Le lundi c’est librairie ! #195

Le lundi c'est librairie !

Le lundi c’est librairie ! est de retour dans une édition spéciale Glénat Comics avec la chronique de trois albums.

Au programme : Drifter t1, Lazarus t1 et Sex criminals t1.

Drifter tome 1
Drifter1

Glénat Comics

128 pages – 14.95€
Avril 2015 – Cartonné

Ivan Brandon
Nic Klein



Le futur. Dans sa grande tradition de colonisation, l’Humanité s’est attaquée à d’autres planètes, minant et épuisant les ressources naturelles qu’elle rencontre sur son passage et, accessoirement, en laissant derrière elle des kyrielles de mondes inertes, sans vie… Abram Pollux va connaître un destin peu ordinaire sur la planète Ouro où son vaisseau spatial KF424 s’écrase violemment après une tentative d’atterrissage des plus périlleuses. Lorsqu il s’éveille péniblement, la mémoire embrouillée, il se retrouve immédiatement confronté à un extraterrestre d’apparence belliqueuse. S’en suivra une confrontation dont notre héros sortira indemne, mais qui lui fera comprendre que sa peau ne vaut pas bien cher en cette lointaine contrée. C’est quand il débarque dans une ville fantôme qu’Abram comprend véritablement le sens de sa nouvelle mission… Son épopée survivaliste se transformera alors en véritable quête d’humanité.

Drifter, c’est avant tout un mélange d’ambiances : la science-fiction et le western. A l’instar de l’univers zéro de Cobra, le lecteur se retrouve en effet emmené dans une ambiance futuriste mais où s’appliquent les codes du western et le moins qu’on puisse dire c’est que ce mélange est particulièrement efficace. Sous la plume d’Ivan Brandon, nous assistons aux aventures d’Abram Pollux dont la vie est particulièrement compliquée depuis son crash sur la planète Ouro. Le thème du mystérieux étranger qui arrive dans une petite ville dont il va bouleverser le quotidien est un thème classique du western, mais l’auteur arrive parfaitement à l’exploiter dans ce cadre futuriste sans que cela sonne comme une redite éculée. En plus de concepts particulièrement originaux, l’auteur a saupoudré son histoire d’une bonne couche de mystère, laissant le lecteur aussi désorienté que le personnage dont il suit les aventures sur cette planète bizarre où se trouvent de bien étranges choses. Ce premier album, palpitant de bout en bout, se lit d’une traite et donne envie d’en lire davantage.

Du côté du dessin, signé Nic Klein, nous avons droit à de bien jolies planches qui servent très bien le scénario.

Un excellent album, qui ravira les amateurs de science-fiction matinée de western.


Lazarus tome 1
Lazarus1

Glénat Comics

112 pages – 14.95€
Avril 2015 – Cartonné

Greg Rucka
Michael Lark



Dans un futur proche et dystopique, les gouvernements ne sont plus que des concepts archaïques : le monde n’est plus divisé par zones géographiques mais par frontières financières. La richesse est synonyme de pouvoir, mais elle n’est l’apanage que d une poignée de familles qui la conservent jalousement. Le reste de l’humanité peut bien aller au Diable… Dans chaque famille, une personne est élue pour subir un entrainement intensif, et obtenir le meilleur de ce que l’argent et la technologie peuvent offrir. Cette personne est à la fois la main qui frappe et le bouclier qui protège ; le représentant et le gardien de son clan, son… Lazarus ! Dans la famille Carlyle, le Lazarus est une femme, sexy et redoutable, baptisée Forever. Laissée pour morte dans un combat sans merci, Forever ne devra son salut qu’à ses insoupçonnables ressources. Mais est-elle prête à affronter la vérité ? Ceci est son histoire…

Avec Lazarus, Greg Rucka nous décrit un futur proche où il ne fait pas vraiment bon vivre. En effet, ce sont des familles riches qui tiennent le monde à leur merci, et les populations sont asservies tout comme elles l’étaient sous le joug des seigneurs au Moyen Age (le terme de serfs, très évocateur, est même utilisé dans les dialogues). Ce cadre permet à l’auteur de mettre en scène les conflits entre les familles, qui supplantent les guerres entre pays qui font partie de l’histoire jusqu’à présent, et même au sein des familles dans une ambiance de manipulations et de faux semblants que ne renieraient pas les scénaristes de Dallas. Mais c’est aussi dans ce cadre qu’est exploité le concept du Lazare, être surdoué et puissant qui protège et représente les familles. Ce concept est très bien employé dans ce premier tome, où nous faisons la connaissance de Forever et de son homologue d’une autre famille, qui sont tous les deux surpuissants mais chacun à leur façon. Ce premier album est en tout cas fort intéressant avec son ambiance de magouilles et ses scènes d’action, posant avec efficacité le cadre de la série et en présentant une galerie de personnages intéressants, Forever en tête.

Du côté du dessin, Michael Lark nous livre comme à son habitude des planches très réussies.

Un excellent premier tome, qui inaugure en beauté une série prometteuse.


Sex criminals tome 1
SexCriminals1

Glénat Comics

144 pages – 19.95€
Avril 2015 – Cartonné

Matt Fraction
Chip Zdarsky



Suzie a un secret. Pour elle, le sexe arrête le temps, littéralement. Jon a un problème. Il déteste sa vie, son travail et cette satanée malédiction qui le rend exactement comme Suzie. Tout devait les séparer, à part cette drôle de condition face au sexe, et pourtant… Pour la première fois dans leurs vies respectives de solitaires endurcis, ils se retrouvent… ensemble ! Et ensemble, ils vont utiliser leur don de « geler » le temps grâce au sexe pour faire ce que tout jeune couple normalement constitué ferait : dérober des banques, en commençant par celle où travaille Jon. Avec l’argent récolté, ils pourront peut-être sauver la bibliothèque de Suzie !

S’il peut être assez barbant dans certains de ses travaux de commande (j’avoue que son travail sur Iron Man m’a presque dégouté du personnage), Matt Fraction est beaucoup plus inspiré dans d’autres cadres et c’est fort heureusement le cas avec Sex criminals. Le concept de la série, pour le moins original, est parfaitement exploité dans ce premier album d’où l’ennui est totalement absent. Avec un tel sujet, on pouvait redouter un grand vide scénaristique qui ne serait qu’un prétexte pour enchainer les sc