Ghost rider – L’esprit de vengeance

Ghost Rider 2

Il y a quelques années, l’adaptation de Ghost rider sur grand écran n’a pas franchement séduit le public qui n’avait pas été convaincu par ce film (même si en ce qui me concerne j’ai plutôt bien aimé). Du coup lorsque cette suite a été annoncée, on ne peut pas dire qu’elle était favorablement attendue : entre le retour de Nicolas Cage dans le rôle de Johnny Blaze, le temps qu’il a fallu pour monter le projet et le vieil adage qui veut qu’une suite soit généralement moins bien que le film original (même s’il y a de notables exceptions), tous les éléments semblaient réunis pour emmener le public explorer les contrées familières du nanar, d’autant que Christophe Lambert (un grand spécialiste du genre) était annoncé au casting.

Ayant vu le film hier, je peux répondre à cette question : non Ghost rider – L’esprit de vengeance n’est pas un nanar. En fait il s’agit d’un film complètement différent du premier, les réalisateurs Mark Neveldine et Brian Taylor ayant opté pour une suite/reboot à l’image de ce qui avait été fait dans L’Incroyable Hulk (comme pour ce dernier, le générique sert à présenter au spectateur ce qu’il a besoin de savoir du personnage et de son univers). Le ton est radicalement différent et pourrait être résumé en un seul mot : badass.

Sans non plus être un chef d’oeuvre, Ghost rider – L’esprit de vengeance est un film bourrin et un rien déjanté mais maîtrisé où le potentiel du personnage est parfaitement exploité. Le scénario est basique mais efficace, et nous avons ici une série B très correcte. Visuellement les effets spéciaux sont eux aussi assez basiques mais réussis et permettent d’avoir un rendu du personnage plus en adéquation avec ce qu’on pouvait attendre d’un motard venu de l’Enfer que dans le premier film. Il y a pas mal d’expérimentations visuelles assez bien trouvées dans le film, qui est tout sauf académique.

Un jeune garçon et sa mère sont poursuivis pour permettre au mystérieux Roarke d’accomplir une prophétie. Johnny Blaze, hanté par la malédiction qui fait de lui Ghost rider, est envoyé pour les protéger en échange de la perspective de le délivrer du démon qui vit en lui. Parviendra t-il à sauver le garçon de Roarke et à vivre enfin une vie normale ?

Ghost rider 2

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Dans le premier film, Johnny Blaze était présenté comme un héros malgré la nature démoniaque de ses pouvoirs, ce qui était souligné de façon parfois un peu lourde (« Oui tu as fait un pacte avec le Diable mais pour les bonnes raisons », etc…). Ici le personnage est redéfini : déjà l’introduction montre qu’il était un vrai imbécile avant sa malédiction, et son avatar diabolique est ici totalement dépourvu de tout sentiment héroïque : c’est l’esprit de vengeance et s’il est en présence de quelqu’un qui a quoi que ce soit à se reprocher ce dernier va forcément passer un sale quart d’heure. Ghost rider est présenté comme une sortie de machine à juger les coupables sans aucune autre considération, et en plus comme une sorte de vampire qui absorbe ses victimes pour s’en nourrir (ce qui remplace le regard expiatoire du premier opus). En fait Ghost rider vu par Neveldine et Taylor fait penser au Terminator (la tirade de Johnny Blaze sur son alter-ego faisant pas mal écho à celle de Kyle Reese dans le premier film).

Ghost rider 2

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Un autre choix judicieux concerne la folie du personnage : Zarathos (l’esprit qui possède Blaze, comme dans le comic book) est décrit comme un ange devenu fou, et on peut voir à plusieurs reprises que Johnny Blaze a été rendu complètement cinglé par sa condition (ce qui peut se comprendre). Cela permet d’exploiter correctement le jeu de Nicolas Cage, qui en fait bien entendu des tonnes, alors que dans le premier film ça faisait un peu désordre. Bon par contre le côté « ange » qui se manifeste à la fin du film c’est un peu loupé comme effet…Les scènes où Johnny Blaze essaie d’empêcher son alter-ego de se manifester sont pas mal réussies, avec un côté Jekyll et Hyde très bien vu et très bien rendu.

Ghost rider 2

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Du côté des autres personnages, la mayonnaise prend plutôt bien. Idris Elba est parfait dans le rôle de Moreau, et Violante Placido remplace avantageusement Eva Mendez dans le rôle de la mère de Danny. D’ailleurs ce dernier est très bien caractérisé, ni trop caricatural ni énervant. La relation des trois personnages (Blaze, Nina et Danny) fait également pas mal penser à Terminator, Nina lorgnant du côté de Sarah Connor et Danny pouvant contrôler Ghost rider comme John contrôlait le T800, ancien « vilain » envoyé pour le protéger. Dans le rôle de Roarke, donc du Diable, je n’ai par contre pas été hyper convaincu par Ciaran Hinds, qui m’a donné l’impression de faire du sous-De Niro. Et concernant Christophe Lambert, le moins qu’on puisse dire c’est qu’on ne ne voit pas beaucoup, et franchement je n’ai rien trouvé à redire sur sa prestation.

Ghost rider 2

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Les effets spéciaux, qui peuvent sembler un peu cheap par moments (la métamorphose sur la moto est un peu loupée), remplissent parfaitement leur office. Oublié le crâne tout lisse de Ghost rider dans le premier film : ici on voit vraiment un crâne carbonisé qui donne l’impression de se consumer, et le résultat est très réussi : le personnage n’a jamais été aussi terrifiant. L’idée de donner au motard venu de l’Enfer la possibilité de transformer tout ce qu’il pilote permet d’obtenir des scènes très réussies, comme la poursuite en camion enflammé ou le carnage avec la grue. Il y a pas mal de trouvailles visuelles, comme la chute de Moreau, les passages explicatifs ou la « vue » de Carrigan après sa transformation, qui sont également bien fichues. Ca fait moins fignolé que dans le premier film mais le résultat est beaucoup plus efficace. Par contre la 3D est comme souvent totalement accessoire…

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L’ambiance du film est plutôt particulière : on y trouve de l’humour (parfois un peu gras, avec le fameux « pipi de feu » qui amuse tout le monde depuis la bande-annonce), des scènes bien bourrines (Ghost rider et ses ennemis ne font pas dans la dentelle), un peu d’émotion (mais juste ce qu’il faut), du mysticisme…bref un cocktail radicalement différent du premier et très éloigné de ce qu’on pouvait attendre d’une adaptation Marvel très policée et encadrée, mais ça marche plutôt pas mal et en ce qui me concerne je ne me suis pas ennuyé.

Ghost rider 2

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Ghost rider – L’esprit de vengeance n’est clairement pas à situer dans le haut du panier des adaptations de comics sur grand écran. Mais les déçus du premier film peuvent tenter leur chance avec ce nouvel opus, radicalement différent du précédent, qui plaira aux amateurs de films non conventionnels.