Le lundi c’est librairie ! #206

Le lundi c'est librairie !

Le lundi c’est librairie ! est de retour avec la chronique de quatre albums.

Au programme : Daredevil t2, Fairest – Les belles et la bête, Fiction squad t1 et Punisher t3.

Daredevil tome 2
Daredevil 2

Panini Comics

112 pages – 13€
Juin 2015 – Cartonné

Mark Waid
Chris Samnee / Javier Rodriguez



Lorsque Matt Murdock apprend un secret sur son passé; il part retrouver sa mère mais celle-ci est alors confrontée à de nombreux problèmes. Suite au grand événement Original Sin; découvrez la vérité sur Sur Maggie; figure maternelle dans la vie de Daredevil. Puis; l’homme sans peur va parcourir les déserts du Wakanda et affronter un de ses plus anciens ennemis.

Après un premier album très réussi, il est temps de retrouver Matt Murdock qui continue à vivre ses aventures sous la plume inspirée de Mark Waid. Ce dernier ne fait pas dans la facilité, en abordant à l’occasion de l’event Original Sin un sujet délicat de la vie de Daredevil : sa mère Maggie, dont nous avons fait la connaissance lors du magnifique Born again de Frank Miller. Au début, j’ai eu très peur que l’auteur ne jette certaines bases du personnage de Daredevil aux orties (je ne peux pas en dire plus sans spoiler) mais je n’aurais pas dû manquer de confiance en lui car il n’en est rien et au final nous avons droit à un récit très bien ficelé et surtout très touchant, mais tout en gardant l’ambiance légère qui est la marque de fabrique du Daredevil de Mark Waid. Le second récit, qui voit le retour d’un adversaire de taille de Daredevil, est tout aussi passionnant et montre au passage que l’auteur n’a pas jeté aux orties le « Matt dépressif » pour en faire d’un coup de baguette magique un personnage plus enjoué. Mark Waid traite en effet le travail de ses prédécesseurs avec respect et montre également comment sous sa plume le personnage n’est pas soudainement différent mais a surtout évolué à la suite de ce qu’il a vécu et rappelle donc que les blessures de l’âme ne guérissent pas si facilement qu’on pourrait l’espérer.

Du côté du dessin, Chris Samnee et Javier Rodriguez nous régalent une nouvelle fois avec des planches très réussies. Les dessins sont dynamiques, et les mises en page particulièrement soignées.

Un excellent album, passionnant et très agréable à lire.




Fairest – Les belles et la bête
Fairest Belles Bete

Urban Comics

160 pages – 15€
Avril 2015 – Cartonné

Bill Willingham
Collectif



Parmi la galerie de personnages féériques que compte l’univers de Fables, il en est un des plus énigmatiques : le Miroir Magique. Sa grande discrétion n’a d’égale que son omniscience, car bien qu’isolé dans l’un des bureaux de Fableville, le Miroir Magique voit tout, sait tout mais ne révèle ses secrets qu’à de très rares occasions. Aujourd’hui, il consent à nous raconter l’une de ses histoires, celle de Cendrillon et de ses multiples mésaventures.

Dans ce nouveau tome du spin-off de Fables, Bill Willigham fait raconter par le fameux Miroir magique une histoire fort intéressante. Ce qui est assez insolite, c’est que tout en n’étant pas un album de la série-mère ce tome prend la suite d’intrigues qui y ont eu lieu et résout même au passages certaines choses en suspend. La structure même de l’album est originale : il est divisé en sept parties (une par jour de la semaine) totalisant en tout trente récits se faisant suite, avec certains qui ne sont pas de la BD mais du texte illustré. En tout cas le niveau est tout aussi bon que dans Fables (ou dans le reste de la série Fairest) car le tout constitue une histoire passionnante avec de multiples rebondissements et des personnages toujours aussi insolites et bien exploités. Bill Willigham n’a plus rien à prouver en ce qui concerne sa maîtrise des personnages de contes pour en faire les protagonistes de ses séries, et une fois encore il entraine le lecteur dans un voyage captivant au pays de l’imaginaire où tout peut arriver (et où tout finit par arriver d’ailleurs).

Du côté du dessin, il y a une grande quantité d’artistes à l’oeuvre pour un résultat globalement très bon. Les illustrations qui accompagnent les récits textuels sont très réussies, leur donnant un petit air de contes « classiques » franchement pas désagréable.

Un excellent album, fortement conseillé aux lecteurs qui suivent la série Fables.




Fiction squad tome 1
Fiction Squad 1

Glénat

48 pages – 13.90€
Juin 2015 – Cartonné

Paul Jenkins
Ramon Bachs



Bois-des-Contes est un lieu assez cosmopolite, mais aucun endroit n’est plus dangereux que la cité de Rimes, située au fin fond du royaume de l’enfance. Ici, Franckie Mack, détective raté issu d’un roman policier jamais terminé, est sur le point de dévoiler une conspiration susceptible de détruire le monde des contes de fées ! Tout commence lorsque Franck et son assistant, Simple Simon, sont mis sur une affaire : le meurtre d’un certain Humpty Dumpty, jeté du haut d’une tour. Dans leur enquête, ils croiseront la route d’Alice, Dorothy du magicien d’Oz, mais aussi de certains personnages de Fairy Quest.

Spin-off de la série Fairy Quest, Fiction Squad suit donc  les aventures d’un détective dont les activités consistent à enquêter sur les crimes commis au royaume de Bois-des-contes. Ne connaissant Fairy Quest que de nom, j’appréhendais un peu de ne pas trop m’y retrouver avec ce premier tome mais finalement même sans connaissance préalable de cet univers il est tout à fait possible d’apprécier cet album. L’histoire concoctée par Paul Jenkins est en effet très accessible, et on se prend assez vite au jeu de reconnaitre tel ou tel personnage de conte. Forcément, on ne peut pas trop parler d’originalité pour le concept vu que Fables est déjà passé par là, mais l’approche de Paul Jenkins est différente, moins « adulte » (je n’aime pas trop le mot mais je n’en vois pas de plus approprié pour exprimer ce que je veux dire) et plus fun. On sent en effet dès le début que le public visé est plus jeune que celui de Fables, ce qui n’est pas non plus un mal car ça fait du bien de lire des récits un peu moins matures parfois. 😉 L’histoire est en tout cas bien ficelée, et la galerie de personnages est haute en couleurs. Je n’irais pas jusqu’à dire que c’est un indispensable, mais en tout cas j’ai passé un moment sympa à la lecture de cet album.

Du côté du dessin, signé Ramon Bachs, nous avons droit à de jolies planches qui servent à merveille l’ambiance de l’histoire. Les couleurs sont éclatantes, les personnages sont joliment croqués et tout ceci donne un résultat très frais et dynamique dans cet album agréable à lire.

En ce qui concerne l’album dans sa globalité, je trouve son prix excessif : on est en effet dans la grille tarifaire de la BD Franco Belge alors qu’il s’agit de comics (d’ailleurs cet album ne fait pas partie du label Glénat comics), et donc pour le coup 48 pages pour 13.90€ c’est abusé.

Un bon album, agréable à lire sans être indispensable et au rapport prix/pages trop élevé.




Punisher tome 3
Punisher 3

Panini Comics

280 pages – 29€
Juin 2015 – Cartonné

Garth Ennis
Leandro Fernandez



La prestation de Garth Ennis se poursuit avec deux nouvelles sagas. Dans Le haut est en bas et le noir est blanc; Frank Castle veut retrouver ceux qui ont profané la tombe de ses proches. Un crime impardonnable qui va entraîner une violence sans limite. Puis; dans le sombre récit Les Négriers; Punisher découvre que des jeunes filles des pays de l’Est sont enlevées pour être amenées à New York.

Deux récits complets sont au programme de cet album, dont l’ambiance est pour le moins sombre. Garth Ennis confronte une nouvelle fois le justicier à la tête de mort à des criminels qui veulent sa tête dans le premier (et qui vont très loin dans la provocation pour y parvenir), tandis que dans le second récit l’auteur aborde le sujet difficile des jeunes filles arrachées à leur pays pour servir de prostituées dans les pays « riches ». Comme d’habitude dans la série, le ton est résolument sombre et le glauque est omniprésent, de façon pertinente et non gratuite car le sujet s’y prête bien. Le Punisher est une implacable machine à tuer qu’il vaut mieux ne pas provoquer (tout en restant faillible, ce n’est pas un super héros) et les gens qu’il affronte sont tout sauf des enfants de coeur. D’ailleurs l’auteur en profite pour aborder la perception qu’a la police de ses agissements, et tout en n’allant pas jusqu’à faire l’apologie de la justice expéditive il nous montre qu’il est difficile d’être « pour » ou « contre » la mission que s’est imposé Frank Castle. Comme souvent avec Ennis, les thèmes sérieux sont traités de telle façon qu’on se prend le récit dans la figure, et l’horreur de ce qui est relaté laisse d’autant plus de marques après avoir fermé le livre qu’elle est basée sur des choses qui existent réellement. En tout cas, le talent de l’auteur n’est plus à démontrer, les deux récits sont âpres et (très) violents mais captivants.

Du côté du dessin, le style de Leandro Fernandez colle à merveille à l’ambiance sombre de ces pages. La violence omniprésente est bien mise en page, sans en faire de trop dans le gore racoleur (même si certains passages sont goûtus).

Un excellent album, captivant de bout en bout. Mais s’il vous plait m’sieur Panini, passez à deux albums par an au lieu d’un, merci… 🙂





Et voilà, c’est tout pour aujourd’hui !

Le lundi c’est librairie ! vous donne rendez-vous une prochaine fois pour une nouvelle chronique.