Le lundi c’est librairie ! #348

Le lundi c'est librairie !

Le lundi c’est librairie ! vous propose aujourd’hui la chronique de trois albums, édités par Panini Comics, Glénat Comics et Delcourt Comics.

Au programme : Jessica Jones t3, Black Magick t2 et Kill or be killed t3.

Jessica Jones tome 3
Jessica Jones t3 - Septembre 2018

Panini Comics
Collection 100% Marvel

144 pages – 16€
Septembre 2018 – Cartonné

Brian Michael Bendis
Michael Gaydos

L’Homme-Pourpre s’est échappé de prison et il revient régler ses comptes avec Jessica Jones. Suite et fin des aventures de l’héroïne sous la plume de ses créateurs, Brian M. Bendis et Michael Gaydos.
(Contient les épisodes US Jessica Jones (2016) 13-18, inédits)

Avec Alias, Brian Michael Bendis avait inauguré le label Max de Marvel, créé spécialement pour lui permettre de proposer une série plus « adulte » que le tout venant de l’éditeur. Et le fil rouge de de la série étant la prise de contrôle de la vie de Jessica Jones par l’Homme pourpre, il parait naturel que ce dernier soit au coeur de la dernière aventure de la détective taciturne sous la plume de son créateur.

Jessica Jones se retrouve donc une nouvelle fois face à Zebediah Killgrave, alias l’Homme pourpre : Le vrai, le violet, pas celui qui s’habille en violet à la télévision. C’est une nouvelle fois l’occasion pour l’auteur de placer de longs dialogues entre les deux adversaires, Killgrave ayant toujours un discours étrange et dont on imagine la voix monocorde pour pénétrer l’esprit de son public.

Bien que Killgrave, donc on découvre un aspect inédit mais très logique, soit au cœur de l’intrigue de cet album, toute l’histoire ne tourne pas non plus autour de lui et Jessica peut une nouvelle fois faire preuve de ses talents de détective tandis que Bendis la confronte à un personnage pour le moins étrange. L’ambiance de la série est toujours aussi sombre, et jusqu’au bout on retrouve la Jessica attachante malgré ses défauts dont on suit les aventures pas mal d’années maintenant.

Indiscutablement, on sent que Bendis s’est fait plaisir avant de partir chez la concurrence avec ni plus ni moins qu’un jubilé d’une de ses oeuvres phares chez Marvel. Mais il serait vain de lui en vouloir, car le résultat est toujours aussi bon et l’auteur montre une nouvelle fois sa maîtrise du genre urbain et son sens du dialogue. Ce troisième tome des aventures de Jessica Jones tient ses promesses et s’avère passionnant d’un bout à l’autre, au point qu’on n’imagine même pas comment on peut passer derrière ce chant du cygne parfaitement réalisé.

Du côté du dessin, Michael Gaydos nous ramène lui aussi aux grandes heures d’Alias avec des planches réalisées avec beaucoup de talent. On retrouve son sens de la mise en page toujours aussi efficace, au service d’une narration impeccable.

Un excellent album, qui marque la fin d’une époque.


Black Magick tome 2
Black Magick t2 - Octobre 2018

Glénat Comics
Collection Comics

160 pages – 17.50€
Octobre 2018 – Cartonné

Greg Rucka
Nicola Scott

Le sort en est jeté
Le piège autour de Rowan Black continue de se refermer. Prise en étau entre deux mystérieuses organisations, ses temps sont comptés. Mais pour l’heure, elle doit trouver la réponse à toutes ces énigmes : qui en a après elle ? Combien sont-ils ? Mais surtout : quels sont leurs véritables pouvoirs ?…

Après avoir posé les bases de son univers dans le premier tome, Greg Rucka l’enrichit considérablement dans ce second album de la série.

L’auteur nous montre ainsi plusieurs factions qui se tirent dans les pattes, et présente au lecteur un contexte plus fouillé avec notamment le passé de son héroïne. Mais ce n’est pas pour autant qu’il a dissipé la chape de mystère qui entoure son intrigue : Greg Rucka ne semble en effet pas décidé à en dévoiler de trop au lecteur, et laisse la porte ouverte à de nombreuses suppositions sur ce qui nous attend au détour des pages.

Mêler sorcellerie et polar, c’était loin d’être gagné tant les deux genres ne semblent pas aller ensemble au premier coup d’oeil. Mais il ne fallait pas sous-estimer Greg Rucka, qui en plus est plus que qualifié pour brosser un portrait de femme forte. Rowan Black est parfaitement dépeinte dans cet album comme dans le précédent, et les péripéties qu’elle vit sont palpitantes.

Comme dans le tome précédent, l’histoire est solide et de surcroît parfaitement racontée par un auteur dont le talent de conteur n’est plus à démontrer. On ne s’ennuie absolument pas à la lecture de cet album, passionnant d’un bout à l’autre et parfaitement servi par une ambiance de mystère qui ne se dissipe pas.  Même si on en apprend pas mal dans les pages de ce tome, on sent vraiment que l’auteur en garde volontairement sous le coude pour la suite de la série.

En ce qui concerne le graphisme, nous sommes gâtés avec les superbes planches de Nicola Scott. Comme pour le premier tome, l’artiste a opté pour des nuances de gris de toute beauté, rehaussées d’une touche de couleur avec les différents effets magiques lorsqu’il y en a. Cela donne des planches magnifiques, servant à merveille l’ambiance étrange de l’histoire.

Un excellent album, avec une intrigue solide et un graphisme superbement réalisé.




Kill or be killed tome 3
Kill or be killed t3 - Octobre 2018

Delcourt Comics
Collection Contrebande

128 pages – 16.50€
Octobre 2018 – Cartonné

Ed Brubaker
Sean Phillips

Brubaker et Phillips tapent de plus en plus fort avec ce 3e tome de leur tétralogie ! Notre justicier s’enfonce toujours un peu plus dans les ténèbres, tandis que les forces de police de New York commencent à réaliser qu’un type masqué s’en prend aux salopards de la ville. Ce thriller qui déconstruit le genre du polar vous happera sans jamais vous lâcher.

Après deux tomes passés à jouer avec les nerfs des lecteurs, Ed Brubaker ne faiblit pas et continue à les malmener dans ce troisième tome.

A l’image du personnage principal de Kill or be killed, le lecteur est en effet baladé en permanence par l’auteur : est ce qu’il y a vraiment un démon, ou pas ? Ed Brubaker prend un malin plaisir à ne pas répondre à la question, en semant des indices pour l’une ou l’autre des deux réponses possible à cette question et le lecteur ne sait plus ce qu’il doit croire.

Mais il serait réducteur de cantonner cet album – et le reste de la série – à un simple jeu de pistes et de faux-semblants. L’intrigue est tout ce qu’il y a de solide, servie par un auteur maîtrisant parfaitement le registre du polar et ses codes. Outre le côté original de l’histoire, la caractérisation de son protagoniste principal est très soignée et on se prend vraiment au jeu en le suivant lors de ses (més)aventures.

Ce troisième tome, riche en action, est tout aussi passionnant que ses deux prédécesseurs. Le rythme est parfaitement dosé, permettant au lecteur de souffler un peu entre deux moments de tension et également de se faire surprendre par un auteur qui sait comment le faire sursauter. La narration, volontairement décousue par moments (flashbacks – mal – racontés par le personnage principal), est efficace et contribue au côté glissant de l’intrigue, son vrai sens continuant d’échapper aux tentatives du lecteur de comprendre ce qu’il en est vraiment.

La partie graphique, signée Sean Phillips, est de son côté tout aussi soignée que l’histoire. Les deux compères n’en sont pas à leur première collaboration, et cela se sent une fois de plus via la mise en images du scénario montrant une forte complémentarité entre eux. Les dessins sont très joliment réalisés, collant donc très bien à l’ambiance sombre et étrange de l’histoire.

Un excellent album, où une fois encore la limite entre la réalité et le fantasme est difficile à discerner.


C’est tout pour aujourd’hui !

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A propos mdata

Administrateur et rédacteur principal de Watchtower Comics.

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