Avengers

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Et voilà, nous y sommes. L’ambitieux projet de Marvel, qui a été lancé en 2008 avec le premier Iron Man, arrive enfin sur le grand écran. Pendant toutes ces années où l’univers partagé s’est construit, puis où le film a été tourné, Avengers a causé pas mal d’inquiétudes : un univers partagé peut-il aussi bien fonctionner à l’écran que sur papier ? Joss Whedon arrivera t-il à  rassembler ces héros dans une histoire qui tient la route ? Bref, est-ce qu’Avengers sera un bon film ?

La réponse est non : Avengers n’est pas un bon film. C’est en effet mieux que ça, c’est un excellent film. Toutes les pièces du puzzle entamé avec Iron Man se mettent en place et le résultat est éblouissant. Le challenge était osé, le projet ambitieux mais le résultat est là, et quel résultat ! Avengers est à ce jour un des meilleurs films de super héros, surpassant largement pas mal de ses prédécesseurs qui du coup prennent un sacré coup de vieux en comparaison. Les comédiens sont très bons (Mark Ruffalo fait un excellent Bruce Banner d’ailleurs), le dosage action/émotion/humour parfaitement équilibré et les effets spéciaux sont de très bonne qualité (avec le meilleur Hulk jamais vu sur petit ou grand écran).

Avengers est un film où l’expression bigger than life prend tout son sens et il donne plus que jamais l’impression d’être au cœur d’un comic book. En terme d’adaptations de comics au cinéma, il y a un avant et un après Avengers, et les autres films prévus cette année auront fort à faire pour soutenir la comparaison.

D’ailleurs je peux aussi rassurer les gens qui pensent que tout le film tient dans la bande-annonce : il n’en est rien, bien au contraire ! Par contre la 3D ne sert strictement à rien…

En ce qui me concerne, je n’ai qu’une hâte : le revoir !

Lorsque Nick Fury, le directeur de l’organisation qui préserve la paix au plan mondial (le SHIELD), cherche à former une équipe de choc pour empêcher la destruction du monde, Iron Man, Hulk, Thor, Captain America, Oeil de Faucon et la Veuve noire  joignent leur forces et deviennent les Avengers. Il leur faudra cependant apprendre à surmonter leur méfiance pour travailler ensemble, d’autant que le redoutable Loki a réussi à accéder au Cube Cosmique et à son pouvoir illimité…

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Dangers spoilers LA SUITE DE L’ARTICLE CONTIENT DES REVELATIONS SUR L’INTRIGUE (SPOILERS)

 

Dire qu’Avengers était attendu de pied ferme serait très en dessous de la réalité. Pour les lecteurs de ma génération, pour qui l’arrivée tonitruante d’Iron Man sur grand écran était déjà une avancée prodigieuse, l’idée d’un film faisant se rejoindre les différents héros au sein d’une même histoire relevait au mieux du fantasme de geek. Du coup, au fur et à mesure que la date approchait, la pression montait au rythme des étapes de la campagne promotionnelle.

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Pour que le film soit réussi, il fallait bien entendu une bonne histoire. Et là, Joss Whedon et Zak Penn ont bien fait leurs devoirs. On a tendance à l’oublier quand on lit des histoires de Brian Michael Bendis où il ne se passe pas grand chose, mais les Vengeurs sont les poids lourds de l’univers Marvel. Regroupant les plus grands héros de la Terre (l’expression n’étant pas du tout exagérée), c’est l’équipe qu’on appelle quand la situation est totalement désespérée et non quand il faut sauver un chat dans un arbre. Pour le coup, cet aspect des Vengeurs est parfaitement rendu, à aucun moment on a l’impression qu’ils font face à un ennemi en carton qu’ils vont moucher en deux minutes. La Terre est en danger, seuls ces héros peuvent la sauver et ils en bavent !

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Il fallait aussi que l’histoire ne sonne pas comme un simple prétexte pour rassembler les différents héros, et c’est là que toute la mythologie construite film après film a montré toute son utilité. En effet, bien avant de se rencontrer, les voies des futurs membres des Avengers étaient destinées à converger : le Cube lie Thor à Captain America (origine Asgardienne et utilisation par Crâne rouge) et à Iron Man (Howard Stark a étudié le Cube et je reste persuadé que la technologie Arc en découle), tout comme ce dernier est lié à Captain America vu que son père a contribué à l’acquisition de ses pouvoirs et a construit son bouclier. Hulk de son côté est né du désir de recréer Captain America, avec une implication de Tony Stark (bon par contre pas de lien avec Thor mais cela ne l’empêche pas de coller une branlée d’anthologie à Loki !). Le tout avec Nick Fury et sa bande qui servent de mortier pour lier ensemble toutes ces briques narratives.

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Les influences du scénario sont multiples : il y a bien entendu une forte dominante de l’univers Ultimate, déjà présent dans les films individuels, avec une subtile dose d’univers classique. Alors que la trame de fond ressemble beaucoup à celle du tout premier épisode des Vengeurs signé Stan Lee et Jack Kirby (le groupe avait été formé pour affronter Loki, mais avec un roster différent et sans SHIELD), le contexte réactualisé des Ultimates de Mark Millar est utilisé pour moderniser le récit et lui donner un côté plus « vrai ». Mais il n’y a pas qu’en son sein que Marvel a puisé l’inspiration de ce film : en effet, le final du film, où une bombe nucléaire est renvoyée sur l’ennemi et lui sert d’avertissement sur le fait que la Terre n’est pas un territoire facile à conquérir est très fortement inspiré par Authority. Ce qui n’est pas si surprenant, vu que la série bourrine de Wildstorm – où Mark Millar a gagné ses galons de scénariste vedette – a servi de prototype aux Ultimates. Il y a également des éléments de la mythologie du SHIELD qui sont exploités, notamment avec le fameux comité à qui Nick Fury doit rendre des comptes, et qui peuvent laisser entendre qu’un film sur le mystérieux agent secret et son organisation pourrait être intéressant.

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L’histoire en elle-même est assez classique : grosse menace, rassemblement des héros qui commencent par s’en mettre plein la tête (et pas qu’un peu !) avant de faire cause commune pour aller botter l’arrière-train du méchant. C’est en effet un fondement du buddie-movie mais aussi du team-up (les héros faisant équipe dans les comics) dont la partition est ici jouée sans aucune fausse note. Rien ne sonne faux dans cette histoire, qui en outre ne souffre d’aucune baisse de rythme et met la pression au spectateur jusqu’au pugilat final (qui fait d’ailleurs penser au fameux récit La vengeance du Monolithe vivant). Whedon oblige, les dialogues et interactions entre personnages sont particulièrement soignés et il y a pas mal de touches d’humour dans le film (souvent liées à Tony Stark ou Hulk) sans jamais tomber dans le lourdingue.

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Comme l’a dit un jour Alfred Hitchcock, plus le méchant est réussi, plus le film l’est.  Et là on ne peut que s’incliner devant la prestation de Tom Hiddleston qui nous livre un Loki absolument parfait de bout en bout. Ses alliés, les fameux Chitauris (astuce pour ne pas utiliser les Skrulls, bloqués pour des raisons de droits), sont de leur côté tout à fait terrifiants et disposent d’un arsenal à couper le souffle. Sans tomber dans la surenchère stérile ou le concours de celui qui a la plus grosse (le gros défaut de pas mal de suites), la menace constituée par Loki et ses alliés est d’une ampleur telle qu’il ne fait aucun doute que seuls les Avengers peuvent sauver la Terre. Et que dire du chef des Chitauris, dont l’identité nous est dévoilée en fin de film…mais nous y reviendront plus bas… ;) D’ailleurs puisqu’on parle des Chitauris, je trouve pas mal que certains aspects glauques de ces créatures soient restées cantonnés dans le comic book Ultimates sans trouver leur chemin jusqu’au film (comme par exemple leur sale habitude de manger des gens pour prendre leur apparence).

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Une autre crainte avec un tel projet était que les différents acteurs du casting ne se tirent dans les pattes, et que l’on retombe dans le même syndrome que pour les films X-Men où Wolverine est la vraie vedette. Et il faut dire que la campagne promotionnelle du film donnait un peu une impression de « Iron Man & les Avengers »…mais au final les différents personnages sont bien équilibrés grâce à un scénario qui les exploite très bien et leur donne à tous une certaine importance dans l’histoire. Avengers devait mettre en scène une équipe et le contrat est rempli !

Iron Man

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Concernant le casting en lui-même, là aussi c’est une réussite. Outre les têtes d’affiche qui ont déjà prouvé leur savoir faire dans leurs films respectifs (et montrent à nouveau à quel point ils sont en phase avec leur rôle), on découvre des nouveaux personnages comme Maria Hill (très bien jouée par Cobie Smulders), tandis que des personnages à peine esquissés par le passé (notamment Œil de Faucon interprété par Jeremy Renner et la Veuve noire jouée par Scarlett Johansson) sont approfondis. Ces deux derniers n’ont semble-t-il pas fait l’unanimité parmi mes confères lors de la projection (surtout Œil de Faucon), en ce qui me concerne je trouve qu’ils s’en sortent très bien. La Veuve noire est en outre bien mieux exploitée que dans Iron Man 2, et arrive même à être aussi pénible par moments que dans le comic book ! ;)

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On retrouve également l’inénarrable agent Coulson (hilarant en fanboy de Captain America et impayable avec son petit air lorsque la Veuve noire neutralise ses adversaires au début du film), véritable fil rouge des films qui ont mené à Avengers et qui connait ici une fin tragique. Mais est-il vraiment mort ou bien est-ce une ultime ruse de l’impitoyable Nick Fury ?

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Puisqu’on parle du casting, impossible de ne pas revenir sur la prestation de Mark Ruffalo. Remplaçant Edward Norton, qui avait incarné Bruce Banner dans le film de Louis Leterrier, on pouvait se demander ce qu’il donnerait dans ce rôle. Et bien franchement il est épatant. S’éloignant du côté « Bill Bixby » de l’interprétation d’Edward Norton, il se rapproche énormément du personnage du comic book et apporte une certaine dose de cynisme qui tranche avec ce qu’on a déjà pu voir. Le choix de ce comédien a vraiment été très judicieux, et je me dis que finalement même si j’avais beaucoup aimé la prestation d’Edward Norton dans ce rôle ce n’est peut être pas plus mal qu’il ait été remplacé.

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Parlons maintenant des effets spéciaux. Je les ai trouvés particulièrement réussis, donnant ainsi vie à des combats d’anthologie et à des scènes tout simplement hallucinantes : voir Iron Man relancer le moteur de l’héliporteur (qui est d’ailleurs superbement réalisé, tout comme le Quinjet) ou les héros livrer une bataille titanesque en plein New York, ce n’est pas quelque chose qu’on peut voir tout les jours ! Hulk est quant à lui une totale réussite, les choix de l’équipe de Ryan Meinerding (concept artiste du film, qui nous en a parlé il y a quelques semaines) pour lui donner vie sont tout à fait judicieux. A l’image des créatures de John Carter, à aucun moment on ne se dit que c’est un personnage en synthèse.

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Spectaculaire, bigger than life…les qualificatifs manquent pour décrire le film. Le fanboy est en outre brossé dans le sens du poil, notamment avec la nouvelle armure d’Iron Man qui non seulement renoue avec la tradition du comic book (et apporte son lot de gadgets) mais en plus est introduite dans une scène absolument phénoménale qui enfonce totalement celle où l’armure-valise avait conquis pas mal de monde dans Iron Man 2 (j’en suis resté la bouche grande ouverte !).

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Il y a également pas mal de petits clins d’oeil, qui ne gênent pas si on ne les remarque pas mais qui font sourire le lecteur de longue date. Par exemple, lorsque la tour Stark voit son logo abimé, bien avant qu’il ne reste que le fameux « A », à un moment il ne reste que les lettres STA ce qui évoque un passage célèbre du comic book Iron Man où Obadiah Stane faisait retirer de l’enseigne de Stark International le « RK » pour mettre un « NE ». A mon avis c’est trop similaire visuellement pour être une simple coïncidence.

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Pour finir, parlons un peu de l’identité du méchant qui est derrière tout ça : Rien de moins que Thanos ! La barre est placée très haut, car il s’agit d’un des vilains les plus charismatiques de l’univers Marvel, qui traine souvent dans le coin dès qu’on parle de Cube cosmique. Le personnage reste complexe à mettre en place sur grand écran, car il a un sacré background dans ses bagages : les Kree, les Eternels, Titan, Captain Marvel…autant d’aspects importants du personnage qui ont contribué à sa construction sur papier. Il me parait difficile d’envisager que tout ceci se retrouve au cinéma, mais quand on voit avec quel brio le Cube cosmique (qui est bien blindé aussi côté background) a fait son nid dans la mythologie cinématographique d’Avengers on peut se dire que Thanos est un défi à la hauteur des scénaristes.

 

Il n’y a qu’une seule chose qui m’a laissé sur ma faim : pas de « Avengers assemble » dans le film. Certes il y a suffisamment de qualités pour que cela ne gâche en rien le film, mais c’est une toute petite déception pour les fans…A part ça, vous l’aurez compris, Avengers est un film qui m’a particulièrement plu. Un concept ambitieux, qui donne vie de bien belle manière à nos héros de papier. Je pense qu’Avengers marque un tournant dans l’histoire des films de super héros, et qu’il figure parmi les meilleures adaptations à ce jour (j’attends de laisser un peu retomber l’enthousiasme de la projection pour essayer de le classer avec la tête froide, là c’est dur ;)).

Pour finir, je ne peux que lancer un tonitruant Vengeurs, rassemblement ! :)

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