Le lundi c’est librairie ! #79

Le lundi c'est librairie !

Comme promis la semaine dernière, c’est un spécial polar que vous propose Le lundi c’est librairie ! aujourd’hui.

Je vous propose de nous intéresser cette semaine à A history of violence, Les sentiers de la perdition t1, Les sentiers de la perdition t2 et Les sentiers de la perdition t3.

A history of violenceA history of violence : Une très bonne histoire malgré quelques scènes un peu choquantes

Dans A history of violence, un homme ayant déjoué le braquage de son restaurant situé dans une petite ville voit son passé revenir le hanter. John Wagner raconte ici l’histoire d’un homme qui pensait avoir mis derrière lui un passé sombre, mais qui va apprendre à ses dépends que l’on n’échappe pas aux conséquences de ses actes. Le récit est très intéressant, l’auteur dévoilant progressivement ce que Tom Mc Kenna (le personnage principal du récit) cachait et lui faisant subir une vengeance implacable. Le seul reproche que je ferais à ce récit, c’est la présence de quelques passages très durs, voire presque choquants par leur caractère barbare. Certes, les gangsters ne sont pas des enfants de choeur et se font rarement des mamours quand ils sont opposés, mais je trouve que l’auteur a un peu chargé la barque, surtout vers la fin. L’histoire reste cependant très intéressante malgré ce petit bémol.

Du côté du graphisme, signé Vince Locke, c’est très bon et le noir et blanc atténue un peu certaines scènes qui auraient été plus difficiles à regarder en couleurs.

Un très bon album, mais qui à mon avis aurait été encore meilleure en levant le pied sur le glauque.

A history of violence – Delcourt – 292 pages – souple – 17,95€


Les sentiers de la perdition 1Les sentiers de la perdition t1 : Un excellent récit, fort bien écrit

Les sentiers de la perdition se situe à l’époque de la Grande Dépression. Dans ce contexte difficile, Michael O’Sullivan, tueur à la solde d’un gang surnommé l’Ange de la mort, est trahi par le chef du gang. L’histoire de Max Allan Collins, qui raconte la trahison et la vengeance de Michael O’Sullivan, n’est pas qu’une simple histoire de gangsters. C’est également une histoire mettant en avant les relations père/fils, que ce soit celle entre l’Ange et son fils ou celle entre Looney (le chef du gang) et le sien qui en fait veulent la même chose : protéger leur enfant. Dans un cadre historique très bien restitué, l’auteur nous livre une histoire passionnante où on ne s’ennuie pas une seconde et où les personnages sont parfaitement caractérisés, sans stéréotypes ni lieux communs.

La partie graphique, assurée par Richard Piers Rayner, est très réussie, les personnages réels étant de plus parfaitement reconnaissables.

Un excellent album, qui m’a donné envie de voir le film qui en a été tiré.

Les sentiers de la perdition tome 1 – Delcourt – 292 pages – souple – 17,95€


Les sentiers de la perdition 2Les sentiers de la perdition t2 : Trois récits très réussis

Dans ce second album, Max Allan Collins nous emmène de nouveau à l’époque de la Grande Dépression pour suivre les péripéties de Michael O’Sullivan et son fils. Ces trois récits se déroulent pendant la cavale de l’Ange de la mort et de son fils, relatée dans le premier volet, et apportent plus de profondeur à leur périple en donnant davantage de détails. Proposant comme pour le premier album une reconstitution historique soignée, l’auteur nous propose trois récits fort intéressants mêlant habilement des éléments réels et fictionnels. On ne s’ennuie pas du tout à la lecture de cet album, tout aussi réussi que le précédent et qui ne donne absolument pas une impression de remplissage comme c’est le cas sur certains travaux d’auteurs qui exploitent leurs concepts ayant fonctionné jusqu’à la corde. Cet album enrichit le récit initial, sans que pour autant sa lecture soit indispensable si on veut « juste » lire l’histoire de Michael O’Sullivan…mais ce serait dommage de passer à côté. 🙂

Graphiquement, c’est également une réussite avec des planches très soignées de Jose Luis Garcia-Lopez et Steve Lieber.

Un excellent album, qui complète très bien le premier tome de la série.

Les sentiers de la perdition tome 2 – Delcourt – 292 pages – souple – 17,95€


Les sentiers de la perdition 3Les sentiers de la perdition t3 : Une très bonne conclusion pour la série

Après deux albums se situant à l’époque d’Al Capone, Max Allan Collins fait un bond dans le temps et situe son histoire dans les années 1970. Ce troisième opus a pour personnage central le petit-fils de Michael O’Sullivan, qui ne porte pas son nom et n’a jamais entendu parler de l’histoire sanglante de sa famille (et sans le résumé au dos de l’album on ne sait pas qui il est car l’auteur ne le révèle pas d’entrée). Ancien prisonnier de guerre pendant la guerre du Vietnam, il se voit proposer une étrange mission, et va se retrouver confronté à l’histoire de sa famille. Le changement d’époque n’a en tout cas pas changé les qualités d’écriture de la série, car ce troisième tome est tout aussi réussi que ses prédécesseurs. Même si le changement d’époque induit un changement de ton, l’auteur nous livre là une histoire fort intéressante et plus complexe qu’elle ne le parait au départ. Comme dans les deux premiers volets, la violence est présente sans être gratuite, et le cadre historique est fort bien restitué.

Du côté du dessin, c’est Terry Beatty qui officie sur ce dernier volet et ses planches sont très réussies.

Un très bon album, qui conclut efficacement la série.

Les sentiers de la perdition tome 3 – Delcourt – 192 pages – souple – 14,95€


Et voilà, c’est tout pour aujourd’hui.

La semaine prochaine, Le lundi c’est librairie ! s’intéressera de nouveau à l’actualité VF avec la chronique de quatre albums récents.

A propos mdata

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2 réponses à Le lundi c’est librairie ! #79

  1. JN dit :

    J’ai acheté le tome 1 des Sentiers de la Perdition (trouvé la semaine dernière en occaz, mais avec l’affiche du film en couverture) et je l’ai fini ce soir.
    Effectivement, c’est un très bon récit et on s’attache à ce père et son fils en cavale, leur relation est pour beaucoup dans le plaisir que j’ai eu à lire cette histoire.

    • mdata dit :

      Je suis content que cela t’ait plu. Les deux suivants sont bons aussi 🙂 Il faudrait que je parle du film à l’occasion, je l’ai découvert il n’y a pas si longtemps que ça 🙂

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