Deadpool 2 (sans spoilers)

Deadpool

Critique de Deadpool 2 de David Leitch (2018) garantie sans spoilers.

Avec Ryan Reynolds, Josh Brolin, Julian Dennison, Zazie Beetz, Morena Baccarin, Brianna Hildebrand, Andre Tricoteux/Stefan Kapicic, TJ Miller, Leslie Uggams et Karan Soni.

Quand un jeune garçons avec des super-pouvoirs devient la cible d’un cyborg venu du futur, Deadpool rassemble une équipe de mutants pour le protéger.

Deadpool 2

Y’a t-il un Deadpool pour sauver… ?

Le premier film Deadpool avait été un véritable tremblement de terre dans le monde des adaptations de comics au cinéma : réalisé avec un petit budget après des années de combat de la part de son interprète pour que le projet finisse par aboutir, le film avait surpris tout le monde par son côté décalé totalement assumé et Ryan Reynolds avait ainsi pu réhabiliter le personnage qui avait été bien esquinté (sous ses traits également) dans le premier film Wolverine. Le succès de Deadpool avait eu beaucoup d’impact sur les productions de la concurrence, le film ayant même séduit un public pas forcément fan des films de super-héros.

Deadpool 2

Mais voilà, il ne suffit pas de surprendre une fois : il faut encore réussir la délicate tâche de donner une suite aux aventures du mercenaire à la grande g*** sans pour autant tomber dans les travers des suites de films à succès. La tentation du too much a effet plombé bien des suites, et si la sauce prend une fois, en doublant ses ingrédients elle devient indigeste.

Deadpool 2
Cette suite, qui a connu une gestation un peu chaotique derrière la caméra, va beaucoup plus loin que le premier film. Déjà, le budget est plus conséquent et cela se sent, même si on ne se situe pas non plus dans les ordres de grandeur d’un Avengers. D’ailleurs les limites du budget sont une fois de plus raillées par Deadpool, dans un de ses nombreux délires meta. Mais le film va également plus loin avec une surabondance de moments gore (tout est prétexte à montrer les outrages subis par le mercenaire le plus barré de Marvel), de blagues qui tapent sur tout et tout le monde, des références plus ou moins subtiles (bon plus souvent moins que plus) aux comics mais aussi à d’autres films.

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Il est donc bien clair qu’entre le gore et les blagues en dessous de la ceinture le film n’est pas du tout pour les enfants. En fait, le film fait penser aux films des « ZAZ » (Zucker/Abrahams/Zucker) tels que Y’a t-il un pilote dans l’avion, Hot Shots ou encore Top Secret! (surtout ce dernier) de par son côté complètement barré.

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Cable & Deadpool…

Dans le premier film, Ryan Reynolds avait montré sa maîtrise du personnage, et à l’instar de comédiens qui ont marqué les adapations de leur empreinte, Ryan Reynolds semble décidément né pour incarner ce cinglé de Wade Wilson. Il est totalement à l’aise dans le personnage, ce qui est d’autant plus logique qu’il en est également le co-scénariste. On ne compte pas les vannes sur ses erreurs de parcours avant de trouver ce rôle qui lui va comme un gant, d’ailleurs ne ratez surtout pas les scènes post-générique qui sont un grand moment d’auto-dérision.

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On l’attendait depuis longtemps, il est enfin là : Nathan Christopher Summers, alias Cable, est arrivé sur le grand écran. Incarné par Josh Brolin, qui est également à l’affiche « en face » sous les traits de Thanos (ce qui est source de vanne dans le film), le mutant venu du futur est convaincant avec son côté ombrageux et taciturne qui fait davantage penser aux origines du personnage dans les années 90 alors qu’on ne savait rien de lui (d’ailleurs il n’était pas du tout prévu à la base qu’il soit le fils de Cyclope revenu du futur, et rien n’indique dans le film qu’il le soit tout comme rien n’infique qu’il ne le soit pas !). Sorte de Terminator qui dégomme tout ce qu’il y a sur son chemin, le personnage est impressionnant et son rendu est plutôt bon même si par moments la représentation de son côté cybernétique (pas le bras qui lui est bien fait) fait un peu cheap.

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…et les autres

Outre le retour de Colossus (qui en prend encore pour son grade) et de Teenage Negasonic Warhead, on a droit à une flopée de personnages à pouvoirs pour rejoindre nos deux lascars. Je n’en dis pas plus pour ne pas gâcher la surprise, mais vous aller retrouver des têtes connues dans des déclinaisons plus ou moins surprenantes. Que cela aille du simple cameo au personnage plus important, ces personnages sont en tout cas dans la logique qui anime le film : toujours plus c**. Mention spéciale à Peter (non, pas Colossus), caution moustache du film !

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On retrouve également les personnages improbables du premier volet : Dopinder, Weasel, Blind Al… et ils ne se sont pas arrangés ! Vanessa est de la fête également, mais d’une façon plutôt surprenante et qu’on ne risque pas de deviner à la vision de la bande-annonce.

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Un personnage important de cette histoire est le jeune mutant protégé par Deadpool : Russel Collins, alias Firefist. Incarné avec justesse par Julian Dennison, le personnage est conforme à l’idée qu’on peut se faire d’un ado dans sa situation : la moitié du temps on est ému par ce qui lui arrive et on souhaite le protéger, mais le reste du temps on a envie de le baffer ! Entre son nom et ses pouvoirs, je ne serais pas surpris qu’il s’agisse d’une adaptation assez lointaine du personnage de Rusty Collins, premier mutant sauvé par X Factor.

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Et parmi ces personnages, on ne peut pas ne pas parler de Domino, incarnée par Zazie Beetz. J’avais des gros doutes sur le personnage, mais j’ai été emballé par sa représentation. Ses pouvoirs sont prétexte à des scènes toutes plus barrées les unes que les autres, les scénaristes ayant visiblement décidé de pousser le curseur du deus ex machina à fond en utilisant son talent pour la chance. Ses interactions avec Wade Wilson sont amusantes, avec des dialogues parfois totalement surréalistes.

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Bip bip et le coyote sous acide

Deadpool 2 n’est pas un film parfait : outre les effets un peu limités dus à son budget le film a un peu de difficultés à décoller. En fait le tout début se déroule à cent à l’heure, puis le film cale rapidement et est un peu laborieux pendant à peu près une demi-heure. Un peu comme lorsqu’on fait une course sans s’échauffer : on part sur les chapeaux de roue, on se fait mal et on boite.

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Mais d’un seul coup le film redémarre et c’est le sans-faute jusqu’à la fin grâce à une ambiance totalement hystérique. En fait, ça a un peu l’air d’un épisode de Bip bip et le coyote, mais sous acide car c’est encore plus barge que le légendaire cartoon qui pourtant était loin d’être calme. Tout peut arriver, et même tout ce qui peut arriver de débile finit par arriver, à tel point qu’on s’étonne presque de ne pas voir les personnages se balancer des enclumes ou des pianos.

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Entre deux blagues et autres moments délirants, il y a tout de même des choses plus sérieuses et même touchants. Certes, c’est souvent noyé sous un océan de gros mots, mais le film traite de choses tout à fait sérieuses même si c’est fait avec une approche totalement disjonctée, et l’émotion est bien présente au rendez-vous entre deux âneries.

En conclusion

Si vous avez aimé le premier film Deadpool, il y a de grandes chances que le second opus vous plaise. Après, il faut être conscient qu’il va beaucoup plus loin que son prédécesseur, donc si ce dernier était votre limite à ce que vous pouvez encaisser comme film totalement barré vous risquez de vous retrouver en overdose avec Deadpool 2.

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Administrateur et rédacteur principal de Watchtower Comics.

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