Le lundi c’est librairie ! #219

Le lundi c'est librairie !

Le lundi c’est librairie ! est de retour avec la chronique de cinq albums.

Au programme : Avengers – La rage d’Ultron, Birthright t1, Fables t22, Lazarus t3 et Sex & violence.

Avengers – La rage d’Ultron
Avengers Rage Ultron

Panini Comics

112 pages – 18€
Novembre 2015 – Cartonné

Rick Remender
Jerome Opena / Pepe Larraz



Il a bien longtemps, Ultron fût vaincu et envoyé dans l’espace. Mais des années plus tard, l’intelligence artificielle qui voulait détruire la Terre parvient à conquérir un nouveau monde. Désormais, Titan, la planète natale de Thanos, est aux mains d’Ultron ! Starfox va alors demander l’aide des Avengers et notamment celle d’Hank Pym, le créateur du redoutable robot.

Dans cet album se trouve un récit complet signé Rick Remender, où ce dernier reprend certaines de ses thématiques de Secret Avengers au service d’une histoire centrée autour d’Ultron. Le redoutable robot, création controversée de Hank Pym qui en a fait voir de toutes les couleurs aux Avengers depuis bien des décennies, se retrouve encore plus redoutable que d’habitude et menace la Terre encore plus fortement que par le passé. Au premier abord on peut penser qu’il s’agit d’un classique récit de bagarre en slip mais cela serait sous estimer l’auteur qui est plus malin que cela pour se cantonner uniquement aux codes du genre. Outre cette atmosphère omniprésente de désastre imminent, nous avons droit à une réfléxion intéressante sur le caractère sacrifiable des intelligences artificielles (qui m’a d’ailleurs pas mal fait penser à un épisode de Battlestar Galactica) et une exploration des relations véritablement familiales entre Ultron et son créateur. L’histoire est vraiment bien ficelée et intéressante à lire, avec une caractérisation intéressante des personnages et une vraie menace tout à fait à la hauteur des Avengers (en effet, si un groupe est puissant, la moindre des choses est que la menace soit à la hauteur sinon c’est trop facile et on s’ennuie). On reconnait bien la patte de Rick Remender, ce qui ravira les lecteurs qui suivent la carrière du scénariste mais pas seulement vu que ce récit – très abordable – a de quoi séduire un lectorat très vaste.

Du côté du dessin, Jerome Opena (qui a déjà officié avec Rick Remender sur Fear Agent) et Pepe Larraz nous proposent des planches très réussies. L’ambiance du récit est très bien rendue et les personnages sont très bien représentés.

Un excellent album, captivant de bout en bout.

 




Birthright tome 1
Birthright 1

Delcourt Comics

144 pages – 16.50€
Novembre 2015 – Cartonné

Joshua Williamson
Andrei Bressan



Lorsqu’Aaron emmène Mikey jouer dans le parc en rentrant de l’école, il ne se doute pas un seul instant qu’en le perdant de vue quelques secondes, sa vie va être bouleversée. Mikey disparu, Aaron, rongé par le remords, sombre dans l’alcool et la famille entière se désintègre. Mais un an plus tard, une sorte de Conan fait irruption dans leur vie et pourrait bien être leur fils perdu, Mikey

A la lecture du synopsis, on peut penser que l’histoire est à la fois mille fois revue et très classique. Fort heureusement il n’en est rien, car Joshua Williamson nous livre un récit à la fois bien pensé et bien écrit. Dans Birthright, les choses s’avèrent rapidement plus complexes qu’elles n’en ont l’air de prime abord, et les apparences sont trompeuses (je n’en dit pas plus pour ne pas faire de spoiler). L’histoire est vraiment très intéressante, avec un traitement très juste de la perte d’un enfant (l’auteur n’en fait ni trop, ni trop peu). La situation particulière de cet enfant disparu est très bien traitée, les dialogues sonnent juste, et on ne s’ennuie pas une seconde à la lecture de cette histoire qui n’a qu’un seul défaut : il va falloir patienter pour en lire la suite.

Du côté du dessin, signé Andrei Bressan, là aussi la qualité est au rendez-vous. Les planches sont très soignées, et le style de l’artiste est parfait pour illustrer cette histoire.

Un excellent album, qui se dévore d’une traite malgré son épaisseur.




Fables tome 22
Fables 22

Urban Comics

208 pages – 19€
Novembre 2015 – Cartonné

Bill Willingham / Matthew Sturges
Collectif



Si Blanche Neige connu un jour l’harmonie au sein de sa famille, force est de constater que cette époque est depuis bien longtemps révolue. Après avoir affronté et triomphé de nombreux adversaires, c’est aujourd’hui au sein même de leur communauté que les fables doivent choisir leur camp. Blanche et sa soeur Rose sont sur le point d’engager une guerre sans précédent dont le Royaume risque de ne pas se relever.

Après vingt et un albums où les Fables ont connu mille et unes aventures trépidantes, il est temps de conclure la série de Bill Willingham et c’est ce qui se passe dans ce vingt-deuxième album. Les auteurs rangent en effet leurs jouets avec soin dans cet avant-dernier album de la collection, et les personnages dont nous avons suivi les péripéties tout au long de la série vivent leurs dernières aventures. Cet album, qui contient à la fois une grande histoire et de petits interludes centrés sur chaque personnage, est passionnant et offre au lecteur une nouvelle dose d’évasion dans les pas des personnages de contes dont les aventures sont à chaque fois captivantes. La série se termine sans sentiment de bâclage ou d’usure, et c’est avec regret que l’on voit la fin de la route se profiler après bien des heures de lecture enthousiasmante.

Du côté du dessin, signé par plusieurs artistes, nous avons droit à des planches toujours aussi soignées et en parfaite adéquation avec le scénario.

Un excellent album, dont la lecture est passionnante.




Lazarus tome 3
Lazarus 3

Glénat Comics

160 pages – 15.95€
Novembre 2015 – Cartonné

Greg Rucka
Michael Lark



Alors qu’un conclave est mis en place, les principaux leaders des différentes familles, leurs conseillers et, plus dangereux, leurs Lazares ces champions surhumains liés aux familles qui les ont créés , se retrouvent au même endroit. Et c’est au coeur d une délicate danse de mondanités que se décide rien de moins que la domination du monde. Très vite, deux camps émergent pour décider qui suivre : Jakob Hock ou Malcolm Carlyle. Forever, le Lazare de la famille Carlyle, commence à mettre en doute sa fidélité envers sa famille et son père, lorsque celui-ci lui demande de tuer son propre frère : Jonah.

Dans ce troisième tome de la série de Greg Rucka, la situation se complique par rapport à ce qui a été exposé jusqu’ici. Le background politique de cet univers insolite est en effet exploré plus avant avec notamment la tenue du conclave et les relations entre familles. Les rites mis en place sont également exposés, et Forever continue à tenter d’explorer ses racines et ses allégeances au milieu de tout ceci. Comme d’habitude, Greg Rucka a soigné son récit et nous livre une histoire passionnante et très bien écrite dans un univers cohérent et soigné. Il n’y a aucune fausse note, que ce soit au niveau de la caractérisation des personnages ou des divers rebondissements qui surprennent le lecteur d’une page à l’autre. Il y a en effet pas mal de surprises promptes à faire sursauter le lecteur et l’ennui est définitivement absent de ces pages.

Du côté du dessin, les louanges sont encore de rigueur concernant le travail de Michael Lark. L’artiste en est en effet en grande forme, en offrant un graphisme à la fois réaliste et dynamique.

Un excellent album, et une série qui ne l’est pas moins.




Sex & violence
Sex & Violence

Glénat Comics

144 pages – 15.50€
Novembre 2015 – Cartonné

Jimmy Palmiotti / Justin Gray
Collectif



Avec Sex & Violence, plongez dans un torrent de stupre et de fougue à travers cinq histoires indépendantes mais partageant des thèmes communs. Au menu : la quête de vengeance d’un grand-père à travers la communauté du porno à Portland Oregon ; la fascination obsessionnelle d’une femme-flic de la police de New York pour un couple lesbien ; une rivalité malsaine entre une mère et sa fille aussi séduisantes l’une que l’autre ; l’histoire d’une unité spéciale de l’Armée rouge pendant la seconde guerre mondiale ; et le bilan d’un assassin sur les choix violents et meurtriers qu’il a fait dans sa jeunesse et qui ont changé sa vie pour toujours. En bref : cinq visions de ces thèmes, sexe et violence, qui fascinent et dérangent l’humanité depuis toujours, pour un ouvrage sans concessions à réserver à un public averti.

Dans cet album au titre un rien racoleur (il est identique au titre VO donc n’est pas le fait de l’éditeur Français) se trouve une collection de cinq récits signés Jimmy Palmiotti et Justin Gray. Les deux auteurs explorent différentes thématiques (thriller, guerre, polar…) dans un registre réservé aux lecteurs avertis comme le titre l’indique. La qualité des récits est assez inégale, même si cela reste plutôt agréable à lire dans l’ensemble. J’ai en ce qui me concerne une préférence pour le premier récit de l’album, mais les autres sont dans les mêmes eaux en ce qui concerne la qualité. Et meme si le sexe et la violence sont très présents, on appréciera que les histoires soient suffisamment travaillées pour ne pas être un simple véhicule pour un enchainement de scènes violentes et/ou se passant sous la ceinture.

Du coté du dessin, signé par plusieurs artistes, là aussi c’est plutôt inégal. Par exemple je n’ai pas accroché au graphisme du dernier récit, que je trouve un bon cran en dessous des autres.

Un bon album, mais à feuilleter avant achat du fait de son graphisme inégal.





Et voilà, c’est tout pour aujourd’hui !

Le lundi c’est librairie ! vous donne rendez-vous une prochaine fois pour une nouvelle chronique.