Le lundi c’est librairie ! #332

Le lundi c'est librairie !

Le lundi c’est librairie ! vous propose aujourd’hui la chronique de trois titres, édités par Panini Comics et Delcourt Comics.

Au programme : All-New Silver Surfer t2, Punisher Max t6 et Bad Ass – Kitty Kitty kill kill.

All-New Silver Surfer tome 2
All-New Silver Surfer t2 - Février 2018

Panini Comics
Collection Marvel Now

128 pages – 15€
Février 2018 – Cartonné

Dan Slott
Mike Allred

Tome 2/2
Jusqu’au bout de l’univers et même au delà : que va-t-il se passer pour Dawn et le Surfer ? Dernier volume de la saga de Dan Slott (Superior Spider-Man) et Mike Allred (FF).
(Contient les épisodes US Silver Surfer (2016) 7-12, inédits)

Il est des voyages dont on aimerait qu’ils ne se finissent jamais, mais il est cependant l’heure que celui de Dan Slott sur la série Silver Surfer se termine.

A regret, forcément vu la grande qualité de ce run qui nous a offert la quintessence du Surfer d’argent. Et cet album ne démérite pas, en poussant dans ses derniers retranchements les concepts à l’oeuvre depuis le début du run. Une fois encore l’auteur nous offre un merveilleux moment de lecture, empli d’émotion et de démesure. Les différentes histoires sont magnifiquement racontées, sans jamais en faire de trop tout en sachant jouer sur les émotions du lecteur.

Comme dans les autres tomes, la comparaison avec la série Doctor Who est de mise. On se retrouve vraiment dans des situations qui font penser aux aventure du Seigneur du temps, sans pour autant qu’il ne soit question de plagiat mais plutôt d’influence, voire même d’hommage.

Ce dernier tome, captivant et envoûtant, termine donc en apothéose un run magistral de bout en bout, qui nous aura montré tout le talent de Dan Slott en faisant du Surfer un personnage bien plus intéressant que par le passé.  L’action et l’émotion sont dosées à la perfection dans cet ultime tome, qui parait difficile à refermer l’œil sec. C’est du très grand Surfer, et ça va être difficile de passer derrière ce run d’exception.

Côté graphisme, Mike Allred ne démérite pas à côté de son collègue scénariste et nous offre lui aussi une prestation épatante. L’artiste est particulièrement inspiré et nous livre des planches magnifiquement réalisées, restituant tout aussi bien les étendues désolées du cosmos et les être étranges qui la peuplent que les moments plus intimistes.

Un excellent album, tout simplement époustouflant.


Punisher Max tome 6
Punisher Max t6 - Mai 2018

Panini Comics
Collection Marvel Deluxe

184 pages – 20€
Mai 2018 – Cartonné

Ennis
Parlov / Chaykin / Severin

Barracuda n’a pas oublié la défaite cuisante que le Punisher lui a infligée. Lorsqu’il découvre que Frank Castle a encore de la famille en vie, le criminel sait qu’il tient là une occasion de se venger…
(Contient les épisodes US Punisher (2004) 50-54 et Punisher : The Tyger 1, publiés précédemment dans les album MARVEL MAX : PUNISHER 12 et MARVEL DARK : PUNISHER THE END)

Deux histoires sont au sommaire de ce sixième tome de la réédition des aventures de Frank Castle alias le Punisher, toujours sous la plume de Garth Ennis.

Le premier récit raconte la nouvelle rencontre entre le Punisher et un de ses plus redoutables adversaires : Barracuda, le tueur implacable qu’il avait laissé pour mort. Ce dernier se porte mieux, et décide de se venger mais cette vengeance prend un tour pour le moins inattendu.

Comme à son habitude, Garth Ennis ne se contente pas de montrer un justicier aux méthodes expéditives, mais nous entraîne dans la psyché meurtrie d’un ancien soldat brisé par la perte de sa famille, mais certes aux méthodes expéditives (loin de moi l’idée de cautionner les agissements du Punisher !). Cela permet de continuer à connaître mieux le personnage, et d’essayer de comprendre comment il fonctionne. L’auteur étant un grand spécialiste des récits de guerre, on retrouve là des thématiques connues sous sa plume et toujours aussi bien racontées.

Ce nouveau face-à-face avec Barracuda est l’occasion de découvrir un secret pour le moins surprenant concernant Frank Castle, mais particulièrement bien géré par l’auteur. Et puisqu’on parle de face-à-face, il est clair qu’on atteint ici un degré de sauvagerie jamais atteint dans la série. On assiste au paroxysme de toute la haine que se vouent les deux personnages, et leurs affrontements sont d’une violence parfois à la limite de l’insoutenable. Il est clair que même si toute la série n’est pas à conseiller aux âmes sensibles, ce tome est nettement pire que les autres ! Mais il ne s’agit pas de violence gratuite juste pour gratter du lecteur avide de sensations fortes, comme toujours sous la plume de Garth Ennis elle est parfaitement justifiée dans le contexte de l’histoire, et cette dernière est passionnante.

Côté graphisme par contre c’est un peu moins la fête : le graphisme, signé par Howard Chaykin et Goran Parlov, est en effet assez irrégulier même s’il tend à se bonifier d’épisode en épisode.

La seconde partie de l’histoire a déjà été éditée il y a quelques mois dans l’album Punisher  La fin : Il s’agit de The Tyger, toujours signé par Garth Ennis. Cette histoire permet de revenir sur l’enfance de Frank Castle, complétant ainsi le récit Born qui avait montré que le futur Punisher avait déjà en lui le potentiel de devenir ce qu’il est devenu.

L’histoire est particulièrement dure, l’auteur racontant des événements tragiques se déroulant dans le quartier ou Castle a grandi. Grâce au talent de conteur de Garth Ennis, l’histoire est passionnante d’un bout à l’autre et comme souvent quand on lit son travail on referme le livre avec un sentiment certain de malaise dû à la dureté du propos.

La partie graphique est signée cette fois par John Severin, et s’avère tout à fait réussie. Le seul reproche que je pourrais lui faire, c’est d’être en décalage avec le ton de l’histoire et d’être presque « trop propre » là où par exemple un Steve Dillon aurait été largement plus loin. Mais ce n’est qu’un avis tout à fait subjectif.

Un excellent album, avec une première partie d’une sauvagerie extrême.


Bad Ass – Kitty Kitty kill kill
Bad Ass - Kitty Kitty kill kill - Mai 2018

Delcourt Comics
Collection Contrebande

96 pages – 15.50€
Mai 2018 – Cartonné

Herik Hanna
Julien Motteler

Alors qu’elle tente de dérober un vieux grimoire, la super vilaine Amadeus Kitty se retrouve piégée face aux New Masters of Crime, une équipe de criminels bien décidée à mettre la main sur le livre avant elle.
Dans un musée d’histoire naturelle de Los Angeles, l’inauguration d’une exposition est troublée par Amadeus Kitty, venue dérober un ancien grimoire, supposément maudit et magique. L’arrivée des New Masters of Crime n’arrange rien. Eux aussi convoitent le livre, à l’instar de Jack Parks, alias Dead-End. Le musée est bientôt en proie au chaos et Kitty voit ses chances de succès chuter en flèche. A moins que le grimoire ait aussi son mot à dire…

Cet album se concentre sur un personnage particulier de l’univers de Bad Ass : Amadeus Kitty. Mais ce n’est pas pour ça que Dead end est absent !

Herik Hanna nous raconte donc les origines insolites d’un personnage qui ne l’est pas moins, ainsi que ses premiers méfaits. Dans une ambiance survoltée et même bien barrée sur les bords, l’auteur semble beaucoup s’amuser avec ses personages qu’il met au service d’une histoire où le mot d’ordre semble bel et bien être « fun ».

On retrouve dans ce tome l’humour noir de Bad Ass, ainsi que les clins d’œil ici et là qu’il est toujours aussi amusants de débusquer. Le ton est résolument léger, et les interventions de Dead end sont toujours aussi drôles. L’action est bien dosée, avec une bonne exploitation des différents personnages et de leurs capacités pour nous montrer des bastons inventives. On s’amuse beaucoup des travers des personnages en question, qui ont souvent des réactions totalement imprévisibles dans une atmosphère de surprise permanente où tout peut arriver.

Même s’il ne s’agit pas d’un album de la série principale, Dead End nous livre son numéro de « gentil salopard » à longueur de pages et la recette marche toujours aussi bien. Le personnage est toujours aussi efficace, et le côté totalement improbable des autres personnage contribue largement à l’ambiance de folie maîtrisée de cet album.

Du côté du dessin, nous avons droit à de jolies planches signées Julien Motteler. Son style colle très bien à l’univers de Bad Ass, et sa représentation visuelle des pouvoirs d’Amadeus Kitty est bien trouvée.

Un excellent album, très fun à lire.


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A propos mdata

Administrateur et rédacteur principal de Watchtower Comics.

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