Du côté de la librairie

J’ai eu l’occasion de lire quelques albums dernièrement, dont je vais maintenant vous parler afin de vous livrer mon avis.

  • Batman – Asile d’Arkham : Le pitch de cette histoire est plutôt intéressant : les pensionnaires du célèbre asile de Gotham font une prise d’otages et exigent que Batman vienne à la place qu’il doit occuper parmi eux. Partant de là, Grant Morrison nous fait faire un voyage au coeur de la folie, cette dernière étant particulièrement bien rendue par les très belles planches de Dave Mc Kean. On retrouve ici la santé mentale de Batman, qui n’est pas franchement plus reluisante que celle de ses ennemis, si ce n’est qu’il semble en être plus ou moins conscient (il a peur d’entrer dans l’asile). En parallèle, on assiste au récit de la vie du fondateur de l’asile, le tout finissant par s’enchevêtrer.  Même si le scénario est très bon en lui même, il faut en tout cas rendre justice au superbe travail de Dave Mc Kean, qui rend la folie de cette histoire (ou de ces histoires) quasi-palpable. Cet album m’a bien plu, même s’il ne s’agit pas forcément de l’aventure la plus accessible de Batman, et je vous conseille d’y jeter un petit coup d’oeil pour être sûr que ce genre de récit vous conviendra.
  • Captain America t4 : A travers quatre histoires distinctes, Paul Jenkins montre un Captain America bien moins super héroïque que dans les pages des Vengeurs. On a parfois tendance à oublier que Cap n’est pas un banal acrobate déguisé en drapeau pour casser la figure de Kang, mais qu’il est un soldat avant tout et surtout un symbole. Pas un symbole forcément hyper nationaliste couvrant aveuglément tous les errements de son pays (n’oublions pas que pour l’équivalent Marvel du Watergate Cap avait abandonné son rôle), mais le porte-parole d’une certaine idée de l’Amérique fidèle à ses fondateurs. Cette approche est particulièrement visible dans l’une des histoires où il n’apparait pas physiquement mais comme une sorte de concept qui traverse les âges. Les autres histoires sont assez réussies également, montrant toujours la grande droiture du personnage (je pense que Cap est le Superman de Marvel sur le plan de la personnalité). Du côté du dessin, plusieurs artistes se succèdent sur les différentes histoires, avec un résultat globalement bon. Ce n’est certes pas un album indispensable, mais une agréable surprise et une lecture agréable.
  • Daredevil Noir : Nouvel album adaptant les séries Marvel en polar noir, Daredevil me laisse assez partagé. Oui c’est une bonne histoire, avec un dessin qui la sert très bien et il y a des surprises au long du récit. Cependant je ressens la même chose qu’avec Spiderman Noir : c’est trop proche du « vrai » Daredevil. Je préfère largement les déclinaisons des X-Men et de Wolverine, qui ne prennent que l’essence des personnages pour bâtir leur univers. Ici, comme pour Spiderman, cela s’apparente plus à une transposition des personnages similaire à 1602 et je trouve ça un peu dommage. Cela reste cependant un très bon récit qui se lit vraiment très bien, mais en ce qui me concerne mes attentes de « réinvention » du personnage ne sont pas satisfaites.
  • Dark Reign t2 : Second volume fourre-tout en relation avec le règne du mal ! On commence par une bonne dose de Deadpool, le mercenaire le plus déjanté du Marvelverse. C’est toujours aussi barré, et ça se lit vraiment très bien (j’ai adoré « Les voleurs de bonbecs » ;)). On passe ensuite aux aventures de la nouvelle Miss Marvel (Opale pour ceux qui ne suivent pas) et cela se lit assez bien, même s’il est difficile de se passionner pour une série qu’on a par bouts (je pense qu’on n’aura pas la résolution du cliffhanger présent ici). La suite de l’album consiste en deux mini-séries : Zodiac et Lethal Legions. La première raconte l’histoire d’un criminel qui n’est pas satisfait du règne de Norman Osborn et qui d’agir dans son coin. C’est plutôt bien fichu (malgré un dessin qui ne m’a pas franchement plu), ça fait penser à Hood sauf que cette fois on ne rend pas le personnage sympathique, bien au contraire. On passe ensuite à Lethal Legion, pour une histoire très bien ficelée de recherche de coupable (façon Usual Suspects). Rien à redire, c’est très bien écrit et bien dessiné, la meilleure histoire de l’album sans aucun doute.
  • Kick-Ass t2 : Après la première partie de l’histoire au mois de mars, voici la suite et fin des aventures de notre apprenti super-héros. Comme dans le premier tome, ça cogne beaucoup et ça saigne énormément. L’histoire se conclut de façon assez logique au vu de sa première partie, mais je trouve que Millar en fait trop. Son objectif est vraiment de montrer des personnages tous plus pathétiques les uns que les autres, obtenant ainsi l’antithèse absolue d’un happy end. Chez certains auteurs ça passe, ici Millar se prend un peu trop au sérieux (un peu comme pour le final de Wanted) et même si ce n’est pas désagréable à lire ce n’est pas non plus la série du siècle. On notera également une forte tendance de l’auteur à se moquer ouvertement de son lectorat, ce que personnellement j’apprécie assez peu. Du côté du dessin, John Romita Jr (ou Romta ? ;)) est plutôt en forme, même s’il a déjà fait beaucoup mieux. Une série qui se lit assez bien donc, mais qui est loin de mériter ce buzz quasi-hystérique.
  • No hero : Après nous avoir surpris avec Black Summer, Warren Ellis et Juan Jose Ryp nous proposent un nouveau récit sur une équipe de super héros atypique. Le pitch est plutôt séduisant : une drogue permet de transformer les humains en êtres surhumains, avec cependant des effets secondaires assez marquants, et donc il faut vraiment être motivé pour devenir un super héros et intégrer la seule super équipe existante. On suit ici le parcours d’un « justicier de quartier » (« vigilante » en Anglais) qui est décidé à faire partie de cette équipe, au moment où cette dernière se voit visée par des attaques très brutales contre ses membres. Pas mal de choses surprenantes sont au programmes, et le final est un twist logique mais difficile à voir venir. On retrouve ici l’attachement d’Ellis pour des équipes de héros brutaux et atypiques (comme pour Authority et Black Summer), mais l’auteur pousse ici le bouchon plus loin avec la vraie nature de ces héros et surtout de son dernier membre. C’est brutal mais très intéressant. Du côté du dessin, Ryp nous offre des planches que personnellement je trouve plus travaillées que dans Black Summer, où il était parfois difficile de comprendre ce qu’il se passait dans certaines planches. Le gros défaut de cet album, car