Le lundi c’est librairie ! #9

Le lundi c'est librairie !

Cette semaine, Le lundi c’est librairie ! se tourne vers la VO et est consacré à une série dont la fin restera visiblement inédite en VF, à savoir Ex Machina de Brian K Vaughan et Tony Harris.

Je vous propose donc de nous intéresser aux quatre TPB qui font directement suite aux six volumes édités par Panini, et qui terminent la série.


Ex Machina 7Ex Machina 7 : Un très bon album très Lostien

Avec ce volume, on retrouve une thématique qui est assez familière pour les gens qui ont suivi la série Lost (sur laquelle Vaughan a d’ailleurs travaillé) : le contraste entre l’homme de science et l’homme de foi. Et dans l’univers d’Ex Machina, ce contraste s’exprime à travers l’homme qui parle aux machine et le chef de l’Eglise Catholique. Mitchell Hundred est en effet amené à faire un voyage diplomatique au Vatican pour rencontrer le Pape, dans une aventure passionnante de bout en bout. Comme dans les tomes précédents, nous en apprenons un peu plus sur Hundred, à travers les flashbacks de sa période « Great Machine » et des évènements plus contemporains. Mais Vaughan reste fidèle à ses habitudes narratives et ne livre des éléments qu’au compte-gouttes, ce qui est parfois un peu frustrant (d’autant que les révélations de cet album, assez surprenantes sur les pouvoirs de Hundred, donnent vraiment envie d’en savoir plus). Du côté du dessin, Tony Harris livre un travail similaire aux albums précédents, et c’est très réussi. L’album se termine sur un récit centré sur le Commissaire Angiotti, qui nous permet de mieux connaître le personnage et d’explorer l’évolution de sa relation avec Hundred et qui est tout aussi intéressant que le récit précédent.


Ex Machina 8Ex Machina 8 : Tout simplement passionnant

L’album commence par un bref récit assez mystique, qui permet d’explorer un peu la relation souvent tendue entre Hundred et Wylie, ainsi qu’une part peu connue de l’histoire de New York. C’est court, mais plutôt bien fichu. On passe ensuite à l’arc principal du TPB, où Mitchell Hundred doit à la fois gérer un évènement important dans son activité de maire de New York et les conséquences de son activité passée de justicier masqué. Et pour ne rien arranger, son ancien acolyte Kremlin semble décidé à mener à bien un plan tordu. Encore une fois, il n’y a rien à redire, le récit fonctionne parfaitement et montre à quel point être maire de New York n’est pas chose aisée (il faut dire aussi que Hundred est loin d’être chanceux). Du côté du dessin, cet arc (comme l’épisode qui ouvre l’album) sont toujours aussi agréablement dessinés. L’album se termine ensuite sur un autre récit court, où nous pouvons voir ce qui s’est passé juste après l’accident qui a donné ses pouvoirs à Mitchell Hundred. C’est intéressant à lire, mais par contre le dessin est cette fois signé John Paul Leon, et même si ce n’est pas forcément vilain c’est un bon cran en dessous du travail de Tony Harris.

 


Ex Machina 9Ex Machina 9 : Vaughan abat ses cartes

Pour commencer cet album, nous avons droit à une histoire assez originale : Mitchell Hundred souhaite lancer un projet pour une adaptation en comics de sa vie, et pour ce faire auditionne…Brian K Vaughan et Tony Harris. C’est assez amusant de voir l’auteur et son personnage se rencontrer (même si j’ai déjà vu ça avec d’autres auteurs/héros, comme par exemple Cary Bates et Flash ou John Byrne et les FF), et je vous laisse la surprise du résultat final… 😉 Le récit qui suit est comme dans le tome précédent dessiné par John Paul Leon, donc le niveau descend par rapport à l’épisode qui ouvre l’album. Du côté du scénario, c’est plutôt intéressant et ouvre la voie vers des interrogations sur la nature de Hundred. On passe ensuite à l’arc qui constitue l’essentiel de ce TPB, et le moins qu’on puisse dire, c’est que Vaughan ne fait pas les choses à moitié. On apprend beaucoup de choses dans ces épisodes, sur Mitchell Hundred, les raisons de son accident, le plan de Kremlin…les pièces du puzzle entamé lors du premier volume de la série commencent à se mettre en place et le final se dessine. Je ne regrette qu’une chose sur ces épisodes, c’est qu’ils font beaucoup plus appel au gore que le reste de la série. Je ne prétends pas qu’Ex Machina faisait dans la dentelle jusque là, mais certains passages de cet arc sont particulièrement durs et cela m’a un peu gâché mon plaisir de lecture. Mais en dehors de ça, cette histoire est très intéressante.


Ex Machina 10Ex Machina 10 : Un final parfaitement réussi

Maintenant que le décor est planté, il est temps de jouer le dernier acte ! La majeure partie de l’album est consacrée à l’arc qui continue sur la lancée du précédent, avec moins de flashbacks (on a toutes les cartes en main à ce stade de l’histoire) et pas mal d’action. Cet arc est rondement mené, avec un scénario impeccable et un dessin parfaitement réussi. Je ne peux pas en dire plus sans faire de révélations sur l’histoire mais je peux vous garantir que si vous avez aimé Ex Machina jusque là (et on peut le supposer au bout de 9 volumes !), cet arc ne vous décevra pas. Et pour conclure, comme dans Y le dernier homme, Vaughan termine proprement sa série avec un épilogue où tout ce qui a été mis en place en dix albums est résolu (et oui on sait à qui Hundred parle depuis le début). Le seul petit hic de cet ultime album, c’est que l’on voit Mitchell Hundred différemment après l’avoir lu, même si les indices sur sa personnalité telle que montrée dans cet album étaient déjà présents tout au long de la série de façon assez subtile. Bon, en tout cas avec ce TPB Ex Machina est désormais terminée, et même si je n’irais pas jusqu’à hisser cette série parmi mes préférées j’ai eu beaucoup de plaisir à lire ces albums, que ce soit en Français ou en Anglais.

 


 

Voilà, c’est fini pour aujourd’hui. La semaine prochaine, retour à l’actualité avec quatre albums parus la semaine dernière.