Le lundi c’est librairie ! #224

Le lundi c'est librairie !

Le lundi c’est librairie ! est de retour avec la chronique de quatre albums.

Au programme : Hellboy & BPRD t1, Golem, Les orphelins t3 et Velvet t2.

Hellboy & BPRD tome 1
Hellboy BPRD1

Delcourt Comics

160 pages – 15.95€
Février 2016 – Cartonné

Mike Mignola / John Arcudi
Alex Maleev



Une série d’horribles meurtres et de bizarres rumeurs emmènent le Professeur Bruttenholm et son jeune protégé Hellboy au Brésil, pour ce qui va être sa première mission. Le démon de l’Enfer et un petit groupe d’agents découvrent que de sombres secrets sont enfouis au coeur d’une forteresse portugaise datant du XVIe siècle.

Avec ce premier tome, les auteurs s’adonnent à l’art très à la mode du prequel pour nous raconter les débuts de celui qui est à la base de leur univers narratifs d’une série à l’autre : Hellboy. C’est en effet la première mission de l’être surnaturel qui nous est racontée ici, et même sans être un grand connaisseur de cet univers ce tome est vraiment très abordable. Ceci dit, à force de dire ça et de tâter des séries et spin off je vais finir par devenir de moins en moins crédible en disant ça, vu que je connais de mieux en mieux cet univers. 😉 Mais revenons à nos moutons… Cette première aventure de Hellboy (en terme de chronologie, pas en terme éditorial) est très bien ficelée et l’histoire est intéressante. Comme d’habitude le surnaturel est omniprésent, et les secrets dont il est question sur la quatrième de couverture sont en effet bien sombres et effrayants. On baigne en effet en plein film d’horreur avec cet album, mais en tout cas il se lit vraiment très bien et peut tout aussi bien constituer une bonne entrée en matière avec le personnage qu’un moyen pour les fans de Hellboy d’en découvrir plus sur leur personnage préféré.

Du côté du dessin, c’est Alex Maleev qui tient les crayons et une fois de plus l’artiste fait le bonheur du lecteur. Son style est en effet toujours aussi efficace, et les planches sont très joliment dessinées.

Un très bon album, agréable à lire sans forcément être un fan hardcore de Hellboy.

 




Golem
Golem

Glénat Comics

280 pages – 24.95€
Janvier 2016 – Souple

LRNZ



Steno ne peut pas s’arrêter de rêver. Pour une raison quelconque, dans un monde où le moindre besoin est déjà satisfait par le « système », Steno sent qu’il devra, tôt ou tard, réaliser son rêve par lui-même. Il n’imagine alors pas que le monde entier a besoin de lui, de cette capacité à rêver…Satire sociale, parabole politique sur la fin de l’économie mondiale, dystopie sur la conquête du monde par les nanomachines…

Le cadre de cet album est pour le moins original : en effet, LRNZ (pseudonyme de Lorenzo Ceccotti) nous dépeint un avenir où la prospérité est monnaie courante et où les besoins matériels du peuple sont satisfaits. Seulement, comme nous le montre l’auteur au cours de son histoire tout ceci n’est pas parfait. Nourri de plusieurs influences, l’auteur nous livre une histoire d’anticipation où l’on peut assister aux dérives d’une société sécuritaire et mondialisée. Même si le propos est parfois un peu naïf (il y a quand même certaines facilités dans le déroulement de l’histoire), cet album est agréable à lire et les thématiques abordées sont toutes traitées avec efficacité sans non plus avoir la prétention de proposer autre chose qu’un divertissement. Le personnage principal est attachant, et les différentes péripéties qu’il rencontre permettent au lecteur d’éviter de s’ennuyer en suivant ses aventures au cours de cet album.

La partie graphique, elle aussi assurée par LZNZ, est de son côté plutôt réussie. Le style est très influencé par le manga, et l’artiste nous propose des planches très dynamiques et rendant aussi bien l’action que les scènes plus calmes.

Un bon album, au sujet original et bien traité.




Les orphelins tome 3
Les Orphelins 3

Glénat Comics

192 pages – 14.95€
Janvier 2016 – Souple

Roberto Recchioni
Luca Maresca / Wertherer Dell’Edera



Le passé : alors qu’un mouvement de révolte se fait de plus en plus préoccupant, le temps est venu pour les Orphelins d’être testés sur le terrain contre des adversaires humains… De son côté, Ringo, plus que jamais en conflit avec le pouvoir et l’autorité, commence à comprendre que derrière ces apparences se cache probablement autre chose…Le présent : le Dr Juric a enfin révélé toute la vérité ! Et les choses se précisent : seule l’intervention des Orphelins, en proie à leurs démons et à leurs blessures intérieures, peut être en mesure d’endiguer le chaos qui s’annonce…

Après deux tomes captivants, il est temps de retrouver les jeunes soldats de Roberto Recchioni dans un nouvel album qui ne détonne pas par rapport à ses prédécesseurs. Oscillant comme à l’accoutumée entre passé et présent, l’auteur abat ses cartes en nous livrant une partie des secrets qui se cachent dans son histoire, et le moins qu’on puisse dire c’est que cette surprise est de taille. Ce troisième album se dévore plus qu’il ne se lit, tant il est captivant. Les personnages, que l’on apprend à connaître de plus en plus au fil des pages, sont parfaitement caractérisés et chacun a son histoire et sa personnalité, au contraire de certains personnages qui sont interchangeables dans d’autres séries. Le va et vient passé/présent est bien fichu, et permet au lecteur d’apprendre au fur et à mesure ce qu’il a besoin de savoir sans pour autant griller les cartouches de l’auteur d’un coup. Si vous aimez la SF et les thématiques de La stratégie Ender et Space 2063, Les orphelins est clairement une série à ne pas manquer.

Du côté du dessin, assuré par Luca Maresca et Wertherer Dell’Edera (chacun son chapitre), il est vraiment excellent. Le style des deux artistes est complémentaire et colle parfaitement à l’ambiance du scénario.

Un excellent tome, dont j’ai hâte de lire la suite.

 




Velvet tome 2
Velvet 2

Delcourt Comics

128 pages – 16.95€
Février 2016 – Cartonné

Ed Brubaker
Steve Epting



La quête de Velvet pour prouver son innocence la ramène au coeur de Londres où chacun de ses coups la met en situation plus périlleuse que le précédent. Elle découvre alors que tout ce qu’elle croyait au sujet de la pire nuit de sa vie, est faux. La chassée devient alors la chasseuse. Mais dévoiler toute la vérité a un prix. Est-elle prête à mourir pour cela ?

Après un premier tome réussi, il est temps de retrouver la redoutable Velvet dans la suite de ses aventures sous la plume de Ed Brubaker. L’auteur nous en révèle plus sur le passé de cette femme redoutable, et son présent n’est pas non plus une partie de plaisir. Même si comme à son habitude Ed Brubaker donne un peu l’impression de jouer la montre en diluant son histoire, ce second tome est vraiment passionnant. Bourré d’action, cet album donne une nouvelle fois l’impression d’être devant un film d’espionnage (plutôt Mission Impossible que James Bond) et on ne s’ennuie pas à la lecture de ces pages. L’auteur nous réserve bien des surprises au fil de son histoire, et je me demande vraiment ce qu’il a encore en réserve pour nous surprendre.

La partie graphique, signée Steve Epting, est quant à elle de toute beauté. Que l’on aime ou pas le style réaliste de l’artiste, force est de constater que ses planches sont très réussies et servent très bien le récit.

Un excellent tome, qui donne envie d’en lire plus même si un tantinet moins de décompression serait apprécié.

 





Et voilà, c’est tout pour aujourd’hui !

Le lundi c’est librairie ! vous donne rendez-vous une prochaine fois pour une nouvelle chronique.

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A propos mdata

Administrateur et rédacteur principal de Watchtower Comics.

2 réponses à Le lundi c’est librairie ! #224

  1. pacclerouge dit :

    Je place Velvet dans mon top 5 sinon 3 des meilleurs ongoing indé du moment. Epting prend (trop) son temps pour livrer ses planches, mais pfiou Brubaker semble libérer des contraintes du mainstream pour faire ce qu’il veut avec sa thématique fétiche. Un petit mot aussi sur la colorisation de Breitweiser que j’ai trouvée à tomber.

    • mdata dit :

      Oui exactement, je pense qu’il fait partie de ces auteurs qui ne sont pas faits pour travailler sur des sujets imposés. Un peu comme Warren Ellis qui n’ayons pas peur des mots fait vraiment de la merde quand c’est de l’alimentaire.

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