LCF 2011 : Interview d’Arno Dufresnes

Les interviews de Watchtower Comics

Pendant le Lille Comics Festival 2011 Watchtower Comics a réalisé des interviews d’acteurs du monde des comics qui se situent un peu en retrait par rapport aux auteurs et artistes, mais dont le rôle n’en est pas moins important.

Nous allons commencer ce cycle d’interviews avec un entretien qu’Arno Dufresnes, membre d’art.themis, a eu la gentillesse de nous accorder.

Arnaud DufresnesBonjour Arno, et merci de répondre à nos questions. Peux-tu te présenter pour les lecteurs de Watchtower Comics ?

Bonjour, je suis Arno, plus connu sous le nom de Nono. Je suis dans l’équipe du LCF depuis maintenant 2 ans (c’est ma deuxième édition) et je suis en charge de tout ce qui est partenariats, relations presse, mise en place d’interviews et de panels…Tout ce qui touche la communication extérieure du festival. En parallèle je suis aussi chroniqueur sur Comixity (Nono ça vient de Comixity, l’homme au chapeau…).


C’est donc la seconde année que tu travailles sur le LCF, comment t’es tu retrouvé impliqué dans le festival ?

Vraiment par pur hasard ! En fait je suis Lillois depuis une bonne dizaine d’années et je suis assez récent dans le monde des comics (ceux qui me connaissent le savent, ça fait trois-quatre ans grand max que je lis des comics assidument). Il y a deux ans, à la Comic Con à Paris j’avais un projet de monter  un comic-shop et je faisais une petite étude de marché dans les files d’attentes où j’ai croisé Julien Shantz qui est le président de l’association art.themis qui organise le Lille Comics Festival. On a discuté, on a sympathisé, je lui ai proposé mes services et du coup j’ai rejoint l’association il y a un an et demi à peu près (juste après la Comic Con 2010). L’année dernière j’ai géré un peu les relations presse et cette année je les ai gérées à 100% : j’ai monté tout ce qui est partenariats avec les boutiques et les différents sites, j’ai fait gagner des places (notamment sur Watchtower) et voilà, c’est comme ça que je me suis retrouvé dans cette galère. (rires)


Alors justement puisque tu parles de galères, nous de notre point de vue de public on ne se rend pas forcément compte mais quelles sont les difficultés rencontrées pour monter un festival tous les ans ?

La principale difficulté, qui est aussi notre avantage, c’est qu’on est le seul festival 100% comics en France, on n’a pas de franco-belge ni de manga présents sur le festival et on veut avoir chaque année la plus belle affiche possible (cette année on a 42 auteurs qui sont là). La difficulté principale c’est de gérer tout ce monde-là pendant tout le festival, de gérer les besoins de chacun (certains sont végétariens, d’autres sont végétaliens, certains sont allergiques au gluten…). C’est vraiment une gestion de tous les jours, il faut aussi gérer les stands, gérer la salle parce qu’on n’est pas beaucoup. D’ailleurs le principal point noir c’est qu’on n’est pas beaucoup dans l’asso : on est une dizaine de membres (11 ou 12 de mémoire) et donc on doit gérer à 12 personnes 42 auteurs et les accompagnants (ce qui fait une cinquantaine de personnes), les stands, les bénévoles, les partenaires, la presse…Donc c’est vrai qu’on est très très vite débordés, chacun a un rôle bien spécifique dans l’asso et les trois mois avant le festival c’est le gros gros rush : on ne dort pas beaucoup et la semaine avant le festival on ne dort quasiment pas, on se voit tous les jours pour fignoler les derniers détails…Le souci qu’on a est vraiment la gestion parce qu’on n’est pas assez nombreux et c’est pour ça que chaque année on fait un appel aux bénévoles (notamment mdata a relayé l’info sur Watchtower pour qu’on ait un peu plus de bénévoles). Cette année ça va, on s’en sort au niveau des bénévoles, c’est assez cool. Donc c’est ça les soucis, mais même si je parle de soucis et de galère c’est vraiment anecdotique parce que c’est tellement du bonheur à organiser ce festival qu’une fois que c’est fini, tout ce qui est problèmes et galères on l’oublie parce qu’on est tellement contents d’avoir fait ça, d’avoir réussi (à l’heure où on fait cette interview on est dimanche midi donc c’est quasiment fini, le festival se cloture dans quelques heures)…Les soucis sont déjà derrière nous, on n’a pas eu de grosse merde cette année (on n’en n’a pas eu l’année dernière non plus), tous les auteurs sont ravis d’être là…la preuve c’est qu’on a des habitués qui viennent tous les ans, c’est une preuve qu’ils sont toujours ravis de venir. Gary Erskine, Phil Winslade, RM Guera, Julien Hugonard Bert… sont là tous les ans et tous les ans au moment de partir ils nous disent que c’était génial et rien que ça ça nous fait oublier toutes les galères qu’on a pu avoir et on est contents.


Justement en parlant des auteurs, est ce que tu aurais une petite anecdote rigolotte pour les lecteurs ?

Oui mais elles ne sont pas racontables en fait ! (rires) J’en ai plein des trucs vraiment rigolos à raconter mais je ne peux pas me permettre de raconter des trucs pas très classe sur un auteur mais on en a chaque année et chaque année on a des fou-rires ou on est embarassés. Gérer 42 personnes c’est difficile, chacun a ses envie et chacun a ses besoins…Tiens par exemple tout à l’heure je suis passé dans les rangs des dédicaces pour demander aux auteurs s’il avaient besoin de quelque chose (une bouteille d’eau, un truc à manger…) et j’ai eu des réponses très différentes : Kevin Maguire m’a dit qu’il voulait la paix dans le monde, Romano Molenaar m’a dit qu’il voulait une Ferrari et Gary Erskine m’a dit qu’il voulait un bol de M&M’s bleus. Ca montre à quel point les auteurs sont détendus, ils sont vraiment contents d’être là, ils sont vraiment cool et ils n’arrêtent pas de nous dire « Les Français sont vraiment géniaux » (ils ne sont pas encore tombés sur des fans hardcore qui sont hyper chiants, ils n’en rencontrent pas chez nous et c’est ce qui les pousse à revenir). Des anecdotes j’en ai plein, j’ai fait que deux festivals côté orga et rien qu’en deux festivals j’en ai déjà pas mal ! (rires)


Du point de vue du festival, y’a t-il déjà des pistes pour son évolution dans les années à venir ?

Alors bien sûr je ne pas trop en dire, on a déjà des noms d’auteurs, rien de confirmé parce qu’on est à un an de la prochaine édition mais on a des pistes assez sérieuses, des gens qu’on n’attend pas. On aura encore certainement nos habitués, ça c’est sûr, mais après en tête d’affiche je pense (d’après ce qui se trame) que ce sera des gens qu’on n’attend pas, des gens qui viennent rarement en France, comme cette année où on a eu Don Rosa qui n’était pas fait une convention Européenne depuis douze ou treize ans (on est ravis de l’avoir, c’est un monsieur adorable). Pour l’année prochaine on a quelques noms de la bande dessinée Américaine assez confidentielle mais pourtant très très reconnus. J’aimerais en dire plus mais pour l’instant tant que c’est pas officiel je ne peux pas. Au niveau de la salle on aimerait bien s’agrandir. Ca fait deux ans qu’on est à la salle du Gymnase à Lille et on aimerait bien avoir un peu plus grand. Notre objectif c’est de s’agrandir tous les deux-trois ans, et mon objectif personnel c’est dans dans dix ans d’être à la salle du Grand Palais au Zenith de Lille pour avoir une salle de la taille de la Comic Con. C’est mon rêve d’ici dix/quinze ans pour l’édition 20 ou 21 du LCF, d’avoir une (pardonnez moi l’expression) p*tain de salle avec une p*tain d’organisation et une p*tain d’affiche ! C’est vraiment ce que je souhaite et je pense qu’on est bien partis pour nous agrandir, on a déjà bien évolué par rapport au premier festival ou même par rapport à il y a trois ans quand on était à la Halle au sucre du Vieux Lille (qui était une salle vraiment très petite et pas du tout pratique parce que c’est plusieurs mini-salles donc les gens circulaient très mal et tout le monde n’était pas au courant d’où était qui, etc…). La salle du Gymnase est très bien, mais encore un peu petite pour nos ambitions donc on espère (appel à la Mairie de Lille et au Conseil régionnal, on espère l’année prochaine voir plus grand).


Et bien c’est tout ce qu’on souhaite !

Je fais également un appel, on recherche toujours des membres, des bénévoles. Si vous avez envie de rejoindre l’association art.themis, c’est deux mois de galère pour deux jours de bonheur mais ça les vaut largement !

Merci beaucoup pour toutes ces réponses !

Je t’en prie !

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A propos mdata

Administrateur et rédacteur principal de Watchtower Comics.

4 réponses à LCF 2011 : Interview d’Arno Dufresnes

  1. Youhou ^^ Merci Franck !

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