Autres bulles #13

Autres bulles

Après avoir parlé d’Aldebaran puis de Betelgeuse, Autres bulles se penche aujourd’hui sur le troisième cycle des Mondes d’Aldebaran : Antares.

Antares Antares

En 2148, l’équipe du professeur Samir Junieh de la base lunaire d’Endymion, a découvert une planète très semblable à la Terre orbitant autour de l’étoile appelée GJ 1211. Etant donné que, vue de la Terre, cette étoile se trouve devant une autre bien plus connue et plus joliment nommée, l’étoile Antarès dans la constellation du Scorpion, cette nouvelle planète a fini par être nommée « Antarès ». Après les difficultés de la colonisation des deux autres planètes extrasolaires, Aldébaran et Bételgeuse, on hésita beaucoup sur Terre à lancer des nouveaux projets. Ce n’est qu’au début 2185 qu’une multinationale américaine, le groupe « Forward Enterprises », déposa la demande d’autorisation pour lancer un projet de colonisation d’Antarès.

Après Adelbaran et Betelgeuse, Leo nous fait découvrir un troisième monde où les humains envisagent de s’établir : Antares. Cette fois, l’espèce humaine n’en est qu’aux prémices d’une éventuelle colonisation et se demande si ce monde peut en faire l’objet à la suite d’une mission d’exploration. Comme à son habitude, Leo ne dresse pas un portrait très flatteur de l’espèce humaine : qu’il s’agisse des explorateurs qui sont discrets sur les aspects les plus déplaisants d’Antares ou des commanditaires de l’expédition sur Terre qui sont motivés par une vision très intégriste de la religion, personne ne trouve grâce aux yeux de l’auteur.

Personne sauf… Kim Keller bien sûr. L’héroïne des deux cycles précédents est de retour et se retrouve mêlée à cette nouvelle intrigue, tout en demeurant l’objet de la fascination de l’auteur une fois encore (et oui, c’est toujours elle la meilleure en tout, tout le monde est encore en admiration devant elle et une bonne partie des gens qu’elle croise veut coucher avec elle). Suite à la conclusion du cycle Betelgeuse, la situation de Kim a changé et cela ouvre des perspective pour le moins inhabituelles !

Une nouvelle fois, Leo place l’espèce humaine devant ses excès : l’obligation de migrer dans les étoiles après avoir ravagé la Terre, un intégrisme religieux particulièrement poussé et en général des individus qui se soucient avant tout de leur petite personne au mépris des autres. C’est l’occasion pour l’auteur de nous proposer une galerie de nouveaux personnages dont l’essentiel n’est guère recommandable, tout en conservant un noyau dur d’habitués depuis le premier cycle. On pourra en tout cas remarquer une fois encore que quand il s’agit de traiter des sentiments des différents personnages, l’auteur reste dans un registre assez puéril et même assez niais par moments. Ce point reste vraiment le défaut récurrent de ces cycles, pas forcément très gênant (quoi qu’agaçant à force) mais ça apporte un élément comique involontaire qui affaiblit l’histoire.

La planète Antares est encore plus dangereuse qu’Adelbaran et Betelgeuse, ne serait-ce qu’à cause de certaines surprises qui attendent les futurs colons (je n’en dis pas plus pour ne pas spoiler), et on peut compter sur l’auteur pour nous offrir du dépaysement avec un monde particulièrement étrange et de nombreux rebondissements. D’ailleurs on notera que ce cycle fait six albums, soit un de plus que les deux précédents, sans que Leo ne donne l’impression d’avoir dilué la sauce pour nous vendre un tome de plus !

Antares

Du côté du dessin, Leo est toujours très inspiré pour nous proposer des choses vraiment insolites tout en se renouvelant suffisamment pour que cela ne sente pas la redite avec les cycles précédents. Antares est un monde particulièrement bien représenté, et sa faune étrange apporte une touche supplémentaire de dépaysement.

La magie opère toujours pour ce troisième cycle, qui constitue une suite tout à fait efficace aux deux précédents. Il est juste dommage que l’aspect romance de l’histoire reste tout de même assez niais.



Antares, écrit et dessiné par Leo et édité par Dargaud. 6 tomes disponibles (12 euros le tome de 52 pages), pas d’intégrale pour ce cycle.

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Administrateur et rédacteur principal de Watchtower Comics.

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