Captain America

Captain America

Dire que l’adaptation cinématographique de Captain America était très attendue serait en dessous de la vérité. Pièce finale du puzzle menant au film Avengers, le film est suivi de près par pas mal de monde depuis qu’il a été officiellement annoncé, d’autant que la présence de Chris Evans (déjà à l’affiche des deux films Fantastic Four) dans le rôle titre ne faisait pas l’unanimité. D’ailleurs je faisais partie des inquiets, même si sa prestation dans Sunshine et les bandes-annonces de Captain America m’avaient amené à réviser mon opinion.

Nous sommes le 17 août, je sors de la séance et…je suis très content de ce que j’ai vu. Captain America se hisse sans soucis dans le haut du panier des adaptations de super héros au cinéma, se payant même le luxe d’être meilleur que Thor. Ce dernier était très bon, mais était plombé par quelques petits défauts (Jane Foster en potiche, vannes loupées) qui ne sont pas présents dans l’adaptation de Captain America. Chris Evans est très bon, comme d’ailleurs tout le reste du casting qui a été vraiment sélectionné avec beaucoup de soin. Et sur un plan personnel, j’apprécie que la version retenue soit le Steve Rogers de l’univers Marvel classique (même si pas mal d’éléments proviennent de l’univers Ultimate et qu’encore une fois la sacro-sainte continuité se prend une grosse claque). Les effets spéciaux sont très réussis, la musique également et l’ambiance rétro parfaitement rendue.

De plus cette nouvelle étape vers le film Avengers bétonne l’univers partagé qui se met en place depuis Iron Man et lui offre davantage de cohérence, ce qui rend le projet Avengers encore plus ambitieux (c’est à ma connaissance la première fois qu’un univers partagé d’une telle ampleur est mis en place pour des adaptations de comics et ça tient très bien la route).

Et ne ratez surtout pas la séquence post-générique !


Pendant la Seconde guerre mondiale, les Etats Unis mobilisent tous les hommes valides pour combattre sur le front. Le jeune Steve Rogers est prêt à tout pour intégrer l’armée, ce que son physique frêle et sa santé fragile lui interdisent. Remarqué pour sa ténacité et ses qualités humaines, il est alors choisi pour participer à un programme expérimental visant à créer des super soldats voués à combattre les forces de l’Axe. A l’issue de l’expérience, il deviendra le seul super soldat Américain qui se fera connaître sous le nom de Captain America.

Captain America

Dangers spoilers LA SUITE DE L’ARTICLE CONTIENT DES REVELATIONS SUR L’INTRIGUE (SPOILERS)

Le moins qu’on puisse dire, c’est que Joe Johnston, dont la filmographie n’est pas spécialement exceptionnelle (à part le mésestimé Rocketeer), devait relever un défi de taille : réussir un film dans l’univers des Vengeurs sur un personnage qui n’est pas forcément très attractif, et passer derrière les adaptations d’Iron Man, Hulk et Thor (pour ne parler que des films Vengeurs). Cependant le défi a été relevé avec succès, Captain America étant un cocktail réussi de film de guerre et de film d’aventures (le côté super héros en deviendrait presque accessoire), avec un petit côté Indiana Jones très agréable.

Captain America

Captain America

Le scénario, qui prend certaines libertés avec l’histoire de Captain America, permet de prendre conscience du rôle iconique du personnage – en soulignant l’importance de la propagande pour l’enrôlement des soldats et en présentant Captain America comme une simple mascotte à ses débuts – et de montrer que Cap n’est pas simplement « un soldat habillé en drapeau » mais bel et bien un symbole qui galvanise les troupes qui le respectent après qu’il ait fait ses preuves. Il est d’ailleurs amusant que le « costume de scène » de Captain America soit une réplique exacte du costume classique, ce que personnellement je range dans la même catégorie que les vannes sur les costumes dans le premier X-Men. Et puisqu’on parle de costume, le costume définitif de Captain America – utilisant le design des flashbacks d’Ultimates – est très réussi et  rend très bien à l’écran. J’ai aussi apprécié la multitude de petits clins d’oeil pour les fans, suffisamment discrets pour ne pas alourdir le film tout en amusant les connaisseurs (Human Torch à la Stark Expo ou le fameux bouclier high tech qui évoque celui que Tony Stark offrira à Cap quand il perdra le sien dans l’océan et avec lequel il fracasse le mobilier des Vengeurs).

Captain America

Captain America

Du côté du casting, on ne peut que rendre hommage à la prestation de Chris Evans, qui réussit totalement à faire oublier sa prestation de jeune branleur dans Fantastic Four. Son interprétation de Steve Rogers est absolument impeccable, qu’il s’agisse de sa période gringalet ou de ce qu’il devient après l’expérience qui fait de lui Captain America (il a véritablement le charisme qui fait de Captain America l’une des figures les plus respectées du Marvel Universe). Le changement de l’un à l’autre est d’ailleurs très spectaculaire, les effets spéciaux permettant de réduire et augmenter le gabarit de Chris Evans étant très réussis.

Steve Rogers "avant"

Steve Rogers "avant"

Steve Rogers "après"

Steve Rogers "après"

Steve Rogers tel qu’il est présenté dans le film est très fidèle à son modèle de papier de l’univers classique. Il s’agit en effet d’une personne avec énormément de qualités morales (courageux, sensible et altruiste) alors que sa condition physique et les brimades subies auraient pu en faire un être vil et aigri. J’avais un peu peur de la caractérisation qui serait choisie, le Captain America version Ultimate étant beaucoup moins recommandable (Millar en a fait un beauf reac et agressif), mais j’ai été rassuré dès le début du film. On pourra dire que le discours est un peu simpliste, insistant sur le fait que les qualités d’un véritable héros se trouvent avant tout en lui, mais en ce qui me concerne je trouve que ça fonctionne parfaitement.

Captain America

Captain America

J’ai également trouvé très bonne la prestation de Hayley Atwell (que je ne connaissais pas du tout) dans le rôle de Peggy Carter. On ne risque en tout cas pas de la trouver potiche, elle est même presque un peu trop « badass » par moments. Outre le fait qu’elle soit absolument charmante (le style des années 40 lui va très bien), elle interprète de façon impeccable un personnage qui oscille entre dureté et douceur. Que ce soit dans l’émotion, l’action ou l’humour pince-sans-rire, Hayley Atwell est très convaincante et son duo avec Chris Evans fonctionne très bien. Il est vraiment dommage qu’au vu de l’histoire nous ne retrouverons pas la comédienne dans Avengers, quoiqu’il serait envisageable que le twist employé dans les comics (Sharon Carter est le sosie de Peggy Carter) puisse être employé à l’écran.

Peggy Carter

Peggy Carter

Cap et Peggy

Cap et Peggy

Le reste du casting est tout aussi réussi. Outre le Pr Erskine, très bien interprété par Stanley Tucci, on retrouve un Howard Stark très inspiré de Howard Hughes (Dominic Cooper est impeccable), le colonel Chester Phillips très bien joué par un Tommy Lee Jones toujours épatant et les fameux Howling Commandos menés ici par Dum Dum Dugan (incarné par Neal Mc Donough). Quant à Bucky, il a été choisi de prendre un personnage plus adulte, également tiré des Ultimates (avec une influence de la réécriture du personnage par Brubacker dans l’univers classique), plutôt que d’utiliser le gamin de la version classique. L’interprétation de Sebastian Stan est très bonne, donnant vie à un Bucky parfaitement convainquant. Je regrette juste que sa mort ait finalement une portée symbolique différente de celle qu’il a connue sur papier : ici il tombe d’un train après avoir sauvé son ami plutôt que d’avoir tenté de désamorcer une bombe. Certains diront que ce n’est pas très différent (dans les deux cas Cap se sent responsable), mais je trouve son destin originel plus héroïque (même si c’est quand même très bien fait ici) et il sera très difficile du coup d’en faire le Soldat de l’hiver à l’écran !

Pr Erskine

Pr Erskine

Howard Stark

Howard Stark

Chester Phillips

Chester Phillips

Dum Dum Dugan

Dum Dum Dugan

Bucky

Bucky

Du côté des ennemis de Captain America, outre un Arnim Zola interprété de façon très convaincante par Toby Jones nous avons droit à un Crâne rouge magistralement interprété par Hugo Weaving. Empruntant des caractéristiques au Baron Zemo (le côté savant fou et responsable de la mort de Bucky) et au Baron Strucker (HYDRA), la version cinématographique de Crâne rouge est constamment effrayante, même avant qu’on ne voie son vrai visage et ne verse pas dans la caricature facile. Reflet dans l’ombre de Steve Rogers et comme lui  produit du travail du Pr Erskine, Crâne rouge illustre ce que peut donner une mauvaise utilisation de la science, qui peut tout aussi bien produire un champion du Bien qu’un suppôt du Mal. J’ai apprécié également de trouver l’HYDRA dans le film, même si le look de ses soldats fait penser à celui des membres de Cobra dans GI Joe…

Arnim Zola

Arnim Zola

Crâne rouge

Crâne rouge

HYDRA

HYDRA

Reste maintenant à parler d’un dernier point : l’univers partagé, mis en place depuis le premier Iron Man.  Au vu des films précédents, on pouvait se poser des questions sur la pertinence de la technologie Stark (surtout dans Iron Man 2) ou même sur la provenance du Cube Cosmique, difficile à expliquer en utilisant les mêmes origines que dans les comics où il est apparu. En impliquant fortement des éléments du film Thor, faisant du Cube un artefact Asgardien (ce n’est jamais dit précisément mais le début de film faisant intervenir l’Arbre Yggdrasil et la mort de Crâne rouge faisant penser à une communication du même genre que Bifrost laissent peu de doutes à ce sujet) qui sera ensuite livré à la curiosité scientifique de Howard Stark (avez-vous remarqué que le Cube et la technologie Répulseur brillent d’un éclat de la même couleur ?) l’univers partagé s’en trouve renforcé et gagne en cohérence. Il y a d’ailleurs fort à parier que le Cube sera impliqué dans le retour de Thor sur Terre (il est coincé sur Asgard suite à la destruction de Bifrost).

Le Cube Cosmique

Le Cube Cosmique

Quant à la séquence post-générique, il s’agit d’une bande-annonce du film Avengers à venir. Cette séquence est très bien faite et donne une grosse envie de voir ce que donnera ce projet fou de réunir autant de super héros avec leurs interprètes originaux.

En tout cas Captain America est à mon avis une très grande réussite et un film plaisant à voir même sans forcément être un grand fan du personnage ou même lecteur de comics car je pense qu’il est suffisamment bien fait pour séduire à la fois les lecteurs et les non-lecteurs.

Je n’ai rien de spécial, je suis juste un petit gars de Brooklyn.