Le lundi c’est librairie ! #256

Le lundi c'est librairie !

Le lundi c’est librairie ! vous propose aujourd’hui la chronique de trois albums.

Au programme : Le maître des tapis, Dead body road et Outcast t3.

Le maître des tapis
Le maître des tapis - Novembre 2016

Delcourt Comics
Collection Les enfants gâtés

24 pages – 14.50€
Novembre 2016 – Cartonné

Olivier Bleys
Alexis Nesme

Fedor n’est pas un simple marchand de tapis. Il connaît le moyen de transformer un banal rectangle de tissu en un formidable véhicule capable de l’emporter à travers les airs. Ce pouvoir, il l’a reçu et il doit le transmettre à son tour avant de disparaître. Mais qui s’intéresse encore aux tapis de nos jours Et pourquoi pas Danil, ce jeune braconnier qu’il vient de sauver des soldats du boyard ?


Dans une ambiance qui fait fortement penser aux contes, Olivier Bleys nous raconte une histoire dont le thème est certes classique mais dont l’universalité fait qu’elle ne se démode pas : la transmission d’un savoir, voire même d’une tradition. L’histoire est assez courte, ce qui peut s’expliquer par le jeune public visé (ce qui se sent avec le ton employé), mais elle est en tout cas joliment racontée. De page en page, c’est avec plaisir que l’on suit les aventures de Danil, qui va apprendre à devenir un maître des tapis. Il est juste dommage qu’à cause de la concision de l’histoire, certains points qui auraient gagné à être développés ne sont qu’esquissés. Mais en tout cas la lecture reste plaisante, et devrait satisfaire les jeunes lecteurs qui ont ainsi droit à une histoire intéressante et bien racontée.

Côté graphisme, c’est Alexis Nesme qui signe le dessin et la colorisation et le résultat est somptueux, l’ambiance de livre de contes étant tout à fait bien restituée par le travail de l’artiste. Les planches sont magnifiquement réalisées, et en plus le format géant de l’album (27,2 x 35,6 cm) les met très en valeur.

Côté bonus, il y a une partie du livre qui se déplie, pour permettre de fabriquer un pop-up plutôt joli.

Un bon album, qui peut faire un joli cadeau de fin d’année pour les jeunes lecteurs.




Dead body road
Dead body road - Novembre 2016

Delcourt Comics
Collection Contrebande

144 pages – 15.95€
Novembre 2016 – Cartonné

Justin Jordan
Matteo Scalera

Orson Gage a une mission : assassiner tous ceux, sans exception, qui sont impliqués dans la mort de sa femme. Sa route le mène tout droit en Enfer. Mais Orson Gage s’en fout. Il n’a plus rien à perdre. Entre courses de voitures, meurtres, fusillades et action non-stop, rien ne l’arrêtera dans sa quête de vengeance ultime.


La vengeance est un thème qui marche généralement assez bien dans le domaine de la fiction, que cela soit au cinéma, à la télévision ou à l’écrit. C’est donc de vengeance dont il est question dans cette histoire de Justin Jordan, avec un homme qui cherche à venger la mort de sa femme. Sauf qu’une fois qu’on a dit ça, on a presque tout dit, car l’histoire est assez creuse. En fait, l’histoire ne semble qu’un prétexte pour aligner des scènes de violence gratuite, un peu comme dans Luther Strode, également de la plume de Justin Jordan. Après, il est clair que vu le pitch de l’album on ne demandait pas non plus à l’auteur une dissertation sur la condition humaine ou autre sujet éminemment philosophique, j’en suis conscient. Mais là franchement vu comment se déroule l’histoire et la pauvreté des dialogues j’ai presque été surpris qu’il n’y ait pas d’Audi ou de Yamakasi dans ce récit (ceux qui ont compris expliquent aux autres :p). Toujours est-il que si vous cherchez un divertissement vraiment bas du front et premier degré qui aligne les scènes de violence gratuite, cet album vous plaira. Moi, je me suis ennuyé et pour être honnête j’ai même eu du mal à le finir, ce qui m’arrive assez rarement.

La partie graphique de l’album est quant à elle assurée par Matteo Scalera et je dois avouer que là aussi j’ai été déçu. Pourtant dès le début de l’album le style très dynamique de l’artiste fait merveille pour dépeindre l’histoire, mais le souci est qu’au fil du temps la qualité du dessin ne fait que diminuer et la dernière partie donne vraiment un sentiment de bâclé.

Un album décevant, dont la lecture m’a particulièrement ennuyé.




Outcast tome 3
Outcast t3 - Novembre 2016

Delcourt Comics
Collection Contrebande

144 pages – 16.50€
Novembre 2016 – Cartonné

Robert Kirkman
Paul Azaceta

Kyle Barnes doit pratiquer l’exorcisme le plus émotionnellement intense de sa vie, alors qu’il commence tout juste à maîtriser ses capacités… et à comprendre ce qui se passe réellement autour de lui… Les pièces du puzzle se mettent petit à petit en place, et des secrets sont révélés. Des secrets qui risquent de tout changer…


Dans ce troisième tome de sa série horrifique, Robert Kirkman continue de révéler de sombres secrets sur les protagonistes de son univers. Le personnage de Kyle est approfondi, et on peut constater toute la puissance de ses pouvoirs lorsqu’il pratique des exorcismes. Mais cependant cet album me fait penser que l’auteur joue un peu la montre et ralentit sciemment la progression de l’intrigue. Cela n’entache pas les qualités de cet album, qui est tout aussi intéressant que les précédents, mais c’est un peu frustrant à la lecture parce qu’on sent bien que Robert Kirkman se retient. En tout cas cela reste vraiment très intéressant, le folklore des exorcismes est parfaitement utilisé et les redoutables créatures qui s’opposent à Kyle sont tout à fait effrayantes, preuve s’il était besoin que l’auteur n’a pas besoin de zombies ou de battes entourées de barbelés pour effrayer le lecteur. La caractérisation des personnages est par ailleurs soignée, chacun ayant son rôle à jouer sans être interchangeable. Bref, cet album est une nouvelle fois une réussite, même si on a parfois envie de demander à l’auteur de passer la seconde !

Paul Azaceta signe quant à lui des planches parfaitement réussies, qui servent très bien le récit. L’ambiance horrifique est vraiment très bien rendue, on est vraiment dans un registre très sombre qui colle très bien à l’histoire. Et on appréciera d’ailleurs au passage qu’il n’y ait pas de recours à une horreur plus graphique, qui aurait desservi l’ambiance effrayante.

Un excellent album, même si on aimerait bien que l’auteur accélère un peu le mouvement.

 




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2 réponses à Le lundi c’est librairie ! #256

  1. JN dit :

    Tu as raison : Dead Body Road c’est bien bourrin mais j’ai apprécié quand même (juste après avoir lu The Escapists hier, ça fait bizarre comme enchaînement quand même…)

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