Ant-Man

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Scott Lang, cambrioleur de haut vol, va devoir apprendre à se comporter en héros et aider son mentor, le Dr Hank Pym, à protéger le secret de son spectaculaire costume d’Ant-Man, afin d’affronter une effroyable menace…

Le moins qu’on puisse dire, c’est que Ant-Man ne partait pas avec toutes les cartes en main. Malgré la présence de Michael Douglas au casting, le film a souffert de deux handicaps : tout d’abord on pouvait être très fortement sceptiques sur le potentiel cinématographique de Ant-Man (surtout en version Scott Lang) mais surtout le départ du réalisateur Edgar Wright (qui a porté le film sur ses épaules pendant les années de sa gestation) pour différends artistiques. De quoi en refroidir plus d’un…

Mais au final, nous avons droit à un très bon film fort sympathique à regarder. Malgré les inévitables ajustements du papier à l’écran, le personnage de Ant-Man est joliment porté à l’écran avec des effets spéciaux très bien pensés et surtout un parti pris scénaristique qui montre tout le potentiel d’un personnage dont les pouvoirs semblent sommes toutes assez faibles à l’instar du Soldat de l’hiver qui montrait à quel point un super soldat était un adversaire redoutable.

Les comédiens sont tous à l’aise dans leur rôle, avec un Scott Lang qui fait un peu gentil branleur façon Star Lord mais doté d’un grand capital sympathie et un Michael Douglas juste parfait en mentor. L’histoire est classique mais très bien racontée et on ne voit pas le temps passer pendant le film.

A noter qu’il y a deux scènes post-génériques : la première vient après l’affichage du nom des comédiens, tandis que la seconde est tout à la fin du générique. Donc si voulez un bon conseil, ne vous ruez pas vers la sortie dès la dernière réplique du film mais attendez et vous serez récompensés !

Un très bon film très sympathique à voir, qui termine la Phase II en beauté.

Dangers spoilers LA SUITE DE L’ARTICLE CONTIENT DES REVELATIONS SUR L’INTRIGUE (SPOILERS)

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L’histoire

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Ant-Man mêle plusieurs thématiques assez classiques : le héros âgé qui passe le relai, la science utilisée à mauvais escient et la rédemption. Mais ce n’est pas parce que l’histoire est classique qu’elle n’est pas efficace. Déjà les passages émouvants sont subtilement dosé par un humour récurrent qui donne au film un côté très fun, mais en plus les différentes thématiques s’entremêlent avec efficacité pour former un tout très cohérent avec même un côté Ocean’s Eleven (ou Les spécialistes même) pas désagréable. On pourra cependant déplorer certaines ficelles un peu grosses, comme le coup du régulateur ou Hope qui aide son père qui veut la protéger.

Ant-Man

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A noter que cette histoire réserve des surprises, car la bande-annonce ne laissait pas présager la présence du Faucon ! Cela donne une impression de cohérence grandissante dans le Marvel Cinematic Universe, avec des personnages qui se croisent autrement que par name dropping ou via un cameo (même s’ils sont parfois savoureux comme l’apparition de Chris Evans dans Thor 2).

Les personnages

Dans le rôle de Scott Lang, nous retrouvons Paul Rudd qui prête sa bouille sympathique à l’ex-détenu devenu super héros par hasard. Le personnage est assez classique (le gentil père divorcé qui a fait des bêtises et veut s’amender) mais joliment traité et l’humour des situations le mettant en scène est bien dosé.

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De son côté Michael Douglas campe un Henry Pym vieillissant tout à fait remarquable. C’était un parti pris assez osé de montrer un ancien héros âgé qui guide les pas de son jeune protégé mais le défi a été relevé haut la main. Le personnage, qu’il vaut mieux ne pas chercher, est bien campé et a son importance, Michael Douglas n’étant pas ici pour un simple cameo ou pour cachetonner.

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Hope Van Dyne, incarnée par Evangeline Lilly, a des côtés énervants (inhérents au jeu parfois approximatif de la comédienne qui ne s’est pas amélioré depuis Lost) mais s’avère au final un personnage solide et qui va très certainement prendre de l’importance. Par contre je m’insurge contre cette coupe de cheveux, certes fidèle à la Guêpe de papier mais qui ne lui va pas du tout (mais fort heureusement elle a toujours ses jolis yeux :)).

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Le méchant, campé par Corey Stoll, revisite Darren Cross pour en faire un disciple déçu de Hank Pym. L’approche n’est pas forcément nouvelle (cela fait penser à Crâne rouge dans le premier Captain America) mais ça fonctionne plutôt pas mal et une fois qu’il a revêtu son costume il est vraiment flippant.

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Les trois acolytes de Scott, ressort comique du film, apportent une touche de fraicheur au film et permettent d’avoir de purs moments de comédie. J’étais assez peu convaincu au premier visionnage mais la seconde fois force a été de constater que leurs interactions avec Scott Lang fonctionnent très bien.

Le film en général

Sur le plan visuel, Ant-Man est une vraie réussite. Il y avait des craintes sur le rendu d’un héros dont le pouvoir est de devenir tout petit, mais le rendu est bluffant. Non seulement des effets très chouettes donnent l’impression de voir les dessins de changement de taille d’Ant-Man des comics, mais en plus le mélange de différentes techniques d’imagerie et de tournage permettent d’avoir un rendu impressionnant d’Ant-Man et de ses alliées.

Ant-Man

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Ant-Man est également truffé de références, que ce soit Hank Pym qui mentionne Tales to astonish (la revue où a été publié le premier récit sur Hank Pym), du name dropping de temps à autres ou même les boutons de commande sur les gants de la combinaison qui font penser à Rocketeer. Je pense aussi que le tank est un clin d’oeil vers la période « savant aventurier » de Hank Pym où il avait un véhicule dans ses poches et le cambriolage pour voler le Yellow Jacket fait penser à celui de Justin Hammer par Scott Lang sous les ordres d’Iron Man (Armor wars). Je pense même que nous avons droit à un clin d’oeil à Spiderman à la fin du film quand on parle d’un « type qui escalade » parmi les candidats potentiels.

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Quant au cameo de Stan Lee, il est très drôle mais un peu en dessous des précédents car très court. Je préfère sa cuite mémorable dans Avengers 2 !  🙂

Les scènes post-générique

Les deux scènes post-générique valent largement l’attente, même si la première était assez prévisible. En effet, rien qu’avec sa coupe de cheveu on se doutait fortement que Hope allait devenir la nouvelle Guêpe, recréant ainsi la dynamique Ant-Man / Guêpe mais avec une nouvelle génération. La scène est en tout cas très forte et flatte le geek dans le sens du poil. 🙂

Quant à la seconde, outre le fait qu’elle confirme que Ant-Man est bel et bien au programme de Civil War, il montre déjà les prémices de cet affrontement à venir entre les deux factions de héros. Intriguante et courte, cette scène donne une furieuse envie de donner un bon coup dans la pendule pour qu’elle avance plus vite.

L’adaptation

N’ayons pas peur des mots, l’univers de Ant-Man a été bien tripatouillé pour intégrer l’univers cinématographique de Marvel. Tout d’abord Hank Pym, transformé en ancienne arme secrète du gouvernement qui a perdu sa femme et supervise la transformation de Scott en Ant-Man alors qu’il était « juste » cambriolé dans l’histoire de David Michelinie et John Byrne. Sans oublier sa personnalité de Yellow Jacket qui devient finalement le vilain du film. Mais on peut comprendre qu’il était un peu difficile de porter fidèlement un personnage fragile psychiquement qui en plus a frappé sa femme (et la version Ultimate est encore pire que la version 616).

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Scott Lang de son côté n’est pas épargné. Même si la trame générale respecte son histoire, il semble avoir été mélangé avec un peu de Eric O’Grady pour le côté gentil branleur (c’est sûrement pour ça que Robert Kirkman est remercié au générique). Il n’est pas comme dans le comic book un ancien repris de justice avec une réinsertion réussie (chez Tony Stark !) devenant héros pour sauver la vie de sa fille (plus grande sur papier). Ca marche aussi très bien comme ça mais je trouvais l’histoire d’origine plus forte.

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Quand à Darren Cross, sa transformation est radicale : exit le millionaire victime d’un pacemaker spécial le contraignant à voler des coeurs, qui aurait été aussi assez glauque à l’écran pour à la place obtenir un disciple de Hank Pym obsédé par les secrets de ce dernier.

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Les changement adoptés sont en tout cas très pertinents pour construire une histoire d’héritage dans la plus pure tradition super héroïque et plus fun que ce qu’auraient donné les personnages originels tels quels.

En conclusion…

Excellente surprise, Ant-Man est un très bon film très divertissant montrant une nouvelle fois la hausse des critères de qualité des films Marvel.