LCF 2011 : Interview de Gabriel Venet

Les interviews de Watchtower Comics

Après l’interview d’Arno Dufresnes hier, je vous propose aujourd’hui celle de Gabriel Venet, attaché de presse de Close Call Comics.

Gabriel VenetBonjour Gabriel, est-ce que tu peux te présenter pour les lecteurs de Watchtower Comics ?

Bonjour, je m’appelle Gabriel Venet et je suis attaché de presse pour Close Call Comics, le magazine en ligne de Maxime Garbarini.

Close Call Comics a récemment fêté son premier anniversaire, quel bilan peut-on tirer de cette première année d’existence ?

Cette première année d’existence est surtout une année de mise au point, d’équilibre, de balance entre ce qu’on peut faire, ce qu’on peut dire, jusqu’où on peut aller. Il y a aussi beaucoup de contacts qu’on a trouvé sur les différents festivals, à travers les médias, les blogueurs…Le fait d’avoir un web comics qui n’existe que sur le web nous a permis de voir jusqu’où on peut aller au niveau des lecteurs, et au niveau de la page Facebook par exemple cela nous a permis de voir comment on pouvait fidéliser un nombre important de lecteurs. Aujourd’hui on sait vraiment où on peut aller avec les moyens qu’on a, car c’est toujours amateur (Max continue à bosser la journée, moi pareil) et on continue à faire ça sur notre temps libre. Le plus intéressant c’est qu’on s’est vraiment rendu compte maintenant de l’étendue des possibilités qu’on pouvait avoir et les opportunités auxquelles on pouvait prétendre.

Justement, comme il s’agit d’un web comic et donc de quelque chose de très différent d’un comic book papier, est-ce que c’est très différent pour le promouvoir et le mettre en valeur ?

C’est beaucoup plus difficile parce qu’on est quand même vachement habitués à avoir quelque chose en mains -un papier, un magazine, un CD, n’importe quoi -, d’avoir quelque chose de physique. Et c’est vrai qu’aller promouvoir quelque chose qui n’existe pas, qui n’est pas visible (en tout cas dans l’absolu) c’est une toute autre démarche. Donc la plupart du temps, quand on fait la promotion,  c’est énormément à travers les blogueurs et les sites internet parce que c’est eux les meilleurs vecteurs de la communication dans ces cas là. Après en presse c’est toujours un peu difficile parce que comme il n’y a pas de publication à venir on ne peut pas jouer sur le prétexte d’une sortie papier pour communiquer en presse pour le moment et on ne peut pas non plus s’inscrire dans la communication de masse des bandes dessinées générales. Par exemple je ne sais pas si tu connais BD à BD, Zoom ou Animeland qui font énormément de critiques de bandes dessinées mais toujours des critiques « papier », d’un format imprimé. Et aujourd’hui malheureusement, surtout dans la BD en France (parce qu’on est sur un format très franco-belge) il y a une idée qui se transmet de génération en génération que tant qu’on a pas quelque chose de « papier » on n’a pas d’information à traiter.Et c’est vrai qu’à travers le communiqué de presse qu’on a fait (un communiqué de presse web qu’on envoie directement, on ne l’a jamais imprimé car ça ne sert à rien et je préfère l’envoyer par mail au format PDF aux principaux concernés) il y en a qui attendent encore et ça donne des situations comme : « Envoyez moi le format papier », « Il n’y a pas de format papier », « Ah mais ça n’a jamais été imprimé alors » « Ben non », « Alors ça n’existe pas ». En France à partir du moment où quelque chose n’a pas été imprimé, ça n’existe pas. Mais heureusement ça se développe de plus en plus à travers l’iPad, l’iPhone, etc… et sur les sites internet il y a beaucoup de blogueurs qui tiennent leur site donc on commence à se familiariser avec l’idée qu’on a quelque chose qui n’est pas imprimé, qui le sera peut-être éventuellement un jour. C’est la grosse difficulté d’intéresser le journaliste, le blogueur ou le lecteur lambda avec quelque chose qui n’est pas imprimé pour le moment. Surtout qu’il y a un amour de l’objet qu’on ne peut faire apparaître qu’avec une petite prépublication comme ce qu’on avait fait pour la Comic Con, c’est à dire une présentation de ce qu’on a fait mais ce n’est pas une version finalisée. De toutes façons une version papier serait très différente de la version web.

On parlait donc de ces difficultés avec les professionnels de l’édition, est-ce que ces difficultés existent aussi pour tout ce qui est festival, ou bien est ce que les organisateurs sont plus « ouverts » ?

Les organisateurs, à partir du moment où on paie un stand, ils sont très ouverts, il n’y a jamais de problèmes de ce côté-là (rires). Ensuite c’est en terme de crédibilité, j’ai envie de dire que ça fait un peu plus d’un an que ce comics existe et dans la sphère comics en France, dans la petite niche qu’on connait bien, on commence à être connus de tout le monde donc on a moins besoin de faire des pieds et des mains pour expliquer qui on est, comment on fonctionne et pourquoi on est sur le web pour le moment. Avec les festivals on a rarement de problèmes, à partir du moment où tu paies ta cotisation tout se passe bien… (rires) Après ce qui est intéressant c’est que par exemple le Lille Comics Festival peut nous proposer des petits coups de main – sachant qu’on est sur le web et qu’on démarre, qu’il savent que c’est compliqué de lancer quelque chose qui n’est pas concret –  comme des défraiements sur le voyage. On n’a pas un traitement de faveur mais sachant que c’est quelque chose de nouveau et de plus original on va dire on peut bénéficier de petits clins d’oeil, de « Allez je veux bien vous aider, en plus j’aime bien ce que vous faites. ».

Pour l’instant on va dire que les « grands » de l’édition de comics étaient absent du monde digital, mais Panini et Urban sont en train d’annoncer qu’ils vont aussi se lancer dedans donc est ce que Close Call Comics se sent menacé par l’arrivée des « grands » ?

Absolument pas ! (rires) Il n’y a pas vraiment de menace parce qu’on n’est pas sur le même milieu en fait et c’est vrai que même si Maxime travaille énormément sur son univers, sur sa BD et sur ses personnages on n’a pas la prétention de se prendre pour un Marvel ou pour un DC et on n’est pas du tout sur le même plan dans la façon dont on aborde la chose. C’est une création qui est encore amateur pour le moment, on n’a pas envie de se prendre pour n’importe qui, on y va de manière très patiente et la reconnaissance viendra avec le temps. C’est vrai que la première année c’était difficile de faire parler de soi quand on avait dix pages à présenter, parce que c’est une page par semaine et il y a des semaines où il n’y a pas de parution parce qu’il y a un festival de comics et Max ne peut pas dessiner ou parce c’est les vacances (et on a le droit de prendre des vacances aussi (rires)) ou tout simplement parce que comme c’est un travail qu’il fait le soir en plus de son travail la journée et il y a des soirs où il est claqué et où il ne peut pas dessiner et il n’y a pas de pages. Mais non il n’y a pas d’inquiétude par rapport aux grosses maisons digitales et ce serait peut être même bénéfique pour nous parce que ce sont un peu des gros bulldozers qui feraient de la place et on pourrait entrer dans une nouvelle voie du web comic justement, qui est encore pour le moment assez mal compris.

Et bien merci beaucoup pour toutes ces réponses !

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Administrateur et rédacteur principal de Watchtower Comics.

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