Le lundi c’est librairie ! #23

Le lundi c'est librairie

En ce début de mois, la grande offensive sur les rayons des libraires n’a pas encore commencé et je n’ai pas encore acheté beaucoup d’albums.En conséquent je vais vous parler également d’albums plus anciens mais qui ont fait leur entrée dans ma bibliothèque cette été.

Je vous propose donc cette semaine de nous intéresser à Superman – Lex Luthor, Haunt t2, Torso et Brit t1.


Superman - Lex LuthorSuperman – Lex Luthor : Un voyage intéressant dans la tête de Lex Luthor

Une fois n’est pas coutume, le personnage central de cet album n’est pas Superman mais son ennemi de toujours : Lex Luthor. Dans ce récit, Brian Azzarello nous fait partager le point de vue de l’ennemi juré de l’Homme d’acier, histoire de montrer ses motivations et sa perception de son adversaire et de ses propres actions. Ce n’est pas forcément original (on retrouve cela dans d’autres histoires comme All Star Superman par exemple) mais c’est plutôt bien fichu même si les lecteurs de Superman qui cherchent du « super slip classique » seront désarçonnés par ce récit sommes toutes assez cérébral. L’auteur parvient à faire accepter le point de vue de Luthor au lecteur, aidé en cela par une quasi absence de Superman dont les apparitions sont suffisamment impressionnantes pour abonder dans le sens de Luthor qui le voit comme une menace pour la Terre. L’apparition de Batman est assez sympathique, montrant toute la dualité entre les deux aspects du personnage (Bruce Wayne le fêtard et Batman le détective masqué), même si elle n’est pas forcément essentielle au récit. Du côté du dessin, c’est Lee Bermejo qui officie et le résultat est vraiment très réussi. Les planches sont vraiment très jolies et son Superman va tout à fait dans le sens du scénario d’Azzarello, étant bien plus effrayant que ce qu’on a l’habitude de voir. Un bon album, mais qui risque de décevoir les amateurs de récits « classiques » de Superman.


Haunt t2Haunt t2 : Un album sympa mais sans plus

Depuis que les Chroniques de Spawn ont tiré leur révérence, c’est maintenant en album seulement que nous pouvons suivre les aventures des frères Kilgore, liés par delà la tombe. Dans cet album, Haunt poursuit son entrainement et se retrouve envoyé sur le terrain, où ses capacités hors norme s’avèrent précieuse, mais il faut également qu’il tienne compte de ses limites. Je suis assez mitigé sur cet album. Certes, ça se lit, et même plutôt bien, mais je dirais que Robert Kirkman nous a habitués à mieux. Le concept de la fusion des frères au-delà de la mort est très original et bien exploité, comportant tout ce qu’il faut d’émotion suite à l’union post-mortem de deux frères qui étaient plutôt opposés. Mais j’ai trouvé tout ceci assez fouilli, et alors que je me plains régulièrement de la décompression dans d’autres séries là je trouve qu’au contraire le rythme est trop trépidant (il se passe énormément de choses en peu de pages, et là je dirais que ça fait trop), j’ai eu plus l’impression d’être emporté par un flot continu de péripéties que de les lire. Du côté du dessin, je ne suis pas un grand fan de Greg Capullo (qui fait essentiellement du Mc Farlane-bis à mon avis), donc je trouve que le rendu est correct mais sans plus. Je dirais que Haunt se situe bien en-dessous d’Invincible et Brit (sans compter Walking dead mais je m’intéresse là aux séries plus « action » de Kirkman), il manque la touche de fun de ces autres titres et très franchement je me demande si je vais prendre le tome suivant.


TorsoTorso : Un album passionnant sur le premier tueur en série Américain

Tout comme Goldfish (dont je parlerai à l’occasion), Torso est un polar en noir et blanc signé Brian Michael Bendis, bien avant qu’il ne devienne le scénariste vedette de Marvel. Co-signant le scénario avec Marc Andreyko et réalisant le graphisme, Bendis nous raconte ici l’enquête d’Eliott Ness (oui celui des Incorruptibles) sur le premier serial killer ayant sévi sur le sol Américain (le premier serial killer de l’histoire étant Jack l’Eventreur, qui est d’ailleurs mentionné dans l’histoire). Cette histoire inspirée de faits réels met donc en scène celui qui fut rendu célèbre par son combat contre Al Capone, menant un combat contre la corruption de Cleveland puis se retrouvant confronté à un assassin aux pratiques sanguinaires. L’ambiance de l’époque (1935) est parfaitement rendue et tout comme Brian de Palma dans le film Les Incorruptibles les auteurs montrent un Eliott Ness qui n’est pas forcément un héros charismatique ayant la ville à ses pieds, mais juste un policier épris de justice et qui se fait pas mal d’ennemis (la corruption est non seulement omniprésente mais fait partie intégrante de la « vie normale » de la ville). Les deux inspecteurs qui font équipe avec lui (et ne sont pas des Incorruptibles ;)) sont parfaitement caractérisés, avec un mélange parfaitement dosé entre leur vie professionnelle et leur vie privée (l’un des deux étant homosexuel, ce qui est gênant à cette époque).  Le récit est en tout cas passionnant, on se prend vite au jeu pour essayer de démêler l’écheveau de cette enquête. Quant au graphisme, il est très réussi : Bendis se permet des mises en pages audacieuses (comme une double page qui se lit comme une coquille d’escargot) qui collent parfaitement au récit. Un très bon album que je conseille aux amateurs de polars.


Brit t1Brit t1 : Très bourrin mais très distrayant

Au départ, je n’avais pas prévu de m’intéresser à Brit, dont le pitch ne m’attirait pas plus que ça. Puis la semaine dernière, je me suis dit que cet album devait être un bon défouloir bien bourrin , et finalement je me suis laissé tenter, ce que je n’ai pas regretté. Robert Kirkman et Tony Moore, les créateurs d’Invincible, nous racontent ici les aventures de Brit, un surhomme vieillissant qu’on envoie quand il faut utiliser une méthode musclée pour résoudre une situation de crise. Le moins qu’on puisse dire, c’est que Kirkman ne fait pas dans la dentelle ! Imaginez un mélange entre Chuck Norris (époque eighties) et Superman et vous aurez une petite idée de ce que peut donner Brit. On a donc de la baston homérique servie par un personnage à qui il vaut mieux éviter de chercher des poux, le tout dans l’univers d’Invincible (on croise même l’inénarrable Cecil de temps en temps). Mais Brit n’est pas que de la baston non stop : on retrouve en effet une ambiance assez proche à celle d’Invincible, avec des pointes d’humour et un personnage qui se pose pas mal de questions sur sa vie ( les préoccupations d’ado de Mark Grayson étant remplacées par les préoccupations d’homme d’âge mûr de Brit). L’acolyte de Brit, l’énigmatique Donald, est également très réussi, avec un twist assez bien fichu le concernant et que personnellement je n’ai pas du tout vu venir. Du côté du graphisme, plutôt réussi, c’est un peu comme Invincible : violence et gore, mais avec un trait suffisamment cartoony pour que ça passe tout seul. Cet album n’est pas indispensable, mais il procurera un agréable moment de lecture aux amateurs de récits bourrins.


Et voilà, c’est tout pour cette semaine.

La semaine prochaine, Le lundi c’est librairie ! sera consacré à 100 Bullets, avec la chronique des quatre premiers albums de la série.