niles, Wood et Templesmith), qui redéfinissent totalement le mythe et l’univers de cet anti-héros incomparable. Cette intégrale reprend l’ensemble des épisodes de la série, agrémentée des couvertures et d’illustrations inédites.



En marge de la série régulière Spawn, Hellspawn est une déclinaison un peu particulière de la création de Todd McFarlane. On retrouve certes le personnage de Spawn et les fondamentaux de son univers, mais l’ambiance est différente.

Laissant de côté tout ce qui ressemble de près ou de loin à du super héros (même si Spawn et son univers ne sont pas franchement dans les canons du genre), Brian Michael Bendis et Steve Niles nous ont concocté une suite de récits à l’ambiance très sombre. On se croit vraiment en plein film d’horreur avec cette plongée non pas au sein de l’enfer en tant que notion religieuse (même si cet aspect est loin d’être absent) mais comme étant la partie sombre de la psyché humaine dans tout ce qu’elle a de plus sombre à offrir. Hellspawn est une série totalement désespérée, où toute lumière est totalement absente et où il ne se passe rien de positif (sauf peut être la fin de l’album, et encore). C’est intéressant à lire, avec une bonne exploitation du folklore de Spawn, mais en tout cas ce n’est pas une lecture à recommander quand on n’a pas le moral car ce n’est pas avec le contenu de ces pages que ça va s’arranger ! Cet album donne l’impression de pousser le concept de Spawn jusque dans ses derniers retranchements, et ce en ayant retiré l’essentiel de sa composante orientée action. Si vous aimez les histoires très sombres et l’horreur bien glauque (pas forcément très graphique) , cet album est fait pour vous.

La partie graphique de l’album est tout aussi sombre et déstabilisante que le scénario. Ashley Wood et Ben Templesmith mettent leurs styles particuliers au service de l’histoire, et leur trait donne corps au côté torturé et sombre de l’album. Je conseille un feuilletage pré-achat pour s’assurer que le graphisme vous convient, particulièrement si vous êtes habitués à la version plus classique de Spawn.

Les bonus consistent en une série d’études de personnages, de croquis de recherche et de couvertures.

Un très bon album, désespéré mais intéressant.

 




Birthright tome 4
Birthright t4 - Février 2017

Delcourt Comics
Collection Contrebande

144 pages – 16.50€
Février 2017 – Cartonné

Joshua Williamson
Andrei Bressan

 

Un membre de la famille Rhodes, que l’on pensait disparu, refait surface. Même réunie, est-ce que la famille saura faire face aux dommages déjà causés ? On pourrait y croire, d’autant plus qu’une trêve est instaurée entre les différents mages… Mais c’est le moment choisi par les forces maléfiques qu’abrite Mikey pour se déchaîner. Rya, quant à elle, doit faire face à un accouchement… compliqué.


Depuis le premier tome de la série, Joshua Williamson ne cesse de surprendre le lecteur. Alors qu’on pourrait penser au vu du pitch initial qu’on était plus ou moins dans une relecture de Jumanji, il s’avère tome après tome qu’il n’en est rien et que l’auteur nous a réservé une intrigue plus complexe qu’on ne pouvait le supposer au départ.

Dans ce quatrième tome, l’auteur complexifie son univers en l’étoffant au moyen de personnages supplémentaires dont il raconte le passé et surtout les interactions. Il y a pas mal de rebondissements et de très bonnes idées bien exploitées, qui contribuent à rendre cette histoire tout à fait passionnante. Il reste certes des zones d’ombre, et on peut penser que Joshua Williamson a encore plus d’un tour dans son sac pour surprendre le lecteur, mais on peut apprécier que des questions trouvent régulièrement des réponses. Du coup il n’y a pas de sentiment de frustration avec un auteur trop cachottier, ni de sentiment de précipitation avec un récit qui aurait grillé d’entrée toutes ses cartouches, tout est parfaitement dosé et le rythme du récit est bien dosé. Dans ce nouveau tome, nous avons droit à des scènes d’action très spectaculaires (avec un invité imprévu dans un combat qui s’annonçait déjà comme bourrin avant son arrivée) mais aussi des moments plus intimistes où la psychologie des personnages n’est pas négligée. Ces derniers bénéficient par ailleurs d’une caractérisation soignée, ce qui est un plus non négligeable en ne donnant pas l’impression de suivre les péripéties de personnages « génériques » comme cela peut arriver dans certaines histoires. Au fur et à mesure qu’on avance dans la série, cette dernière s’avère être de plus en plus intéressante et ce n’est pas ce tome qui fera exception.

La partie graphique, signée Andrei Bressan, est quant à elle particulièrement réussie. Le style de l’artiste colle à merveille aux mots de l’auteur et nous avons droit à des planches magnifiquement réalisées.

Un excellent album, et une série qui se bonifie de tome en tome.

 




C’est tout pour aujourd’hui !

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