Le lundi c’est librairie ! #352

Le lundi c'est librairie !

Le lundi c’est librairie ! vous propose aujourd’hui la chronique de quatre albums édités par Glénat Comics.

Au programme : Klaus t1, Lady Mechanika t5, Southern Cross t1 et Winnebago graveyard.

Klaus tome 1
Klaus t1 - Novembre 2018

Glénat Comics
Collection Comics

224 pages – 22€
Novembre 2018 – Cartonné

Grant Morrison
Dan Mora

Les origines « bad-ass » du Père Noël !
Dans un monde médiéval fantastique, un trappeur itinérant du nom de Klaus entre dans l’enceinte de Grimsvig. Mais la ville a bien changé depuis sa dernière visite… Celle qui respirait la joie de vivre est désormais dirigée d’une main de fer par le tyran Magnus, qui a enrôlé de force tous les hommes valides pour travailler aux mines de charbons de la région. Et ce n’est pas tout, ses soldats sèment la terreur, interdisant la cérémonie du solstice d’hiver et sa traditionnelle remise de cadeaux. Sous ses airs taciturnes, Klaus sera-t-il l’homme capable de faire revenir le soleil dans le cœur des habitants ?
Une édition grand-format noir et blanc paraîtra simultanément. Augmentée de matériel graphique inédit, elle permettra de profiter pleinement du travail de Dan Mora, lauréat du Eisner Award du meilleur dessin sur cette série.

Tout le monde connait le Père Noël et sa mission annuelle, déclinée sous mille et une formes. Mais qu’en est-il de ses origines, de son passé et de sa jeunesse ?

Voici une question à laquelle Grant Morrison a entrepris de répondre, mais d’une façon pour le moins originale : l’auteur qui a revisité Batman a en effet choisi de revisiter le Père Noël (Santa Claus en VO) sous le prisme du super-héros, argumentant en introduction qu’il s’agit pour lui justement du super-héros le plus connu de tous les temps mais aussi le plus mystérieux.

Nous voici donc emmenés dans un passé médiéval teinté de fantastique, où un certain Klaus fait face à un tyran lors de la fête de Yule,  le rituel Païen qui est l’ancêtre de Noël pour les peuples germaniques. Tous les éléments sont réunis par Grant Morrison pour nous offrir du grand spectacle, mettant en scène Klaus dans une histoire très bien ficelée avec des scènes d’action qui font voir le Père Noël différemment et des passages très émouvants sans non plus en faire de trop.

Nous avons droit dans cet album à une origin story dans les règles de l’art, avec tous les aspects du mythe du Père Noël qui trouvent leurs racines à un moment ou à un autre de l’histoire. Tout s’enchaîne avec une grande fluidité, sans que rien ne semble gratuit ou forcé : on n’est en effet pas du tout pas dans le registre du « Hé ami lecteur, je glisse ici un clin d’œil pour te titiller », car chaque chose est à sa place et tout est justifié.

Du côté du dessin, le trait de Dan Mora est juste parfait pour mettre l’histoire en images. L’artiste nous offre en effet des planches somptueuses, qui restituent à merveille l’ambiance de l’histoire et font là aussi voir un Père Noël très différent du jovial vieillard bedonnant dont nous avons l’habitude. Mention spéciale au splendide dessin final de l’album, qui fait refermer le livre avec une petite touche de magie dans la tête qui est loin d’être désagréable.

Le sommaire de l’album est complété par une galerie de couvertures variantes, ainsi que par l’introduction de Grant Morrison qui lui permet d’expliquer son projet.

Un excellent album, qui mérite largement de figurer dans votre lettre au Père Noël !


Lady Mechanika tome 5
Lady Mechanika t5 - Octobre 2018

Glénat Comics
Collection Comics

112 pages – 14.95€
Octobre 2018 – Cartonné

Marcia Chen / Joe Benitez
Joe Benitez / Martin Montiel

Mais qui est la véritable Lady Mechanika ?
Une série de meurtres frappe la ville. L’inspecteur Singh commence à douter alors que son enquête le mène tout droit sur le palier de Lady Mechanika. Est-elle bien celle qu’elle prétend, une héroïne combattant le crime ? Ou une tueuse de sang-froid ?

Tome après tome, Lady Mechanika reste un personnage très mystérieux, y compris pour elle-même. Ce tome apportera-t-il des réponses aux questions posées sur l’énigmatique femme aux prothèses métalliques ?

Dans une ambiance Steampunk toujours aussi soignée, Marcia Chen et Joe Benitez nous proposent une chasse à l’assassin en jouant avec les nerfs du lecteur : est ce que par hasard l’héroïne dont ils suivent les aventures ne serait pas une meurtrière ? Après tout, Agatha Christie elle-même a déjà exploré cette facette du toujours efficace « whodunnit » en faisant du narrateur (et personnage principal) d’un de ses romans le meurtrier dont il était question.

Tout au long de l’album, nous assistons donc à l’enquête menée pour élucider les meurtres dont Lady Mechanika est accusée. L’histoire tient très bien la route, avec une succession de fausses pistes pour leurrer le lecteur. L’ambiance steampunk marche formidablement bien pour donner un cadre irréel à l’histoire, et permettre ainsi toutes les audaces sans se laisser enfermer par le carcan de la science et de la vraisemblance vis-à-vis de cette dernière. L’univers de Lady Mechanika, qui met la science à l’honneur, est toujours aussi efficace et c’est avec grand plaisir que l’on retrouve l’aventurière de chair, de sang et de métal dans ses nouvelles aventures.

Ce cinquième tome, riche en action, est passionnant d’un bout à l’autre. L’aura de mystère qui plane autour de Lady Mechanika est toujours aussi efficace, et ce d’autant plus dans le court récit qui ferme l’album car de nouvelles questions viennent se poser aux nombreuses qui n’ont pas trouvé de réponse. Mais d’un autre côté, devons-nous vraiment avoir ces réponses, ou se dire que le personnage est d’autant plus intéressant qu’il est mystérieux ?

La partie graphique, signée Joe Benitez et Martin Montiel, est quant à elle très réussie.On retrouve bien cette ambiance de steampunk prompte à emmener le lecteur vers une époque fantasmée et fascinante à la fois, qui donne à la série un cachet très agréable.

Côté bonus, une galerie de couverture complète le sommaire.

Un excellent album, captivant de bout en bout.


Southern Cross t1
Southern Cross - Octobre 2018

Glénat Comics
Collection Comics

160 pages – 15.95€
Octobre 2018 – Cartonné

Becky Cloonan
Andy Belanger

Prêts pour un voyage au bout de l’espace ?
Dans un futur où l’humanité a colonisé le système solaire, Alex Braith monte à bord du Southern Cross, un tanker en direction de l’usine de raffinerie installée sur la lune de Titan, pour enquêter sur la mort récente de sa sœur. Mais alors qu’elle cherchait une réponse, d’autres questions s’accumulent : pourquoi sa camarade de cabine a-t-elle aussi disparu ? Qui est ce type inquiétant qui rôde sur le pont ? Et pourquoi Alex a-t-elle sans arrêt l’impression d’être observée ?

Dans un futur où le voyage spatial est nettement plus courant qu’à notre époque, Becky Cloonan nous emmène en plein mystère tandis que nous suivons les pas d’une jeune femme qui enquête sur la mort de sa sœur.

Partant d’une intrigue sommes toutes assez classique, à savoir le personage qui cherche des réponses sur le décès mystérieux d’un proche, l’autrice ne ménage pas sa peine pour nous proposer une histoire qui n’a par contre rien de classique. Le cadre déjà change la donne : un vaisseau spatial en route vers Titan, ce n’est pas banal ! Mais on se rend compte très vite que rien n’est simple dans cette histoire, au fur et à mesure que des indices nous sont donnés.

L’intrigue est gérée avec beaucoup d’efficacité dans cet album, qui est passionnant d’un bout à l’autre. Au fur et à mesure de son avancement, Becky Cloonan abat tranquillement ses cartes pour nous montrer ce qu’elle a en tête, mais avec un dosage du rythme redoutablement efficace. De fait, le lecteur ne se sent jamais lésé car on lui cache des choses, mais en même temps l’autrice ne grille pas ses cartouches trop vite en gardant des surprises en réserve.

Ce tome, plaira sans nul doute aux amateurs de mystère dans un cadre de science fiction, notamment grâce à une ambiance très efficacement mise en place.  L’ennui est totalement absent lors de la lecture de cet album, et pour le coup on est même un peu surpris lorsqu’on arrive à la fin car il a même un goût de trop peu.

La partie graphique, signée Andy Belanger, est de son côté très soignée. En plus de nous offrir des cases très joliment réalisées, l’artiste n’hésite pas à faire appel à une mise en page originale et bien fichue qui sort le lecteur de la routine des planches qu’il a l’habitude de voir.

Une galerie de couverture complète le sommaire de cet album.

Un excellent album, qui offre au lecteur un fascinant voyage au cœur du mystère.


Winnebago Graveyard
Winnebago Graveyard - Octobre 2018

Glénat Comics
Collection Comics

144 pages – 15.95€
Octobre 2018 – Cartonné

Steve Niles
Alison Sampson

Des vacances de rêve qui tournent au cauchemar…
Au cours d’un road-trip, une famille américaine s’arrête aux abords d’un carnaval très typique au sud de la Californie. Mal à l’aise face aux spectacles de freaks de la foire, ils décident de vite retourner à leur camping-car, découvrant avec effroi que celui-ci a disparu ! Désarmés, ils se rendent à la ville la plus proche pour signaler le vol et débarquent dans une paisible petite bourgade où tout le monde semble parfait. Beaucoup trop parfait…

Les petites villes Américaines sont souvent le point de départ de récits où la face obscure de l’âme humaine est dévoilée. Comme le pitch le laisse deviner, c’est le cas dans cet album.

Steve Niles nous raconte donc la descente aux enfers d’une famille qui se retrouve coincée dans une petite ville. D’entrée de jeu, l’auteur annonce la couleur : il se passe des choses vraiment dégoûtantes, sur fond de satanisme et de rituels pas franchement jolis à voir. On se doute alors très vite ce qui va se passer, et le lecteur amateur de gore ne va pas être déçu du voyage tandis que son comparse à l’estomac plus délicat serait avisé d’avoir un petit sac en papier pas loin…

Le thème du voyageur arrivant dans un endroit où il va souffrir est loin d’être nouveau, et a donné lieu à pas mal d’utilisations plus ou moins heureuses. Ici, le souci est qu’on ne sait pas trop ce que l’auteur a voulu raconter : en fait, l’histoire – qui est très brève avec ses 4 épisodes – se contente finalement de montrer le martyre de la famille de passage sans que cela n’apporte quoique ce soit. Cela donne un récit assez confus et finalement gratuit, avec ce sentiment de surenchère dans les châtiments corporels qui semble totalement gratuite.

La partie graphique est quant à elle assurée par Alison Sampson, très à l’aise pour illustrer l’histoire avec des dessins très gore. Cependant en dehors de cet aspect qui plaira sans nulle doute aux amateurs de tripes qui dégoulinent, de ketchup sur les murs ou de visages arrachés, son style est très particulier et les planches sont correctes mais sans plus.

Côté bonus, le sommaire de l’album est complété par beaucoup de contenus : une présentation de la construction de l’histoire, des textes sur le satanisme aux Etats Unis, des dessins d’Alison Sampson… Ce n’est pas inintéressant, mais vu que l’histoire est courte ça m’a plutôt donné une impression de remplissage.

Un album moyen, court et confus. Fortement déconseillé aux lecteurs sensibles.


C’est tout pour aujourd’hui !

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A propos mdata

Administrateur et rédacteur principal de Watchtower Comics.

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