Captain America : Civil War

Civil War

Steve Rogers est désormais à la tête des Avengers, dont la mission est de protéger l’humanité. A la suite d’une de leurs interventions qui a causé d’importants dégâts collatéraux, le gouvernement décide de mettre en place un organisme de commandement et de supervision. Cette nouvelle donne provoque une scission au sein de l’équipe : Steve Rogers reste attaché à sa liberté de s’engager sans ingérence gouvernementale, tandis que d’autres se rangent derrière Tony Stark, qui contre toute attente, décide de se soumettre au gouvernement…

Civil War… deux mots qui sont au cœur des attentes des spectateurs amateurs de comics depuis le premier film Avengers. Il aura fallu du temps, mais ça y’est, le fameux récit de Mark Millar est enfin arrivé à l’écran… ou pas, car en fait l’histoire est finalement différente de ce qu’avait écrit l’auteur Ecossais il y a plusieurs années.

Troisième film consacré à Captain America, Civil War est une suite directe au très réussi Soldat de l’hiver, également réalisé par les frères Russo même si bien entendu les autres films qui ont suivi sont partie prenante de l’histoire. Ni débat philosophique de 2h26 ni grosse baston sans fin entre les deux factions mais entre les deux, le film se situe dans le haut du panier des films Marvel Studios, où se trouve justement déjà son prédécesseur. Le sujet est sérieux, et est traité comme tel même si de petites touches d’humour salutaires sont présentes ici et là pour alléger un peu l’ambiance.

Les comédiens sont une fois de plus très à l’aise dans leurs rôles respectifs, et particulièrement dans les scènes où l’émotion est de mise. Chaque personnage, quel que soit son temps de présence à l’écran, apporte à sa façon une brique à l’édifice et chacun a son importance, ce qui était loin d’être évident vu qu’il y a beaucoup de monde à prendre en compte. L’action est plutôt bien dosée, même si la mise en place des enjeux peut paraître un peu longue et bavarde avant que cela ne recommence à bouger sérieusement. Mais vu le sujet, qui est tout de même loin d’être anodin à traiter, il fallait prendre son temps pour que toutes les pièces du puzzle se mettent en place. Quant aux deux nouveaux venus, ils sont vraiment très réussis chacun dans son genre et franchement j’ai hâte de voir ce que donneront les films solo où ils figureront.

Après, il est sûr que certaines libertés prises risquent de froisser certaines susceptibilités, comme le fait que ce n’est pas une adaptation stricte de Civil War (il est d’ailleurs beaucoup moins aisé que dans le comic book de dire qui a raison et qui a tort, car le propos est plus nuancé). Néanmoins il est clair que les frères Russo ont réussi leur coup en nous proposant une nouvelle fois une aventure de Captain America très réussie, et ce dernier garde la main même si ses petits camarades de jeu sont très présents.

Lors des avant-premières, il n’y avait qu’une seule scène post-générique (juste après les crédits principaux), mais elle est très chouette. 😉 Il semblerait qu’il y en ait une seconde tout à la fin du générique, mais en ce qui me concerne je ne l’ai pas vue.

 

Un très bon film, qui commence en beauté un nouveau cycle du Marvel Cinematic Universe.

Dangers spoilers LA SUITE DE L’ARTICLE CONTIENT DES REVELATIONS SUR L’INTRIGUE (SPOILERS)

Captain America Civil War

 

L’histoire

Depuis le premier Avengers, la fameuse équipe ne fait pas dans la dentelle : elle agit où bon lui semble et en provoquant au passage des dégâts considérables. Il est vrai que pour New York, c’est un peu gros de leur reprocher vu qu’ils ont tout de même fait ce qu’ils ont pu pour limiter la casse face à une invasion Alien, mais il est vrai que le drame de Sokovie repose avant tout sur une bêtise de Tony Stark qui n’a pas pu s’empêcher de jouer avec des choses qu’il ne maîtrise pas. En fait, pour le coup ce qui se passe pourrait se résumer à ceci : « Bon les gars, vous avez joué à Authority pendant quelques temps, maintenant on se calme et on fait les Avengers pour de vrai » (Authority étant un groupe de super héros créés par Warren Ellis, particulièrement extrêmes dans leur façon d’agir et ne rendant aucun compte à personne, et d’ailleurs les Ultimates de Mark Millar – qui ont servi de base à la version MCU des Avengers – sont clairement une version adoucie d’Authority dont Millar a justement également écrit des aventures).

Captain America Civil War

Les thématiques abordées sont multiples dans cette histoire,  il y a bien entendu l’interrogation sur le bien fondé de l’existence même de ces êtres hors du commun, Vision faisant sans le dire un parallèle avec la course aux armements et la prolifération nucléaire : plus il y a de super héros, plus la menace en face se développe en conséquence. Il est aussi beaucoup question de l’amitié indéfectible entre Captain America et Bucky, le premier étant prêt à tout risquer pour sauver le second en dépit de tout ce qu’il a pu faire sous domination Soviétique. Mais aussi le thème de la vengeance est central dans ce film : vengeance de Zemo envers les Avengers, de T’Challa envers Bucky, de Tony Stark envers Bucky également… et c’est tout l’aspect négatif de la vengeance qui est mis en avant.

L’histoire tient en tout cas redoutablement bien la route, et ce malgré ces différentes thématiques et le grand nombre de personnages à gérer. Malgré leurs qualités, il faut admettre que les deux films Avengers sont assez confus parfois dans la gestion d’un grand nombre de personnages. Mais ici chaque personnage a son importance et son petit moment à lui. Par contre il y a quelques raccourcis scénaristiques qui peuvent faire grincer des dents, comme le fait que Captain America sache que Bucky avait tué les parents de Tony Stark et l’ait gardé pour lui. Cette révélation tombe un peu comme un cheveu sur la soupe, on dirait presque qu’il manque un petit bout de l’histoire pour l’expliquer.

Captain America Civil War

 

En tout cas l’histoire réserve des surprises, et non des moindres. Outre le passage où Scott Lang devient Giant-Man (superbement bien fait, mais hélas spoilé par une boite Lego…), il y a le fait que Bucky a tué les parents de Tony Stark, et on se rend compte que le montage de la dernière bande-annonce est fait en sorte que le dialogue « C’est mon ami – Moi aussi je l’étais » change totalement de sens : on passe de ce qui pouvait passer pour une réflexion triste de Tony Stark face à la trahison de Steve Rogers en faveur de Bucky à une déclaration rageuse de Tony Stark ne pouvant pas rester ami avec celui qui protège le meurtrier de ses parents. C’est subtil, mais ça change tout ! Quant au rôle exact de Zemo, là aussi il a été fort bien dissimulé dans la campagne promotionnelle.

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Les personnages

Dans le rôle de Steve Rogers / Captain America, Chris Evans montre une nouvelle fois qu’il est vraiment LE comédien qu’il fallait pour incarner le super soldat de Marvel. Très à l’aise dans les scènes d’action et les moments plus calmes (comme les funérailles de Peggy Carter, brèves mais très émouvantes), Chris Evans incarne véritablement un Captain America toujours aussi convainquant (et baraqué !). J’ai apprécié que comme dans Le soldat de l’hiver Captain America montre une nouvelle fois son potentiel physique, étant véritablement une machine de guerre humaine que rien ne peut arrêter.

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Vétéran du MCU (n’oublions pas que c’est le premier Iron Man qui a tout lancé), Robert Downey Jr est également toujours l’incarnation idéale de Tony Stark. Mais nous retrouvons le comédien là où on ne l’attend pas forcément. Oui il garde son côté arrogant et tête à claque, mais le personnage a incontestablement mûri par rapport à ses aventures précédentes. Il est fortement marqué par les conséquences de ses actes (qui ont désormais un nom et un visage pour lui) et toujours hanté par la perte de ses parents, et la mention de la « pause » de sa relation avec Pepper Potts ne le rend que plus humain. Le premier indice de cette « pause » est d’ailleurs un moment où le comédien montre son talent, car croyez-moi quand on vit ce genre de situation il est clair que l’on réagit exactement comme ça et on ressent toute la douleur du personnage à travers le jeu de l’acteur qui est particulièrement juste.

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Bucky, incarné par Sebastian Stan, se retrouve être un personnage central de ce film. Le comédien restitue très bien le côté paumé du personnage, qui n’est à la fois ni vraiment le Bucky de Steve Rogers ni le Soldat de l’hiver mais un homme qui se situe entre les deux, les expériences du second ayant transformé le premier. La fragilité de sa psyché face au conditionnement qu’il a subi (il s’agit d’un alter, ou état altéré de la conscience) est très bien traitée, et l’écriture du personnage est faite de façon à ce que malgré les actes discutables dont il est coupable on a de la peine pour lui car il est indiscutable qu’il doit être atroce de vivre ce qu’il vit. La complicité entre Bucky et Captain America est en tout cas bien rendue, avec notamment la petite vanne sur leurs âges respectifs.

Captain America Civil War

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Les comparses Avengers de ces personnages sont assez nombreux, et sont toujours incarnés avec autant de talent par leurs interprètes. On appréciera au passage que le personnage de War Machine (avec un Don Cheadle épatant sous le masque) soit nettement moins caricatural que dans les deux films précédents où il apparaissait. La quête d’humanité de Vision (qui n’est pas si différente de cette de Data dans la série Star Trek), l’acceptation par Wanda de sa nature dangeureuse, les conflits intérieurs de Natasha ou encore la loyauté de Hawkeye sont autant de pistes qui sont très bien explorées, sans qu’aucun de ces personnages ne souffre du voisinage de ses collègues. Le personnage du Faucon a également une grande importance, comme soutien de choix de Captain America, et ses acrobaties aériennes sont toujours aussi impressionnantes.

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Passons maintenant aux nouveaux Avengers, avec une tête connue : Ant-Man, toujours incarné par l’épatant Paul Rudd. Le personnage apporte un peu de fraîcheur dans cette histoire, avec un côté fanboy assez amusant. Non seulement le comédien est toujours aussi à l’aise dans son rôle, mais en plus le personnage montre une nouvelle fois tout son potentiel lors du spectaculaire combat de l’aéroport.

Annoncé depuis pas mal de temps, voici donc le fameux T’Challa, alias Black panther. Incarné avec beaucoup de justesse par Chadwick Boseman, le souverain du Wakanda en impose à chacune de ses apparitions en civil ou en costume. Le personnage a vraiment beaucoup de potentiel et est fort bien exploité pour cette première apparition.

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Et puisqu’on parle de petit nouveaux, n’oublions pas le fameux Spider-Man qui intègre le MCU grâce à un accord avec Sony. Nous pouvions oublier le disco de Tobey Maguire et la touffe de cheveux surnaturelle d’Andrew Garfield, Tom Holland campe avec beaucoup de justesse un jeune Spider-Man qui semble tout droit sorti des pages d’Ultimate Spiderman. Visuellement le personnage rend très bien, et les aspects caractéristiques du tisseur sont bel et bien présents (dont des lance-toiles qu’il a vraiment fait lui même cette fois). Evidemment ça va grincer des dents pour le choix de sa tante (Marisa Tomei, qui a justement déjà tourné avec Robert Downey Jr), mais sinon franchement on retrouve vraiment ici un tisseur de toiles comme on pouvait l’espérer (sans en plus avoir eu droit pour le moment à ses origines, ce qui est plutôt futé) et l’admiration Parker/Stark de Civil War est bel et bien présente.

Captain America Civil War

Du côté des méchants, on passera assez vite sur Crossbones qui fait un passage éclair (et tient du coup le rôle du Nitro de Civil War), pour s’arrêter sur Zemo. Là par contre, c’est surprenant car on ne retrouve un Zemo qui n’en a que le nom. Le personnage est en effet très différent de son modèle, mais il n’y a rien à redire sur l’interprétation de Daniel Bruhl et franchement le personnage fait froid dans le dos avec sa détermination implacable.

 

Pour finir, nous ne pouvons pas ne pas parler de l’Agent 13, campée par Emily Van Camp. Son lien de filiation avec Peggy est enfin officialisé (même si ça fait bizarre que ce soit sa tante, j’aurais plutôt pensé sa grande tante), et le personnage a pris de l’ampleur pour devenir un allié de choix de Captain America. Sharon Carter est un personnage qui a également pas mal de potentiel, et qui est fort bien employé dans le film.

Captain America Civil War

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Le film en général

Je ne suis pas assez compétent en cinéma pour juger de la qualité de la mise en scène du film, mais à part quelques plans qui m’ont paru assez brouillons dans les combats j’ai vraiment trouvé que tout ceci rend vraiment très bien. Il y a aussi quelques images que j’ai trouvé très belles, comme ce plan du bouclier de Captain America planté à la verticale dans le générateur de l’armure d’Iron Man. Difficile de ne pas penser qu’il s’agissait là d’une vue du tombeau de leur amitié, et le fait que le bouclier soit planté dans ce qui était véritablement le cœur de Tony Stark n’est à mon avis pas anodin.

Captain America Civil War

Les effets spéciaux sont excellents, Vision étant à mon avis encore plus réussi que dans Age of Ultron. La vraie grande surprise dans ce domaine concerne le rendu des nouveaux pouvoirs de Scott Lang, Giant-Man étant vraiment superbement réussi. Mention spéciale également au rajeunissement de Robert Downey Jr, qui rend vraiment très bien même s’il y a un je ne sais quoi qui fait qu’on ne retrouve pas un sosie parfait de l’acteur dans sa jeunesse (ayant vu et revu Air America, je suis certain qu’il n’avait pas la même tête « en vrai » à l’époque). Je trouve que le procédé était plus réussi sur Michael Douglas dans Ant-Man, où pour le coup on avait vraiment l’impression de retrouver l’acteur dans sa jeunesse. Mais cela reste tout de même très spectaculaire.

Captain America Civil War

Captain America Civil War

Le film regorge de petit clins d’oeil ici et là, qui feront sourire le lecteur sans pour autant gêner le spectateur qui ne connait pas les références. Par exemple on retrouve la fameuse coccinelle de Steve Rogers (ce qui amuse aussi le novice parce que son utilisation est amusante), Ant-Man qui va faire un tour dans l’armure d’Iron Man comme lorsque ce dernier était coincé dedans, Vision en civil comme lors de la guerre Kree-Skrull ou de son mariage avec Wanda… autant de petites touches qui sont là pour faire plaisir au fan et le caresser dans le sens du poil sans non plus transformer le film en oeuvre hyper référencée pour expert confirmé.

Quant au cameo de Stan Lee, il est très amusant mais je trouve que l’effet comique de ses apparitions s’érode peu à peu.

 

L’adaptation

Passons maintenant au sujet qui fâche : l’adaptation. Non le film n’est pas une adaptation de Civil War. Enfin oui et non. Oui car on retrouve bien l clivage Stark / Rogers et les deux factions qui se tapent dessus. Non car même si le point de départ est grosso modo le même le but n’est pas ici de transformer tous les super héros en super flics mais de se faire chapeauter par l’ONU.

En fait le Civil War de Millar avait une portée totalement Américaine : il s’agissait d’une loi interne au pays pour réguler l’activité des surhumains en les forçant à s’enregistrer. Ici la portée est internationale, avec 117 pays qui se mettent d’accord pour éviter que les Avengers ne viennent tout casser quand ça leur chante. Et pour le coup le discours est nettement plus nuancé : autant chez Millar Stark a d’emblée le rôle du salaud manipulateur, imposant même un simili-reboot du personnage avec une amnésie bien pratique soignée à grands coups de copie de sauvegarde de son esprit avant Civil War qu’ici il est bien difficile de dire qui a tort et qui a raison. J’ai envie de dire les deux, chaque camp ayant raison pour des motifs différents (Steve redoutant une inertie de l’équipe et Tony ayant peur qu’une autre intervention ne dégénère).

Captain America Civil War

Par ailleurs, le conflit autour des accords de Sokovie sert presque de prétexte, le fond de l’histoire reposant sur la traque de Bucky et la vengeance des différentes personnages. La portée dramatique de Civil War est aussi bien plus importante que dans le film : mort de Bill Foster (quoiqu’ils ont fait peur à tout le monde avec War Machine !) puis de Captain America, déchirement bien plus conséquent de la communauté super héroïque, agissements douteux des héros « pour » (la fameuse prison de la Zone négative imaginée par Stark et Richards, remplacée ici par le Raft, le clone robotique de Thor…), révélation de l’identité de Spider-Man…

En fait, plutôt que « juste » Civil War, le film est dans une certaine mesure le « Disassembled » du MCU car il est clair que le plan de Zemo était de faire éclater l’équipe. Et vu que le prochain film Thor a pour nom Ragnarok, ce qui fait penser à une même concomitance par rapport aux deux histoires sur papier.

Du côté des personnages, il y a eu pas mal d’ajustements mais ça ne choque pas outre mesure. Que T’Chaka soit tué par Zemo ou Klaw ne change pas grand chose à l’accession de son fils au trône du Wakanda, si ce n’est que l’on s’épargne les origines « à la Batman » du jeune garçon qui devient le meilleur des meilleurs pour venger son père. Quant au fait que Bucky ait tué les Stark, c’est plutôt bien trouvé et ça compense le fait que licence oblige il ne peut pas avoir tué la compagne de Wolverine…

 

En conclusion…

Attendu au tournant, Captain America Civil War est une grande réussite malgré les petits défauts cités plus hauts. Captain America reste décidément le personnage du sans faute, ses trois films étant parmi les plus réussis de Marvel Studios.

A propos mdata

Administrateur et rédacteur principal de Watchtower Comics.
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Une réponse à Captain America : Civil War

  1. JN dit :

    Vu hier soir et j’ai kiffé comme un gosse !!!

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