Le lundi c’est librairie ! #199

Le lundi c'est librairie !

Le lundi c’est librairie ! est de retour avec la chronique de trois albums.

Au programme : America’s got powers t1, Fables t20 et Nowhere men t1.

America’s got powers tome 1
AmericasGotPowers1

Panini Comics

104 pages – 13€
Mars 2015 – Cartonné

Jonathan Ross
Bryan Hitch



Il y a dix-huit ans, un étrange cristal a atterri à San Francisco et tous les enfants nés ce jour-là ont développé des pouvoirs. Tous sauf un, Tommy Watts, surnommé Zéro. Désormais, ces adolescents s’affrontent dans une émission de télé-réalité suivie par des millions de téléspectateurs. Mais lorsque Tommy voit finalement ses facultés apparaître, il se retrouve malgré lui au cur d’une gigantesque conspiration.

 

Avec ses excès, le monde de la télé-réalité est un cadre idéal pour y placer des intrigues de fiction sur ses dérives et avec cet album nous avons droit à une exploitation bien pensée quoiqu’un peu prévisible du concept. L’histoire de Jonathan Ross, qui fait pas mal penser à Rising Stars, montre en effet comment cette catégorie de télévision exploiterait des personnes ayant des super pouvoirs et comme on pouvait s’y attendre le tableau est loin d’être idyllique. Cette première partie, sans être non plus révolutionnaire, est bien ficelée et agréable à lire et c’est avec intérêt que l’on suit les aventures de Tommy tout en découvrant les coulisses de cette société où les pouvoirs sont exploités pour le spectacle. En tout cas, ce qui est appréciable c’est que l’auteur n’en fait pas trop et ne verse pas dans le trash facile, ce que d’autres auteurs n’auraient sans doute pas hésité à faire vu le sujet.

Du côté du dessin, nous avons droit à des planches plutôt soignées de Bryan Hitch. Certes l’artiste a déjà fait bien mieux, mais il a aussi livré des travaux qui donnaient l’impression d’être bâclés et ce n’est pas le cas ici car le résultat est plutôt joli.

Un bon album, qui se lit avec intérêt.


Fables tome 20
Fables20

Urban Comics

192 pages – 17.50€
Avril 2015 – Cartonné

Bill Willingham
Mark Buckingham / Steve Leiahola / Shawn McManus



Après la chute de Mister Dark, les Fables prirent possession du château de ce dernier, laissant présager le retour au calme tant espéré. Mais ce qui aurait pu être le début d’un agréable conte de fée pour Blanche Neige et sa famille se transforme rapidement en cauchemar lorsque deux de ses louveteaux sont kidnappés. Pour ajouter à cette pénible épreuve, un secret longtemps dissimulé refait surface et pourrait bien sonner le glas de son mariage avec Bigby.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que la petite famille de Blanche neige et Bigby n’est pas vraiment gâtée par le sort, et une fois encore Bill Willingham leur en fait voir de belles avec ce vingtième album. Riche en péripéties et en surprises toutes plus désagréables les unes que les autres, ce second récit de l’album est palpitant et c’est le coeur serré que l’on assiste aux évènements qui y figurent et au dénouement pour le moins tragique. Le premier récit est quant à lui plus léger, se situant dans le cadre de la révolution à Oz avec des personnages hauts en couleurs. En tout cas, ce vingtième tome ne dénote pas par rapport aux précédents, car l’intérêt ne retombe pas au cours de sa lecture qui est particulièrement agréable.

Du côté du dessin, les styles des artistes sont radicalement différents mais cela donne deux approches particulièrement réussies du thème fantastique de la série.

Un excellent tome, passionnant de bout en bout.


Nowhere men tome 1
NowhereMen1

Delcourt Comics

192 pages – 17.95€
Avril 2015 – Cartonné

Eric Stephenson
Nate Bellegarde



Quatre scientifiques surdoués, à l’aube d’avancements majeurs, se sont rassemblés en un groupe de chercheurs, la World Corp, à l’initiative d’un nouvel âge. Ils sont devenus les scientifiques les plus célèbres de leur temps. Ils ont changé le monde et sont aimés de tous pour cela. Pourtant, quelque chose a dérapé. Et lorsque l’objectif est le progrès à tout prix, qui finalement en paye le prix ?

J’avoue que ce premier tome de la série m’a laissé plutôt perplexe, car dès le départ il part dans tous les sens. Eric Stephenson raconte en effet pêle mèle une expédition qui tourne mal, la carrière de quatre scientifiques qui agissent comme des rock stars et la vie de leur compagnie à travers non seulement de la BD mais aussi des articles de presse ou des publicités. Il se dégage donc de cette histoire une impression de fouilli et de confusion, et cela fait penser au travail d’autres auteurs étiquetés « compliqués » comme Jonathan Hickman mais en moins bien. En effet, même s’il y a de bonnes idées les thèmes ne sont qu’effleurés et le plus grave c’est qu’au final on avance dans la lecture en se fichant complètement des histoires entre les fondateurs de World Corp et on a bien du mal à s’intéresser au sort des malheureuses victimes de leurs agissements. C’est dommage, il y avait du potentiel mais à force de faire compliqué pour faire compliqué, il y a de quoi perdre le lecteur en route.

Du côté du dessin, signé Nate Bellegarde, j’ai été déçu aussi. Ce n’est pas que c’est vilain, mais je trouve que ça pêche au niveau des visages et notamment concernant les dents que l’artiste représente curieusement (souvent j’ai l’impression de voir la grille d’une ancienne armure d’Iron Man).

Un album décevant, malgré son sujet ambitieux.


Et voilà, c’est tout pour aujourd’hui !

Le lundi c’est librairie ! vous donne rendez-vous une prochaine fois pour une nouvelle chronique.