Le lundi c’est librairie ! #25

Le lundi c'est librairie !

Après une édition consacrée à 100 Bullets la semaine dernière, Le lundi c’est librairie ! se tourne de nouveau vers l’actualité des sorties en VF avec quatre titres sortis récemment.

Je vous propose cette semaine de nous intéresser à Deadpool Corps t1, Justice league – La justice à tout prix t2, Walking dead t14 et Nemesis.


Deadpool Corps t1Deadpool Corps t1 : Encore plus barré que le précédent

Après un prologue délirant il ya quelques mois, Deadpool et sa bande d’alter-egos sont de retour dans une aventure particulièrement déjantée. On retrouve donc Deadpool accompagné de Lady Deadpool, Régis/Kidpool, Têtepool et Dogpool devant accomplir une mission d’importance cosmique par les Doyens de l’Univers. Le pitch n’est qu’un prétexte à une histoire totalement barrée, où Deadpool et sa bande s’acquittent de leur mission dans un style…particulier. L’humour omniprésent est cependant maîtrisé, la frontière entre burlesque et débile n’étant jamais franchie (Victor Gischler se débrouillant mieux que Daniel Way sur ce point). L’histoire abonde de références plus ou moins évidentes (Star Wars est particulièrement visé) et l’utilisation du Champion (un Doyen de l’Univers) à contre-emploi dans un rôle de tête de turc est particulièrement drôle. A noter d’ailleurs une excellente adaptation Française, on sent que Jérémy Manesse s’est bien amusé avec cet album. Du côté du dessin, c’est Rob Liefeld qui tient les crayons. Alors que l’artiste, qui n’est pas franchement le chouchou des lecteurs de comics (souvenez-vous de son Captain America difforme…), était accompagné d’autres artistes dans le prologue, il est cette fois le seul illustrateur de Deadpool Corps. Je n’irais pas jusqu’à crier au génie, loin de là (les difformités anatomiques caractéristiques de son style surviennent au détour de plusieurs planches), mais dans le contexte particulier de l’album ça passe. J’aurais plus vu Stuart Immonen sur ce titre, mais au moins les planches ne donnent pas envie de balancer l’album au loin, c’est déjà ça… 😉 En tout cas si vous avez envie de passer un bon moment avec une série drôle, je ne peux que vous conseiller cet album.


Justice à tout prix 2Justice League – La justice à tout prix t2 : Plus de doutes, c’est l’Ultimatum de DC

Il y a quelques mois, j’avais évoqué la première partie de cette maxi-série en des termes pas trop négatifs, gardant quelques espoirs sur la possibilité que James Robinson ait une approche un peu second degré de ce récit. A la lecture de cet album, toutes mes pensées positives sont parties et je regrette d’avoir passé du temps avec cette histoire. L’histoire est très premier degré, jouant de plus dans le même registre que le tristement célèbre Ultimatum en se lançant dans une surenchère d’effets gratuits histoire de choquer le lecteur. Et encore, Ultimatum avait l’excuse du redémarrage de l’univers Ultimate pour son histoire sordide, ce qui n’est pas le cas ici. Malgré quelques idées intéressantes (comme l’infiltration de la JLA par un ennemi particulièrement habile), on tombe dans une justification de la justice expéditive assez mal fichue et assez indigeste, avec un final qui est en plus très prévisible. Du côté du dessin, c’est assez inégal : la partie illustrée par Mauro Cascioli est plutôt jolie,  j’aime beaucoup le rendu de ses planches (à part les passages qui recourent au gore). D’autres artistes présents sont par contre beaucoup moins inspirés, ça passe quand même (j’ai vu pire !) mais c’est un bon cran en dessous. En tout cas si vous êtes curieux à propos de ce qui se passe en kiosque, ne cédez pas à la tentation d’acheter ces deux albums pour en savoir plus : lisez un bon résumé sur le web, ça sera bien assez !


Walking dead t14Walking dead t14 : Un volume frénétique et passionnant

Après plusieurs mois d’attente, voilà enfin la suite des aventures de Rick Grimes et de ses compagnons d’infortune face à la terrible vague de morts-vivants. Lorsqu’ils avaient trouvé un endroit où se poser, on a vu l’auteur laisser un peu de répit aux survivants de l’horreur, mais avec ce tome Robert Kirkman remet les pendules à l’heure : le répit est terminé, les évènements du dernier album ayant attiré une horde de zombies bien décidés à croquer le plus de monde possible (enfin si tant est qu’ils soit décidés à quoi que ce soit vu qu’ils ne sont pas d’une grande éloquence). Ce tome me fait penser à un album bien antérieur où Rick et ses amis avaient trouvé refuge dans une prison avant que finalement tout ne bascule brutalement. Kirkman arrive en tout cas à nous faire ressentir le rythme frénétique de cette nouvelle déconvenue de nos héros, on se sent presque aussi bousculés que si nous étions au cœur de la vague de zombies. En tout cas l’auteur semble décidé à ne rien épargner à ses personnages, n’hésitant pas à surprendre le lecteur continuellement avec des retournements de situations aussi brutaux qu’inattendus qui le prennent littéralement à la gorge. Personne ne semble à l’abri et n’importe qui parmi les personnages peut connaître brutalement un destin funeste au détour d’une page. Du côté du dessin, Charlie Adlard livre comme d’habitude un travail impeccable, servant parfaitement l’ambiance de fin du monde qui règne dans cette série. Encore un très bon album qui me conforte dans l’idée que j’ai vraiment bien fait de me lancer dans cette série !


NemesisNemesis : Beaucoup de bruit pour rien

A une époque Mark Millar était un très bon scénariste, qui nous a servi des histoires bien ficelées et a quand même largement contribué à la naissance de l’univers Ultimate. Et puis depuis quelques temps, l’auteur s’est davantage transformé en spécialiste de la communication, ne reculant devant aucun stratagème marketing pour survendre des histoire racoleuses et mal fichues. Nemesis, présentée par Millar lui-même comme une histoire ambitieuse détrônant Kick-Ass en montrant ce qu’il se passerait si « Batman était devenu le Joker » ne fait pas figure d’exception à ce triste constat. On se retrouve donc avec une histoire très basique, Millar assurant le service minimum en n’étant même pas capable de faire tourner le lecteur en bourrique (tout est très téléphoné à part la toute dernière page qui semble vraiment là pour faire style « j’avais un plan et j’ai berné le lecteur » mais qui tombe complètement à plat). En gros c’est un blockbuster bien concon avec une surenchère de glauque (il y a des passages assez malsains) et beaucoup de violence gratuite. Les scènes d’action s’enchaînent, devenant même assez ennuyeuses de par leur succession. Millar donne même l’impression de s’être perdu en route et de naviguer à vue en rédigeant ses épisodes, passant de fait à côté de son pitch (si tant est qu’il ait vraiment eu l’intention de faire un Batman façon Joker, ce n’était peut être qu’une façon de faire du buzz). Du côté du dessin, c’est Steve Mc Niven qui assure le graphisme et ce n’est pas vilain. Comparé à Old Man Logan, ça reste violent et sanglant, mais c’est moins gore même s’il y a quelques passages assez gratinés. Etant amateur des anciens travaux de Mark Millar, ça me désole d’être continuellement déçu de son évolution… 🙁 En tout cas si vous passez à côté de cet album, vous ne raterez pas grand chose, privilégiez plutôt le Deluxe Authority, vestige d’une époque où Millar était un auteur plutôt qu’un commercial…


Et voilà, c’est tout pour cette semaine.

La semaine prochaine, Le lundi c’est librairie !  traitera à la fois de l’actualité VF, avec des titres récents, et de titres un peu plus anciens suivant l’avancement de mes lectures… 😉