Interview d’Alexandre Astier

Comic Con Paris Saison 4

Lors de la quatrième édition de Comic Con Paris, j’ai eu le grand plaisir de pouvoir parler avec Alexandre Astier lors d’une table ronde.

Plusieurs sites étaient présents lors de cette interview fort sympathique, et je vous retranscris ici deux questions posées respectivement par Watchtower Comics (WTC) et Génération Strange (GS).

Alexandre AstierWTC :  Vous avez écrit l’année dernière la préface du livre Nos années Strange. Qu’est ce qui vous a séduit dans ce projet pour que vous vous disiez « Je vais le faire » ?


AA : Pour être tout à fait franc, c’est ce que ma mère m’achetait quand elle venait me chercher à l’école, donc je ne vais pas vous le cacher, c’est comme pour comme beaucoup d’artistes (notamment dans l’univers geek) qui accordent une grande importance à ce qui les bouleversait enfant, puisque c’est de ça qu’on vit très clairement. Strange c’est un truc Français (et même Lyonnais pour un Lyonnais que je suis puisque c’est les Editions Lug qui étaient à Lyon) et c’est du comic Français. C’est à dire que bien évidemment tout cela venait d’ailleurs, des Etats Unis, mais c’était notre façon de le lire.

On n’avait pas le même rythme de parution, pas la même façon de voir ça et on mélangeait ça à nos trucs à nous autrement et comme je l’expliquais un peu dans la préface moi c’était un peu Iron Man qui avait mon affection. Je le lis à ma sortie d’école, à ma mère, là où j’habitais à cette époque là, tout ça…et c’est quelque chose qui est très fort. En plus pour me remercier ils m’ont offert le Strange du mois de ma naissance ! Il y a un truc de nostalgie et un peu d’admiration à cette époque-là (je suis pas encore croulant mais j’en tiens quelques unes) d’avoir sorti un magazine là dessus avec le peu de choses qui existaient autour de nous sur ce truc là…C’est les premiers amoureux du truc en fait, parmi les premiers amoureux du truc en France, qui ont été le chercher et qui l’ont amené.

Donc voilà, et puis ça m’a donné l’occasion d’écrire une préface carte blanche sur ma notion du héros un peu, c’est un truc rigolo que je voulais faire. Strange c’est une madeleine de Proust pour moi, donc je ne pouvais pas dire vraiment autre chose que « oui ».


GS : Vous aimez toujours autant les comics alors ? Ca vous influence toujours ?


AA : Non (rires) Non parce que c’est plus…le pouvoir est aux comics maintenant. Les plus grands films du monde et les plus chers du monde sont aux comics. Ceux qui sont le plus diffusés dans le monde entier sont aux comics et s’adressent aux gens qui aiment les comics. C’est pas que je m’y retrouve pas, j’aime et je vois les films (tous) mais j’ai pas cette notion de…c’est plus underground quoi. C’est tout, et c’est pas grave mais c’est plus pour moi maintenant, plus de la même façon.

Moi j’ai connu l’époque où ça émergeait, l’époque où on savait pas vraiment qui c’était ces mecs là. Les choses étaient triées avant de nous parvenir, traduites, et sans la culture du premier Superman que eux ont eu aux Etats Unis – arrêtez moi si je me trompe – dans les années 20 ou un truc comme ça. On n’avais pas ça du tout du tout donc pour eux ce n’était que la suite, nous c’était un truc naissant et donc aujourd’hui les comics non je lis pas trop.  Et puis j’ai des enfants qui sont vraiment dans le truc manga donc je lis pas mal enfin je regarde un peu pas mal cette création là que je trouve folle. Je ne déteste pas mais ça ne me fait pas le même effet qu’avant.


Un grand merci à Alexandre Astier pour sa disponibilité et sa gentillesse, à Emilie Hurel qui m’a permis de participer à cette table ronde et à Génération Strange pour l’autorisation de relayer ici la question de Julie.

Alexandre Astier a d’ailleurs eu la gentillesse de me dédicacer mon exemplaire de Nos années Strange. Je dois avouer que je n’ai pas touché terre pendant quelques heures… ;)

Dedicace

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