Le lundi c’est librairie ! #207

Le lundi c'est librairie !

Le lundi c’est librairie ! est de retour avec la chronique de trois albums.

Au programme : Casanova t3, Pathfinder t1 et Southern bastards t2.

Casanova tome 3
Casanova 3

Urban Comics

152 pages – 15€
Juillet 2015 – Cartonné

Matt Fraction
Gabriel Ba / Fabio Moon



Casanova Quinn parcourt l’espace et le temps dans l’espoir de purger les différents univers infectés par le Mal ultime. Mais lorsqu’il découvre la véritable identité du démoniaque Newman Xeno, la mission qu’il s’était fixé change brusquement, et ce qui avait débuté comme un assaut transdimentionnel d’anéantissement total se transforme alors en « simple » assassinat. Une exécution répétée à l’infini, jusqu’à ce que chaque monde soit libéré de ce vil personnage. 

Le moins qu’on puisse dire de Casanova, c’est qu’il ne s’agit pas d’une série qui ressemble aux autres. C’était déjà le cas avec les deux premiers albums, et le troisième ne déroge pas à la règle. En effet, une nouvelle fois Matt Fraction emmène le lecteur dans son univers barré et psychédélique, et le moins qu’on puisse dire c’est qu’on ne s’ennuie pas. Le récit est en effet mené à cent à l’heure à tel point qu’on a presque l’impression qu’il se passe des choses dans le très court laps de temps pendant lequel le regard passe d’une case à l’autre. Matt Fraction, en grande forme sur ce titre (il est décidément bien meilleur quand il peut faire ce qu’il veut de sa série), utilise avec une grande efficacité le concept des dimensions multiples et nous propose une histoire très bien ficelée où le rebondissements sont nombreux. L’histoire donne un peu l’impression de partir dans différentes directions par moments mais on sent une très grande maîtrise dans l’écriture de ce récit et au final on ne franchit jamais la ligne qui sépare un divertissement barré d’un grand n’importe quoi. Tome après tome, Casanova confirme le sentiment d’avoir affaire à une série bien écrite et agréable à lire avec des concepts très bien exploités et des personnages bien caractérisés.

La partie graphique, assurée par Gabriel Ba et Fabio Moon, est de son côté très réussie. Le style des artistes est pour beaucoup dans la restitution de cette atmosphère insolite qui est la marque de fabrique de la série.

Un excellent album, tout aussi réussi que les précédents.




Pathfinder tome 1
Pathfinder 1

Glénat

64 pages – 14.95€
Juin 2015 – Cartonné

Jim Zub
Andrew Huerta



Dans le monde périlleux de Golarion, Valeros le guerrier peut compter sur son épée et ses amis : la belle et mystérieuse sorcière Seani, l’impétueuse voleuse Merisiel, le sage Ezran, le nain baroudeur Harsk et la courageuse prêtresse Kyra. Mais rien ne les avait préparés aux dangers qui les attendent… Les tribus de gobelins, jusqu’ici chaotiques et disparates, sont en train de s’unifier comme jamais auparavant ! À l origine de ce changement étrange, une ancienne force maléfique cherche à prendre le pouvoir…

Comme l’atteste le bandeau sur la couverture, cet album est l’adaptation de l’univers d’un jeu de rôle du même nom. Ce n’est certes pas le premier jeu à bénéficier d’une adaptation, nous pouvons en effet nous souvenir des revues Magic l’Assemblée publiées en leur temps. Dans ce premier tome, nous entrons tout de suite dans le vif du sujet car Jim Zub commence son récit par une bataille. Il incombe donc au lecteur de faire connaissance avec les personnages un peu sur le tas au fil de l’histoire, mais cela reste tout de même abordable du moment que l’on connaisse un peu les rudiments des univers de fantasy utilisés dans les jeux de rôle (on retrouve en effet les catégories habituelles des personnages : elfe, nain, guerrier…). L’histoire en elle même est plutôt simple mais remplit son office de divertissement avec notamment des passages assez drôles liés à la personalité bien bourrine de Valeros le guerrier. Après ce n’est pas non plus l’histoire du siècle, et cet album s’adresse principalement aux joueur de Pathfinder, mais il y a tout de même de quoi se divertir à sa lecture.

Du côté du dessin, signé Andrew Huerta, par contre c’est plutôt pas mal. Les couleurs sont jolies, et le style est dynamique.

Un album plutôt agréable à lire, mais qui s’adresse avant tout aux joueurs du jeu souhaitant retrouver leur univers en BD.




Southern bastards tome 2
Southern Bastards 2

Urban Comics

112 pages – 14€
Juin 2015 – Cartonné

Jason Aaron
Jason Latour



La petite bourgade de Craw County a bâti sa réputation sur la qualité de sa cuisine locale, la bonhomie de ses habitants, son calme relatif et la légende d’une ascension vers le sommet : celle du coach Boss. Dans une région où seule la fine fleur des pires crapules parvient à se faire sa place au soleil, jusqu’où faut-il aller pour devenir le plus grand, le plus respecté, le plus puissant ? Seul le coach Boss le sait…

Après un premier tome très réussi qui prenait le lecteur aux tripes, il est temps de retrouver la nouvelle série de Jason Aaron dans un nouvel album. Cette fois l’auteur se concentre sur le personnage du coach Boss, antagoniste du premier tome. Sans aller jusqu’à la comparaison facile entre cette série et Scalped, nous retrouvons toutefois un aspect de la série phare de Jason Aaron : il n’y a pas de méchant ni de gentil, tout est en nuances de gris. Les personnages ont tous des motivations qui leurs sont propres pour agir comme ils le font, à tort ou à raison. A travers le passé du personnage du coach Boss, décrit à travers de nombreux flashbacks, l’auteur nous montre comment il en est venu à devenir ce qu’il est actuellement et le moins qu’on puisse dire c’est qu’il en a bavé (mais cela n’excuse de toutes façons pas tous ses agissements, et cela n’est pas le propos de Jason Aaron). Tout comme le premier tome, l’ambiance est âpre et poisseuse pour un récit sans concession et passionnant d’un bout à l’autre. L’auteur est toujours aussi à l’aise pour dépeindre avec talent ses personnages et leur donner vie. Il n’y a aucun temps mort et la première réflexion que je me suis faite à la fin de la lecture de ce tome est « Oh c’est déjà fini ». Maintenant que nous avons davantage de cartes en main pour comprendre ce qu’il en est dans la petite ville de Craw County, je suis vraiment curieux de voir jusqu’où l’auteur va nous entrainer.

Du côté du dessin, les planches de Jason Latour rendent justice au scénario en le servant avec efficacité. Chaque image fait mouche pour dépeindre cette ambiance désespérée et âpre.

Un excellent second tome, qui donne une furieuse envie de lire la suite de la série.





Et voilà, c’est tout pour aujourd’hui !

Le lundi c’est librairie ! va marquer une petite pause et vous donne rendez-vous une prochaine fois pour une nouvelle chronique.