Le lundi c’est librairie ! #235

Le lundi c'est librairie !

Le lundi c’est librairie ! est de retour avec la chronique de quatre albums dont deux en avant-première.

Au programme : COWL, Big man plans, Bloodshot reborn et The Valiant.

COWL
COWL - Mars 2016

Urban Comics
Collection Urban Indies

296 pages – 22.50€
Mars 2016 – Cartonné

Kyle Higgins
Rod Reis

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Geoffrey Warner, Reginald Davis et Paul Braddock, respectivement connus sous les pseudonymes de Grey Raven, Blaze et Sparrow, créèrent avec la municipalité de Chicago le premier syndicat historique de super-héros : le Chicago Organized Workers League . Nous sommes aujourd’hui en 1962. Warner et le C.O.W.L. doivent affronter leur pire ennemi : l’indifférence du grand public. Après avoir neutralité le dernier super-vilains et mis un terme à la Guerre Froide, les héros vont devoir prouver leur utilité aux habitants de Chicago tout en déjouant les tensions et luttes de pouvoir qui gangrènent l’organisation depuis des années.
Contenu : C.O.W.L. vol.1 & 2 (#1-11)



Ce récit complet de Kyle Higgins reprend une thématique parfois utilisée dans les récits de super héros : lorsque leur mission est accomplie, servent-ils vraiment encore à quelque chose ? Pour être honnête, l’ambiance et l’histoire en elle-même m’ont fait penser à plusieurs séries : Watchmen, Ex Machina et Top 10. Cependant, ce n’est pas pour autant que le récit est un banal copier/coller des séries en questions, car même si on y trouve des thématiques qui font penser l’histoire de Kyle Higgins a son identité propre et le concept est parfaitement exploité. Le fait de situer l’histoire dans les années soixante permet même au passage d’exploiter certaines thématiques propres à cette époque, comme la proximité de la Seconde guerre mondiale, la Guerre froide (et donc la crainte du communisme) ou surtout le sexisme dont est victime le seul membre féminin du COWL. Il y a pas mal de rebondissements dans cette histoire très bien ficelée et on se demande vraiment à chaque page jusqu’où les personnages seront prêts à aller pour servir leurs intérêts plus ou moins nébuleux.

Du côté du dessin, les planches de Rod Reis sont très réussies. L’ambiance un peu particulière de l’histoire est très bien rendue par ses dessins, et du coup le côté un peu rétro de l’histoire est parfaitement illustré.

Un très bon album, qui se lit vraiment très bien.

 




Big man plans
Big man plans - Avril 2016

Delcourt Comics
Collection Contrebande

112 pages – 15.50€
Avril 2016 – Cartonné

Eric Powell / Tim Wiesch
Eric Powell

Même les plus marginaux des plus marginaux de la société sont capables à un moment donné de se rebiffer et de se venger. Et quand ils décident de s’y mettre, peu importe la façon de faire, ils vont jusqu’au bout. Big Man Plans est l’histoire d’un nain énervé. Un nain doté de sacrés « cojones », qui n’a peur de rien, ni de personne. Un nain prêt à tout pour se venger d’un crime brutal, hanté par un terrible mystère.


Ne lisant que très peu The Goon, je dois dire qu’en voyant Eric Powel au scénario je m’attendais à soit un récit dans ce genre, soit quelque chose du genre de Chimichanga. Je ne pouvais pas me tromper davantage, même si le marteau sanglant aurait dû m’en avertir. En effet, cet album est une histoire très noire, qui ferait assez penser au Scalped de Jason Aaron par son approche totalement désespérée et sans concession. L’histoire est très violente, mais sans que cela soit gratuit. Le contexte de vengeance de l’histoire, dont le fin mot est assez inattendu, justifie tous les débordements que s’autorise l’auteur et toute la sauvagerie qui règne dans ces pages. L’histoire est très bonne, et captivante jusqu’au bout, mais je dois avouer que certains passages m’ont vraiment mis mal à l’aise de par leur côté extrême. La caractérisation du personnage principal est réussie, l’auteur nous livrant au fur et à mesure les clefs pour saisir ce qui peut se passer dans sa tête. Big man plans, c’est vraiment la vengeance et la revanche poussées à leur paroxisme dans un récit passionnant qui ne laissera pas le lecteur indemne une fois qu’il aura refermé le livre.

Du côté du dessin, signé Eric Powell, nous avons droit à des planches très réussies. Un peu trop même, car du coup les passages violents sont très bien représentés et il faut avoir l’estomac solide pour certains passages particulièrement difficiles.

Un excellent album, dur et sans concession, à réserver à un public averti.




Bloodshot Reborn tome 1
Bloodshot Reborn t1 - Avril 2016

Bliss Comics
Collection Valiant

144 pages – 10€
Avril 2016 – Cartonné

Jeff Lemire
Mico Suayan / Raul Allen

Bloodshot était une machine à tuer, infusé de millions de nanites lui donnant une force, une endurance et une vitesse hors-du-commun, en plus de pouvoirs autoguérisseurs. Il était une arme parfaite, une marionette au service de ses maîtres, l’organisation paramilitaire Projet Rising Spirit. Désormais, Bloodshot est libre de ses anciens maîtres, mais l’ombre de son passé le suit toujours. Sous le choc des conséquences de sa vie antérieure et de récents évenements qui l’ont presque rendu fou, il vit caché. Mais lorsque survient une vague de fusillades impliquant des hommes ressemblant comme deux gouttes d’eau à Bloodshot, sa culpabilité le pousse à l’action. Il fera tout pour arrêter les tueurs, même si cela signifie replonger dans la violence qui lui avait auparavant presque coûté la vie.
La lecture de The Valiant est conseillée avant de lire ce tome, mais pas obligatoire
Série régulière (contient Bloodshot Reborn #1 à #5)



Les lecteurs de Bloodshot sont généralement habitués à des récits bien bourrins, les pouvoirs particulier du personnage permettant aux auteurs de laisser s’exprimer leur imagination dans le domaine de la destruction à outrance. Mais suite aux évènements de The Valiant (qu’il faut lire en premier et dont je parlerai plus bas), le personnage de Bloodshot a subi de profonds changements et le titre Bloodshot reborn n’est pas usurpé. Jeff Lemire exploite parfaitement le concept du personnage, ainsi que son nouveau status quo, et nous permet donc de voir le personnage sous un nouvel angle. L’ambiance est donc plus axée sur les faux semblants et les conflits intérieurs, même si bien entendu l’action n’est pas absente, loin de là. Ce premier tome est très prometteur et se lit d’une traite tant il est intéressant. Le nouveau status quo de Bloodshot est vraiment bien pensé et je suis vraiment curieux de voir jusqu’où l’auteur va aller dans cette voie.

La partie graphique, signée Mico Suayan et Raul Allen, est de son côté très soignée. L’ambiance du récit est très bien mise en image sur des planches très soignées qui la servent très bien.

Côté suppléments, nous avons droit à un petit voyage dans les coulisses de l’histoire particulièrement intéressant.

Un excellent album, qui offre un nouveau départ bien pensé au personnage de Bloodshot.




The Valiant
The Valiant - Avril 2016

Bliss Comics
Collection Valiant

128 pages – 10€
Avril 2016 – Cartonné

Jeff Lemire / Matt Kindt
Paolo Rivera

Gilad Anni-Padda est le Guerrier Éternel. Il protège la Terre depuis plus de 10 000 ans, guidé par les Géomanciens, une longue lignée de mystiques qui communique avec la planète. Au cours de sa mission, il a échoué par 3 fois. A chaque fois, le Géomancien fut tué et un âge sombre s’est abattu sur Terre. A chaque fois, il fut défait par l’Ennemi Immortel, un être monstrueux, dont le seul but semble être d’amener la discorde et l’obscurité sur la planète. De nos jours, l’Ennemi Immortel réapparait pour s’attaquer à Kay, la nouvelle Géomancienne qui peine à s’adapter à son nouveau rôle. Mais cette fois Gilad n’est plus seul. Il peut compter sur ses nouveaux alliés, les héros de l’Univers Valiant.
Récit complet en 1 tome (contient The Valiant #1 à #4)



Premier album proposé en librairie par Bliss Comics, The Valiant constitue donc à la fois le point d’entrée des nouveaux lecteurs de l’univers Valiant et un aperçu de la richesse de cet univers. En effet, Jeff Lemire et Matt Kindt nous ont concocté un récit où interviennent plusieurs personnages de l’écurie Valiant, face au redoutable Ennemi immortel. Même s’il faut reconnaitre qu’il est toujours mieux d’avoir lu auparavant les aventures des personnages en question (chez Panini ou chez Bliss au format numérique), l’album est cependant tout à fait accessible sans connaitre parfaitement tous les rouages de Valiant. L’histoire est en tout cas fort bien ficelée, les différents personnages intervenant chacun dans ce récit riche en action et en suspense. L’Ennemi immortel est de son côté absolument terrifiant, et à chacune de ses apparitions on se demande vraiment comment les personnages vont réussir leur mission (et la réponse est finalement très inattendue). En tout cas cet album, qui constitue un tout complet, est vraiment très intéressant et on ne s’ennuie pas une seconde en lisant cette aventure qui je le répète constitue une très bonne mise en bouche pour se lancer dans l’univers Valiant en librairie.

La partie graphique est de son côté signée Paolo Rivera et est vraiment très réussie. L’artiste nous livre des planches très soignées, qui restituent parfaitement l’ambiance du récit.

Le sommaire de l’album est complété par des esquisses commentées, ce qui est particulièrement intéressant pour se faire une idée du processus de création.

Un excellent album, qui marque en beauté le retour de Valiant en VF.

 




Et voilà, c’est tout pour aujourd’hui !

Le lundi c’est librairie ! vous donne rendez-vous une prochaine fois pour une nouvelle chronique.