Agents of SHIELD – Retour sur l’épisode 100

Agents of SHIELD

C’est la semaine dernière qu’a été diffusé aux Etats Unis ce qu’on pensait ne jamais voir il y a quelques années : le centième épisode de la série Agents of SHIELD, dont la saison 5 est en cours sur ABC.

Agents of SHIELD a en effet connu une période inégale et les audiences qui vont avec, les scénaristes ayant du mal à trouver leurs marques et à construire un univers pour la série en sachant qu’elle se déroule au sein du MCU (Marvel Cinematic Universe) sans que pour autant il ne soit question que les poids lourds des studios Marvel ne viennent pointer le bout de leur nez encapé sur le petit écran. Petit à petit, la série a trouvé son rythme et tout en restant ancrée dans la mythologie issue des films elle a su gagner son identité propre.

La cinquième saison, qui pourrait d’ailleurs être la dernière (en tout cas les showrunners se sont préparés à cette éventualité), est allé très loin en sortant complètement la fine équipe de Phil Coulson de sa zone de confort. Après des intrigues autour des LMD (Life Model Decoy), du Cadre (réalité virtuelle matinée de sorcellerie) et des Inhumains, sans oublier Hydra ou encore Ghost rider, c’est dans l’espace qu’a été planté le décor de cette saison avec un résultat franchement épatant.

Le centième épisode d’une série est le moment où ses auteurs se retournent sur le chemin parcouru, pour célébrer ce cap qui tend à devenir rare de nos jours où les séries qui dépassent la première saison deviennent l’exception plus que la règle. C’est souvent l’occasion pour des comédiens partis de la série en question de revenir se montrer, et d’évoquer des moments forts avec des flashbacks. Le centième épisode de Arrow fin 2016 avait pour sa part utilisé un subterfuge plutôt bien pensé pour célébrer la progression de la série. Je ne détaillerai pas ici le mécanisme employé (j’en reparle un peu après), mais il est bien trouvé et permet donc de fêter dignement cet anniversaire.

Ce centième épisode est en tout cas particulièrement réussi, avec des révélations (allant des plus importantes aux plus légères) et des moments émouvants qui ne peuvent que parler aux spectateurs de la première heure. C’est une belle façon de célébrer ces cent épisodes, et tout comme le film Avengers Infinity War à venir est censé clôturer un cycle, il semble bien que cela soit aussi le cas du côté du SHIELD. Il reste maintenant à voir ce que donnera la fin de la saison, mais en tout cas cet épisode spécial a largement tenu ses promesses.

Agents of SHIELD

 

Lire la suite

Black Panther

Black Panther

Après les événements de Captain America Civil War et la mort de son père, T’Challa retourne dans sa nation du Wakanda pour en devenir le roi. Mais le fantôme du passé menace son pays et le monde tout entier.

Le personnage de la Panthère noire avait fait une apparition remarquée dans le troisième film consacré à Captain America, à savoir Civil War. T’Challa a maintenant droit à son propre film, suivant ainsi le même chemin que son collègue Spider-Man qui est aussi passé par la case Civil War avant d’avoir son film solo. Les attentes étaient fortes, car le potentiel du personnage et sa nature même de souverain tiraillé entre son devoir et ses activités de héros font qu’il n’étais pas forcément évident de l’adapter correctement.

Ce dernier film du Marvel Cinematic Universe (MCU) avant Infinity War est en tout cas une nouvelle fois réussi. La dualité du personnage dont je parlais un peu plus haut est bel et bien présente dans cette histoire, tout comme celle de son pays qui est un délicat équilibre entre modernité et tradition. On pourra apprécier au passage que la nation Africaine du Wakanda, toute imaginaire qu’elle soit est dépeinte avec justesse et sans recourir à des clichés occidentaux qui en feraient un pays caricatural.

Ryan Coogler signe donc une très bonne adaptation du personnage de la Panthère noire et de son univers, avec bien entendu quelques ajustements nécessaires pour non seulement rester cohérent avec le MCU (ne serait-ce que pour le personnage d’Ulysses Klaue, déjà vu dans Age of Ultron) mais également parce qu’il est illusoire d’adapter un comic book en mode copier/coller. Aucune trahison cependant, on retrouve ses marques dans une histoire qui tient très bien la route malgré un ou deux petits points assez prévisibles (mais j’en reparle plus bas). Comme on pouvait le supposer au vu de la bande-annonce, l’humour n’est pas omniprésent dans ce film vu que le sujet ne s’y prête pas mais on retrouve tout de même ici et là des vannes pas forcément bien placées. Ca passe généralement assez bien, à une exception près où une vanne casse un moment assez solennel. On est en présence d’un film d’aventures, avec un côté James Bond assez visible à l’occasion de certaines scènes, ce qui colle très bien au personnage.

Chadwick Boseman prouve une nouvelle fois qu’il est très à l’aise dans le rôle de T’Challa, apportant une certaine majesté tout à fait appropriée à son personnage de roi et super-héros. Le reste du casting n’est pas en reste, avec un Michael B. Jordan qui se fait ainsi pardonner de sa présence dans le calamiteux reboot des 4 Fantastiques en campant un Killmonger qui éclipse les vilains habituels des films du MCU. Tout le monde est à l’aise dans son rôle, et on appréciera de plus en version originale le soin apporté aux accents des différents personnages.

Sur le plan visuel, le spectacle est une nouvelle fois assuré avec des cascades totalement démentes même si par moments l’omniprésence d’effets spéciaux pour les réaliser est un peu trop marquée. On appréciera également de très jolis plans au Wakanda (ou à un autre endroit évoqué plus bas), qui ont de quoi apporter au spectateur une bonne dose d’évasion.

Fidèle à la tradition du MCU, Black Panther propose également deux scènes post-générique donc on reste bien sagement assis dans son fauteuil jusqu’à la fin de la fin du générique (quitte à s’attirer les foudres du vigile qui a une énorme envie de vous virer de la salle).

Dernière étape avant Infinity War, Black Panther réussit le pari risqué d’adapter à l’écran le personnage de T’Challa et le folklore du Wakanda. 

Lire la suite

Punisher saison 1

Punisher

Après avoir vengé sa femme et ses enfants, Frank Castle se fait discret et tente de retrouver une vie normale. Mais les choses se compliquent et le Punisher n’en a en fait pas terminé avec sa croisade.

Le Punisher était un personnage qui n’était guère gâté par ses adaptations : après une première tentative très ancrée dans les années 80 (et donc un film ayant les qualités et les défauts des films d’action bourrins de cette période), les deux films qui ont suivi dans les années 2000 n’étaient pas folichons non plus. Puis Frank Castle a fait une nouvelle apparition sous les traits de Jon Bernthal dans la saison 2 de Daredevil et là les spectateurs ont enfin pu voir une version aboutie du personnage. Non content d’avoir volé la vedette à ses petits camarades de jeu, le justicier urbain se voit donc offrir son spin-off qui vient compléter le panel de séries Marvel diffusées sur Netflix.

Dès le mois de décembre, treize épisodes composant la saison 1 de Punisher  ont donc été mis en ligne, et le résultat est à la hauteur de ce qu’on pouvait espérer. Littéralement habité par son personnage, Jon Bernthal livre une interprétation phénoménale de Frank Castle qui tire toute la saison vers le haut. Le reste du casting n’est pas en reste, mais une fois encore le Punisher est magistral.

Contrairement à ce qu’on pouvait penser, cette saison n’est pas une ode à la NRA ou aux amoureux des pétoires (qui en prennent pour leur grade) ni même une incitation à tirer sur son voisin s’il vous regarde de travers. Le Punisher de la série, savant cocktail de différentes versions issues des comics (on reconnait notamment des influences de Garth Ennis et Greg Rucka) est bel et bien une machine à tuer mais davantage présenté comme une solution désespérée aux situations qui ne le sont pas moins.

A l’instar du premier film Rambo (avant que la franchise ne devienne une ode cartoonesque à la violence des années Reagan), Punisher traite également des soldats qui reviennent meurtris du front, dans leur chair et/ou dans leur esprit. Mais ce n’est pas pour autant que la saison est pacifique, au contraire lorsqu’on a le malheur de déclencher sa fureur le Punisher est une implacable machine à tuer que rien ne semble pouvoir arrêter même si le rythme n’est finalement pas aussi nerveux que celui qu’on pouvait attendre.

Les séries Marvel de Netflix ont généralement en commun une grande violence, et dans le domaine Punisher est largement au niveau de Daredevil. Bagarres sauvages, torture, tripes à l’air et hectolitres d’hémoglobine, cette série n’est pas du tout faite pour des yeux larmoyant lorsqu’un personnage se casse un ongle !

Cette première saison est en tout cas agréable à suivre, se situant dans la fourchette haute des séries urbaines de Marvel. Tout n’est pas parfait, avec quelques facilités scénaristiques et une fois encore le personnage de Karen Page est écrit à la truelle. Mais globalement cette première saison se tient bien et le Punisher est tout aussi efficace que lorsqu’il sévissait du côté de Hell’s Kitchen.

Adaptation très réussie du personnage du Punisher, la première saison de la série du même nom est très efficace et surclasse pas mal d’adaptations de comics sur petit écran. Mention spéciale à Jon Bernthal, qui donne vie avec beaucoup de talent à son personnage.

Lire la suite

Star Wars Episode VIII : Les derniers Jedi

Star Wars - Les derniers Jedi

Tandis que la Résistance affronte le Premier Ordre, Rey demande à Luke Skywalker de l’aider à maîtriser ses nouveaux pouvoirs. 

Sorti à la mi-décembre, l’épisode VIII de Star Wars a divisé le public, les fans mécontents allant même jusqu’à faire des pétitions pour demander son retrait du canon de la célèbre saga. Il faut dire que Rian Johnson n’a pas du tout opté pour la même approche que son prédécesseur JJ Abrams : alors que le second avait plutôt joué la carte du fan service à tous les étages et pris peu de risques (à une exception près), le premier n’a pas hésité à tenter des choses et à prendre les fans à rebrousse poil pour emmener l’univers de Star Wars vers de nouveaux horizons. Ce que ces derniers n’ont pas vraiment apprécié, alors que pour autant il n’y a pas de réelle trahison justifiant une telle colère. Si les réseau sociaux avaient existé à l’époque de L’Empire contre attaque, j’ose à peine imaginer le carnage !

Tout n’est pas parfait dans ce film, notamment un humour trop appuyé dans ses premières minutes et on sent qu’il y a quelques transitions qui sont restées sur le sol de la salle de montage (le premier jet du film durait une demi-heure de plus). Sans oublier une séquence spatiale un peu…insolite (j’y reviens en partie spoilers). Néanmoins, ce n’est pas pour autant que le film est loupé : le spectacle est au rendez-vous, que ce soit dans l’espace ou au coeur de paysages magnifiques, et même s’il est clair qu’il y a vraiment de quoi être surpris par les choix scénaristiques de cet épisode je n’ai rien trouvé non plus de honteux ou de « out of character » comme je l’ai lu ici et là.

Les effets visuels sont très réussis, les comédiens sont à l’aise dans leurs rôles et franchement on ne voit pas le temps passé au fil des 2h30 que dure Les derniers Jedi.

Star Wars Episode VIII – Les derniers Jedi est un film réussi, qui a tout à fait sa place dans l’univers Star Wars qu’il a certes bien agité en tentant des choses mais sans pour autant en trahir l’esprit. 

Lire la suite