Le lundi c’est librairie ! #30

Le lundi c'est librairie !

Quand les sorties en librairie sont décalées à la dernière minute, le planning de Le lundi c’est librairie ! devient plus difficile à établir et il faut bien trouver des albums pour accompagner ceux qui sont sortis à l’heure… Mais vu que l’on parle beaucoup de DC en cartonné depuis mercredi dernier, ça m’a donné une idée à propos d’albums que je possède et dont je ne vous avais pas encore parlé.

Je vous propose donc cette semaine de nous intéresser à American Vampire t2 et aux trois albums de JLA édités chez Soleil dont j’ai fait l’acquisition il y a quelques temps.


American Vampire 2American Vampire t2 : Un second album qui reste passionnant même sans Stephen King

Après un excellent premier tome, où Scott Snyder avait posé les bases de son univers en compagnie de Stephen King, nous retrouvons l’auteur seul à la barre pour la suite des aventures  des représentants de la nouvelle espèce de vampires qu’il a imaginée. Dans le premier récit, qui occupe la plus grande partie de cet album, nous retrouvons en toile de fond le combat entre les différentes espèces de vampires, avec les humains qui tentent de les gérer du mieux qu’ils peuvent. De ce fait, deux intrigues se croisent, s’intéressant respectivement à Skinner Sweet et Pearl Jones (son « enfant ») . Cette fois nous sommes en 1936, dans le Nevada où Las Vegas est en pleine gestation, et le cadre est tout aussi bien rendu que les années précédentes dans le premier tome. L’histoire est passionnante, avec des vampires beaucoup plus intéressants (et méchants !) que dans les Twilighteries…Du côté du dessin, Rafael Albuquerque signe des dessins au style un peu particulier mais qui collent parfaitement à l’ambiance du récit. La seconde histoire, qui se focalise sur Pearl (et sur un personnage qu’elle a bien connu…) est moins haletante mais très intéressante également. Outre le parallèle entre les deux antagonistes, l’auteur nous montre les difficultés que rencontrent Pearl et Henry pour mener une vie plus ou moins normale, ce qui n’est pas chose aisée quand il s’agit du couple d’un humain et d’un vampire. Le graphisme est cette fois-ci assuré par Mateus Santolouco, et même si c’est assez réussi c’est tout de même un cran en dessous du travail de Rafael Albuquerque. Un très bon album en tout cas, idéal pour se réconcilier avec les vampires… 😉


JLA 1JLA t1 : Un très bon récit plus complexe qu’il n’en a l’air

Pour ce premier tome de JLA édité par Soleil, ce sont Grant Morrison et Frank Quitely qui officient dans le graphic novel JLA : Earth 2. Le groupe emblématique de DC se retrouve confronté à son reflet maléfique, à savoir le Crime Syndicate of Amerika dont font partie des versions « mauvaises » des héros Terriens. Mais comme d’habitude avec Morrison rien n’est aussi simple que cela en a l’air, et l’histoire se révèle plus complexe qu’une simple confrontation entre les « gentils » et les « méchants » superslips. L’histoire est particulièrement intéressante, avec des rebondissements assez inattendus et une réflexion bien fichue sur la notion de bien et de mal. Au dessin, nous retrouvons donc Frank Quitely, qui s’il n’est pas au niveau de All Star Superman (qui reste pour moi son meilleur travail) signe tout de même de bien belles planches, qui rendent très bien dans ce grand format. Par contre même si le format est sympa, on retrouve un travers déjà exprimé sur d’autres séries éditées par Soleil à la même époque, à savoir la traduction : assez régulièrement les tournures de phrase sont assez limite, et cela nuit à la fluidité de lecture du texte. Mais cela n’est pas non plus affreux au point de gâcher totalement la lecture, donc si vous voulez lire une très bon histoire de Morrison sur la JLA n’hésitez pas si vous croisez le chemin de cet album…


JLA 2JLA t2 : Une histoire passionnante avec un graphisme absolument manifique

Après Morrison et Quitely, c’est au tour de Mark Waid et Bryan Hitch de s’intéresser à la JLA, avant leur passage remarqué sur le titre (dont une partie a été éditée en Semic Book). Les amateurs de comics « bigger than life » ne peuvent que se régaler avec le sujet de cette histoire, où une espèce extra-terrestre qui se retrouve confrontée au mystère de la mort enlève des planètes entières pour chercher des réponses…Si l’intrigue est moins fouillée que celle du premier album, elle n’en reste pas passionnante avec des vrais morceaux de bravoure et une réflexion plus qu’intéressante. Mark Waid livre en effet une intrigue solide, ne laissant aucun répit au lecteur et réservant quelques surprises bien fichues. Du côté du dessin, n’ayons pas peur des mots, c’est tout simplement splendide. Nous retrouvons en effet du Hitch de la grande époque, avec des planches magnifiques qui nous en mettent plein les yeux (ce qui ressort d’autant mieux avec le format de cet album). Certes l’artiste use et abuse des splash pages (comme à son habitude), mais c’est tellement joli qu’on ne peut que s’en réjouir (les lecteurs qui ont lu les épisodes d’Authority et Ultimates illustrés par ses soins verront ce que je veux dire ;)). Un très bon album que je ne peux que conseiller aux amateurs de super héros « bigger than life ».


JLA 3JLA t3 : Le moins bon des trois albums JLA de Soleil

Pour ce troisième et dernier tome de JLA chez Soleil, nous retrouvons Wonder Woman dans un récit mythologique où elle affronte ses comparses pour défier une prophétie. Au scénario et au dessin nous retrouvons Christopher Moeller, bien connu des amateurs du jeu de cartes à collectionner Magic l’assemblée pour lequel il a signé bien des illustrations. En arrivant derrière les tomes signés Morrison et Waid, cet album souffre de la comparaison car son scénario est le moins bon des trois. Ce n’est pas mauvais, loin de là, mais le récit souffre de plusieurs invraisemblances, comme la facilité qu’a Wonder Woman à neutraliser ses coéquipiers qui ont quand même botté les fesses de bien des adversaires beaucoup plus puissants (et elle est beaucoup moins rusée que Batman, qui avait mis au point un plan pour y parvenir dans le run de Waid). Cela se lit cependant assez bien, mais ce n’est pas une histoire inoubliable. Du côté du dessin, le graphisme est assez inégal : la technique employée (la peinture) permet d’avoir des planches plutôt jolies, mais l’artiste a du mal à conserver un même visage pour ses différents protagonistes que l’on reconnait parfois uniquement avec leur costume. L’album n’est pas non plus une catastrophe absolue, mais il est loin d’être aussi bon que ses prédécesseurs dans cette collection.


Et voilà, c’est tout pour cette fois.

S’il n’y a pas de report de dernière minute, Le lundi c’est librairie ! sera la semaine prochaine un spécial 100 Bullets, avec les quatres derniers albums édités par Panini.